Le château de l'araignée

Publié le par Carole

Le château de l'araignée
Dans le froid, dans le gel, je l'ai vu ce matin,
le château de tricot de l'araignée du temps,
le beau filet de givre arrimé sur les branches
par l'obscure pêcheuse qui veille patiente
 
à nouer immobile un fil à l'autre fil,
pour en faire sa demeure,
à crocher en silence une maille à l'autre maille,
pour y pendre les heures.
 
C'est un monde parfait, c'est un monde glacé
c'est un monde divin, c'est un monde araignée,
ce monde où nous dansons,
ce monde où nous aimons,
ce monde où nous pleurons,
ce monde où nous mourons,
ce monde sans raison
 
où nous sommes les moucherons.

Publié dans Fables

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Corine 01/02/2017 05:06

(le temps est suicidaire)

Corine 01/02/2017 05:04

Ben je, je suis figée comme un moucheron. Bluffée devant les mots contant ce cruel château de prisonniers, nos cadavres de moucherons qui s'effaceront dans la demeure divine. On lit bien que l'hôte ne se lassera pas avec ses tempes larges de calculatrice sans états d'âme et reprendra l'oeuvre du premier jour de la fin. La vie oblongue lui restera étrangère, elle qui ne voit que fils et digestion. Et pourtant si elle regarde bien, il y a comme un air de famille entre le moucheron et elle, un faciès. Elle a décidé de son rôle infanticide, lointain mais quand même, sans compassion et mourra d'indigestion. N'empêche que j'ai relu le poème 4 fois, Scotchée comme une mouche devant la demeure qui a nos plans.

Martine 22/01/2017 09:32

Magnifique! J'aime beaucoup

Je vais t'envoyer un poème écrit sur une araignée présente dans mon jardin figurant dans mon premier recueil

Merci pour ce superbe partage
;)

mansfield 16/01/2017 21:09

Hélas oui, nous sommes bien souvent de petites choses impuissantes!

Gérard 12/01/2017 17:19

moucheron peut-être pas ...quoi que !! !

sofia 12/01/2017 16:00

Comme tu me fais plaisir

FAN 12/01/2017 10:16

Merci Carole de préciser que nous ne sommes que les moucherons de l'Univers!! il faut remettre les pendules à l'heure parfois!!! J'adore admirer ce travail de l'araignée!!patiente et méthodique, elle se moque des envolées des insectes qui par leur inattention viendront se prendre les pattes dans une toile qui, inexorablement, les conduit à la mort!! En attendant, Prudence est mère de sûreté!! Vive 2017 Bisous Fan

Nounedeb 11/01/2017 16:50

Il fallait cette conjonction de l'araignée, du givre, et de Carole. Autre dame au camélia en robe de dentelle!

sofia 10/01/2017 20:44

un beau texte

JC 10/01/2017 17:43

Elle a la maille fine et la patte agile, tant pour tisser que pour capturer ! La belle a plus d'un tour dans son filet ! Nous voilà captivés ! Belle soirée Carole. Amitiés. Joëlle

Binh An 10/01/2017 10:44

ce monde où nous dansons,
ce monde où nous aimons,
ce monde où nous pleurons,
ce monde où nous mourons,
ce monde sans raison

je me trompe ?
ça a l'air d'une reproche,
mais faut t-il une raison ?

Carole 10/01/2017 12:53

Pas de reproche. L'homme n'est pas au centre du monde, voilà tout.

Aloysia 10/01/2017 10:04

Au fil de ton texte comme toujours, je suis passée d'émotion en émotion - car il y a toujours un mouvement dans tes textes qui fait que d'une certitude on passe à une autre, sans cesse, comme une avancée certaine de la pensée. Je voulais d'abord dire : "tu as vraiment vu une araignée travailler ?" Car là, j'avoue que je ne croyais pas ça possible : on voit toujours des toiles achevées, et même délaissées ; mais il est vrai qu'un soir d'été j'en ai vu une très belle avec l'araignée dedans.
Et puis après, j'ai été éblouie par la sonorité des deux premiers vers de la 3e strophe... Croyant bien que tu parlais du monde de l'araignée. Mais non ! Tu parles du nôtre !! Et nous serions les moucherons ?? Toujours aussi triste, Carole, ta vision du monde...Mais alors dis moi : qui donc est l'araignée ?!

Carole 10/01/2017 19:37

Tu n'as jamais vu d'araignée travailler ? Pourtant il est possible de les voir, et je les ai souvent vues. C'est pourquoi je peux te répondre : l'Araignée est réellement une tisseuse et une tricoteuse, et même une crocheteuse. En fait, je crois que c'est la Parque.

Loïc Roussain 10/01/2017 09:22

Les poèmes sont souvent musicaux ... j'imagine ici un jeu de xylophones ou de harpes, avec une chute style gong chinois.

Richard LEJEUNE 10/01/2017 09:20

De la poésie pour mon retour en blogosphère : que souhaiter de mieux ?
Mais en vous visitant ce matin, Carole, je savais que, soit grâce à vos mots, soit grâce à ce que voient vos yeux, d'une manière ou d'une autre, j'approcherais la Beauté !
Nous en avons tant besoin ...

MireilleD 10/01/2017 07:54

Bonjour Carole, vraiment magnifique ta photo !! et j'ai bien aimé ton texte. Bravo
Bonne journée

Catheau 10/01/2017 07:29

L'araignée sous votre plume se métamorphose en Parque. Superbe !

Catheau 10/01/2017 07:29

L'araignée sous votre plume se métamorphose en Parque. Superbe !

almanito 10/01/2017 07:04

Il y avait pourtant bien des indices inquiétants dans les mailles de ce poème si bien brodé. Mais je ne m'attendais pas à la chute et me suis laissée happer dans sa toile!

Jamadrou 10/01/2017 06:39

Nous sommes si peu de chose ...
Pourtant d'un peu de chose le poète sait voir l'univers.

Quichottine 10/01/2017 02:17

Des moucherons dans le château que tricote l'araignée... je n'y aurais pas pensé, mais je trouve cela magnifique.
Ces mots sont faits pour être lus, mais aussi pour être dits. J'aime énormément.

jill bill 10/01/2017 02:10

Elle se fait invisible en été et visible en hiver la vie et ses pièges, parfois on les voit, parfois non... moucherons nous sommes... oh oui, la mort nous a dans ses filets tôt ou tard, ;-)