Le gardien

Publié le par Carole

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C'est la coutume, dans les pays de vignoble, de planter, au bout de chaque rangée de ceps, un petit rosier.
En effet, plus sensible au mildiou que la vigne, le rosier en est atteint quelques jours avant elle ; ainsi le vigneron, le voyant se tacher et pourrir, et brûler et blanchir, comprend qu'il est temps de traiter sa récolte, et entreprend en hâte le sauvetage de ses biens.
Le petit rosier du bout de la rangée, dans l'apparente inutilité de sa grâce délicate, est, au milieu des ombres qui menacent, l'humble gardien des vignes, le serviteur patient et oublié des raisins ivres de soleil, gorgés de sève et de chaudes promesses. 
 
J'aime cette idée du rosier vigie, des fleurs légères et sans espoir montant la garde sous les grands ceps en gloire, et du mince bouquet garant des lourdes grappes, frêle gardien d'un vin futur.
De la beauté veillant à en mourir sur les vendanges de ce monde.

Publié dans Fables

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E
Un petit rosier qui a une grande responsabilité et qui n'en tire aucune gloire , tout comme certains grands humanitaires ! Belle soirée Carole
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L
Ce petit rosier, à la fois beau et humble, nous invite à choisir un "gardien" intérieur, pour que sa vigilance éloigne les petits soucis ordinaires, les déceptions soudaines, les souvenirs tristes.
Une force morale, en quelque sorte, à cultiver sans cesse, comme un vaillant petit rosier. Merci d'évoquer si bien les petits bonheurs de la vie.
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C
Et j'ai eu la chance, pour ma part, de faire les vendanges de l'amour et ce n'est pas une métaphore !
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C


J'en suis très heureuse, vraiment, et cela confirme que ces rosiers sont de bons gardiens de beauté et de promesses !



C
J'ai vécu vingt-deux ans au bas d'un coteau angevin : votre texte ma rappelle de beaux souvenirs.
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N
Ici aussi, dans les vignobles de cognac. J'ai vu aussi des dahlias. Ont-ils eux aussi ce pouvoir d'alerter? Je pensais simplement que l'amour du viticulteur pour ses vignes le poussait à les
fleurir.
Ainsi elles sont protégées par de la beauté.
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C


Des dahlias ? Je ne savais pas.


C'est un viticulteur qui m'a donné cette explication du mildiou, mais il était sensible aussi à la beauté des roses.



J
Ah la grandeur du petit dans un monde où tous les superlatifs sont de mise ! Belle journée Carole. Amitié. Joëlle
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C


Joëlle, dans ce beau commentaire tu es toute ! Merci !



R
Le rôle de tout guetteur: veiller à en mourir, troquer un sommeil éternel contre une vie éternelle.
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C


Que c'est bien dit ! merci !



Z
j'ai pas encore l'image, tant pis je la verrai demain...mais j'aime bien ce que tu nous apprends là...
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C


Tu dois être trop loin ! (... je blague, là).



C
Bonsoir Carole,

Ce rosier vigie est magnifique, dans ses frêles et voluptueux atours. Ton (nous avions dit que nous pouvions nous tutoyer) texte m'emporte dans un monde de saveurs et de beauté. Ce focus poétique
sur le gardien des vignes m'enchante.
Belle nuit, amitiés.
Cendrine
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C


Merci pour ce beau commentaire, et pour le tutoiement aussi !


A bientôt, Cendrine, Amitiés.



G
pas seulement en Alsace Fifi, chez moi aussi en Touraine les roses sont là en début de rands de vigne, une belle tradition.
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C


C'est à Saint-Emilion que j'ai pris la photo. Mais c'est, je crois, une pratique très générale.



H
Bienveillance de la délicatesse qui garde silence sur la force de sa présence.

Une symbolique à souligner!

Hélène*
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C


Tu as tout à fait raison, merci, Hélène.



P
Une pratique qui se généralise en Bourgogne aussi, le rosier devient l'ange gardien des vignobles .
Merci Carole, pour ce regard sensible sur ces rosiers utiles voués au sacrifice.
Bisous, Plume .
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C


Je l'ai rencontrée en pays bordelais. A bientôt, Plume.



S
Si ce n'était pas une réalité dans le métier de la vigne, j'aurais pensé à une métaphore. Mais mieux qu'elle, je suis sûre que la nature a des relais bienveillants pour veiller sur elle. Suzâme
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C


C'est une métaphore, inspirée par la réalité... Merci, Suzâme.



B
Je connaissais cette habitude au jardin, mais dans les vignes on en comprend tout à fait l'utilité !
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C


Oui, je pense que les explications sont semblables. Merci, Balladine, à bientôt.



M
Bonsoir Carole,

Oui, j'ai vu ça en Gironde, dans la Drôme provençale, dans les Corbières et le Minervois.
Il paraît aussi, qu'autrefois, le cheval utilisé évitait bien largement le bout de rang pour ne pas se piquer au rosier.
Joli billet Carole, merci
;)
Martine
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C


Merci pour ce renseignement sur le cheval : j'aime beaucoup cette idée du détour.



J
Bonjour Carole, je ne suis pas d'un pays de vigne, alors je découvre cette tradition... bien utile, merci !
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C


C'est un viticulteur de Saint-Emilion qui m'a expliqué tout cela, je l'ignorais jusqu'alors.



J
Le rosier protecteur, le rosier sentinelle de la vigne ...
J'aime moi aussi cette belle et noble idée qui nous a un jour réunis, d'un blog à l'autre, le temps d'un article !
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C


Oui, je m'en suis souvenue bien que l'idée développée ici soit assez différente, mais le "matériau" est le même.