Grêlons

Publié le par Carole

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Il a grêlé ce matin. Le jardin est devenu un grand nid mouillé empli de grêlons menus, ronds et luisants comme des oeufs nouveaux - semence frêle d'escargots somptueux, d'insectes inconnus. Au cou des fleurs s'accrochent en tremblant de longs colliers de perles pâles, qui déjà fondent et disparaissent.
Je voudrais écrire ainsi. Que chaque mot soit une goutte de grêle nacrée, un grain de source miroitant, un doux germe de perle semé par l'eau des pluies, un fin duvet de strass tombé de l'aile d'un nuage. Que tous ces mots forment ensemble de petits chemins de cailloux luisants dans les jardins du monde. Qu'ils bâtissent un instant, sur la terre sombre et sous le gris du ciel, des bornes où se poser, des huttes à rejoindre, des mirages à aimer, des carrefours où hésiter. Qu'ils posent en passant, aux lisières de la nuit, cette lueur infime de la lampe, qui vacille et tremblote au pas du promeneur aventuré dans le mauvais temps. Et puis que tout fonde, et que tout disparaisse. Qu'il n'y ait plus qu'à vivre, dans le jardin lavé qui s'étire au soleil.

Publié dans Fables

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Servanne 29/04/2012 13:31

Je vous lis, je vous découvre et j'aime !
C'est très beau ...

Au gré long de nos petites vies, à l'or !

Au plaisir ...

Carole 29/04/2012 22:33



Ce gré long me plaît, Servanne,


à bien t'haut donc



adamante 28/04/2012 12:59

Je n'ai que le silence pour saluer tes mots...

Carole Chollet-Buisson 29/04/2012 14:25



Merci, Adamante, de saluer ainsi mes petits grêlons fugaces.



Gérard Méry 27/04/2012 23:40

pas de pluie au bout de ta plume mais du soleil ..joli texte Carole

Carole Chollet-Buisson 28/04/2012 15:34



J'aurais bien voulu que ce soit une plume d'oiseau.



Voilier 27/04/2012 21:35

"Qu'il n'y ait plus qu'à vivre" ...Merci envoilé !

Voilier

Carole 28/04/2012 01:09



Merci, Voilier, pour ce souffle qui frémit toujours dans ta voile.



Parisianne-Musardises 27/04/2012 11:46

Mais tu y parviens Carole !
Bonne journée
Anne

Carole 28/04/2012 01:08



Merci, Parisianne ! Tu me flattes, là, car ce n'était qu'un rêve, un idéal inaccessible.



passion 27/04/2012 09:07

magnifique texte!!!
Un cheminement comme je les aime et m'en nourris
Bonne journée, Carole et merci

Carole 28/04/2012 01:07



Merci Passion, pour ce commentaire qui me touche beaucoup.



jill-bill.over-blog.com 27/04/2012 08:23

Bonjour Carole... dans mon nord-ouest belge vers 16h 30 idem... presque de la taille d'un p'tit pois qui a haché le tendre feuillage des fruitiers... En 5 minutes tout fut blanc... Voilà un bel
emploi de la grêle dans ton écrit... Jill

Carole 28/04/2012 01:07



La grêle peut aussi être cruelle, je le sais bien. Ce matin-là, dans mon jardin nantais, elle était fine et belle.



Nounedeb 27/04/2012 08:18

Avant d'avoir commencé à lire, j'ai pensé aux oeufs d'escargots, perfections rondes, fragiles et nacrées.Un instantané de printemps pas encore sorti de l'hiver.

Carole Chollet-Buisson 27/04/2012 12:38



Merci, Nounedeb : j'ai revu ce matin le texte que j'avais "pondu" un peu vite cette nuit et qui n'était pas encore arrivé à la "perfection ronde et nacrée". J'ai prolongé la réflexion intitiale,
et j'ai aussi utilisé tes oeufs d'escargot... 


Merci encore pour ton commentaire si fin et si attentif, qui m'a enchantée et qui m'a stimulée. Les petits cailloux sont aussi déposés de blog en blog, je crois.


Carole