Passants

Publié le par Carole

Passants
Passants
 
insectes hâtifs et ternes
dans les galeries d'ombres
de nos villes-lumières
 
passants 
toujours courant
passants toujours fuyant
 et toujours immobiles
tournant comme fuseaux
leurs pauvres chrysalides
 
sous le ventre du ciel
où le verre de Babel
a gratté les étoiles
 
en haine du silence
 
passants téléphonant
et passants écoutant
 
appelant
stridulant
chuchotant
implorant
ces voix
ces voix
ces voix
 
ces voix
sans fin
ces voix
là-bas
 
ces voix
 
 venues du vide
 
infimes
 
grésillements 
d'élytres au loin
qui les retiennent 
 
seuls
 
au brin de paille
de leur vie.

 

Publié dans Fables

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suzâme 04/09/2015 18:20

Bonjour Carole,
Poésie urbaine, alarme de nos nouveaux comportements et addictions, ce texte incarne avec justesse nos travers actuels. A bientôt. Suzâme

écureuil bleu 02/08/2015 20:15

Bonsoir Carole. Très joli poème...

Jonas D. 28/07/2015 16:59

Des cris, seuls, sous le vent. Joli poème Carole ! Jonas

Aloysia 28/07/2015 09:17

Un poème qui crisse comme ces élytres sur le vide, et qui crie le néant de ces existences accumulées comme des points sur la nuit...

JC 28/07/2015 09:16

Passants qui ne savent plus vivre autrement. Est-ce vraiment vie ? Amitiés. Joëlle

marine D 28/07/2015 08:02

Des voix, des bruits, dans le vent du matin où l'angoisse du soir...
J'aime parfois les entendre

Bonheur du Jour 28/07/2015 07:50

Très beau. Merci.

mansfield 27/07/2015 20:09

Et comment faisait-on avant à l'ère des fils attachés sur socle???? Je me demande ce qui nous liait les uns aux autres!

Lorraine 27/07/2015 16:30

Saisissante l'image, et si appropriée au texte! Quelquefois, dans les nuits où je ne dors pas, j'entends des voix, des voix, aux mot indistincts et mêlés, se mêlant, se répétant, comme celles de défunts qui ressuscitent et veulent me dire que nous en ignorons, des choses, nous qui croyons tout savoir! Des oie venues du vide: celles dont tu parles, peut-être?

Mamilouve 27/07/2015 16:02

Une palissade peinte, ta photo, tes mots, et c'est toute la solitude des grandes villes qui nous sautent au visage. C'est bien vu, tellement bien dit !

les caphys 27/07/2015 13:39

magnifique !

almanito 27/07/2015 13:15

N'a t-on pas créé toutes ces lumières pour nous attirer et mieux écraser les insectes que nous sommes?
Quel beau texte, Carole et cette photo qui fait un peu froid dans le dos.

Quichottine 27/07/2015 12:21

Passants... Mais savons-nous vraiment prendre le temps nécessaire à nos vies ?
Merci pour tes mots, Carole. Passe une douce journée.

jill bill 27/07/2015 05:10

Bonjour Carole... comme des petites fourmis nous sommes, jour et nuit... tjs affairé quelque part... ;-)