L'homme de Victor Hugo

Publié le par Carole

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    J'ai découvert avec surprise, sur une colonne Morris, qu'on pourrait bientôt voir au cinéma l'Homme qui rit - le tragique et invisible Gwynplaine de Victor Hugo, celui dont le visage torturé, indescriptiblement détruit, ne pouvait pas plus être vu sans horreur que celui d'Elephant man.
    Après tout, pourquoi pas ? Le cinéma redonne, bien souvent, l'impulsion de la vie aux oeuvres qu'on ne lisait plus guère - et tel est sans doute aujourd'hui le cas de ce monumental et terrible Homme qui rit. Et puis, je crois que Hugo, qui fut un adepte des premières expériences photographiques, aurait aimé le cinéma, sa force épique et son pouvoir de fasciner les foules.
 
    Mais ce qui m'a paru le plus remarquable, sur l'affiche, c'est qu'on avait glissé le nom de Victor Hugo juste sous la première partie du titre - donc sous L'HOMME. Si bien qu'on pouvait lire, aussi bien que L'HOMME QUI RIT,  ce titre en quelque sorte second - ou premier ? - : L'HOMME DE VICTOR HUGO.
    Et tous les reflets mouvants de la ville en fête s'imprimaient en édifices croulants de lumière, en murailles d'or liquide, en manèges tounoyants, en pyramides rouges et tremblantes, récrivant en images incertaines et en échos sans fin cet HOMME QUI RIT, cet HOMME DE VICTOR HUGO, sur la paroi de verre lisse de la colonne Morris, que bleuissait la nuit.
 
    L'écrivain de génie, n'est-ce pas celui-là justement, qui dans son oeuvre capture, pour qu'ils chantent ou qu'ils hurlent, tous les échos des âmes humaines, tous les reflets du monde ? La lumière et l'ombre. L'or et le sang. Le poids des êtres et la mobilité des destins. La vie présente et la vie à venir. Ce qui déjà existe, et ce qui existera dans les siècles inconnus. Ce que l'on voit et ce que l'on verra.
    N'est-ce pas celui qui, posté comme un veilleur sur la route du temps, tend un miroir à l'Homme, ce monstre indéchiffrable et changeant, splendide, hideux, tragique et infini, puis qui lui dit : "regarde" ? 

Publié dans Fables

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Adam 25/12/2012 17:40

Bonsoir Carole, et joyeux Noël ainsi qu'à toute ta famille si éloignée qu'elle soit !

Merci pour ce souvenir, c'est le premier beau livre que j'ai reçu en cadeau ! Je l'ai toujours avec des illustrations de Victor Hugo suivi des travailleurs de la mer !! Difficile à l'âge que
j'avais et du milieux ou je vivait !
Chaque article m'interpelle je suis très heureux de te lire, merci !
Bises

Gérard 23/12/2012 23:29

Je suis allé voir sur Google ..un film de 1929 un autre sort le 26 de ce mois. Bonnes fêtes Carole

zadddie 23/12/2012 23:03

et moi je souris d'aise: de belles images que tu nous as écrites là..

michèle 23/12/2012 18:28

Bonnes fêtes à toi aussi et bon congé, Carole!

jeanjacques666 23/12/2012 16:36

Dans cette photographie "l'homme qui rit" de Victor Hugo, les fêtes proches dans le temps s'y reflètent et débordent dans le décor.
J'aime rêvasser devant une photo ou un tableau.
Je vous souhaite, Carole, un joyeux Noël.

Valentine :0056: 23/12/2012 15:18

Oui, Victor Hugo est vraiment un immense génie, et il a su dépeindre l'homme sous toutes ses facettes.
Ce film sera en effet aussi fort qu'Elephantman, ou peut-être plutôt que "Edouard aux mains d'argent", car il y a une dimension fantastique, une image du poète-albatros, du génie incompris qui se
cache sous ce visage clownesque. D'ailleurs cela pourrait être aussi "Victor aux mains d'argent" ou "Hugo qui rit"... !

Nais' 23/12/2012 12:57

Bonjour Carole !
Je ne connais pas cette oeuvre, ni en livre, ni au cinéma... L'affiche est belle, ton texte aussi. C'est vrai, le talent c'est de savoir tout montrer sans réel jugement beauté et laideur, bien et
mal, et tout ce qu'il y a entre aussi.
Bises, bonne journée !

jill bill 23/12/2012 09:01

Je connaissais la vache pas l'homme... Le cinéma pour redonner vie à une oeuvre lointaine enfermée au livre, je prendrais... Si il en est un Victor... Merci Carole et bon Noël à toi... A plus tard
!

michèle 23/12/2012 05:05

Ton très beau texte m'a amenée à aller voir l'affiche en son entier sur google. Le regard qu'on porte sur une chose ou sur quelqu'un modifie en effet la perception qu'on en éprouve et aussi celle
que l'on propose aux autres.

Carole 23/12/2012 10:48



Surtout dans ce cas, puisque je n'utilise que deux lignes de l'affiche - celles qui étaient juste au niveau de mes yeux. Quant à l'ensemble, je suppose que tout le monde le verra puisque le film
sort le 26 décembre.