Stabat mater

Publié le par Carole

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    La Folle Journée approchant, j'écoutais tout à l'heure le Stabat mater de Dvorak, qui sera joué à Nantes à cette occasion... Et, par un de ces trajets de la pensée qui me conduisent à voir dans le jeu de dominos l'exacte représentation du fonctionnement de mon cerveau si foncièrement ana-logique, je me suis souvenue de ma visite, au mois d'octobre de l'année dernière, à la bibliothèque de quartier qu'on venait d'inaugurer. Une bibliothèque qu'on avait nommée Lisa Bresner, en hommage à cette écrivaine au talent étrange et tourmenté, qui a vécu et surtout s'est suicidée dans notre grise ville. Certains hommages appuyés sont, on le sait, de confuses réparations.
    Sur le toit du très beau bâtiment, un petit arbre poussait en biais, qui s'en allait, par ce trajet oblique, vers le ciel aussi bien qu'un autre – il y a tant de chemins pour s'en aller plus haut...
  J'étais venue dans ce quartier lointain sans besoin, sans véritable curiosité, simplement parce que, dans le récit de l'inauguration que faisait le journal local, j'avais lu ces mots qui m'avaient bouleversée :
 
  "Une femme visite, les yeux brillants : Lisa Bresner était ma fille".
 
   Derrière tant d'oeuvres admirées, derrière tant de gloires vénérées, l'obscure douleur d'une mère.
    Stabat mater.
 
 

Publié dans Nantes

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Catheau 16/01/2014 22:03

Très beau, ce rapprochement.

Dalva 12/01/2014 15:44

Magnifique architecture, et ce petit arbre ajoute beaucoup à la photo.
Un très beau cliché pour une triste histoire mais un beau texte.

Cristophe 10/01/2014 22:25

L'écoute limitée à trente secondes, c'est peut-être quand on n'est pas inscrit à deezer, ou inscrit mais pas connecté à deezer.
Rien de tout ça pour moi, j'ai apprécié l'écoute intégrale. Merci !

Nounedeb 10/01/2014 17:34

Une photo joliment colorée où le petit arbre semble dire que la nature résiste au modernisme.
Merci pour la découverte de ce Stabat Mater que je connaissais pas.

mansfield 10/01/2014 16:02

La douleur d'une mère restée debout malgré la perte de son enfant, quel chagrin peut dépasser celui-là!

erato 10/01/2014 15:09

Je suis bouleversée par cette musique .
Bonne journée Carole

phil 10/01/2014 14:14

C'est beau.
Et je n'ai pas manqué de remarquer le e italique de l'écrivaine. J'avoue que, en dépit d'un regard bienveillant envers les québécismes, je n'aime guère la transformation politiquement correcte de
notre langue.

emma 10/01/2014 13:31

le blocage à 30 sec récent des plages deezer , qui impose une gymnastique si on veut écouter le morceau, est vraiment calamiteux, impossible d'écouter en même temps qu'on lit
ce passage en particulier du Stabat mater de Dvorak est bouleversant :
http://www.youtube.com/watch?v=pelcWiTZUnM

Carole 10/01/2014 14:07



C'est curieux, moi je n'ai aucun blocage à 30 secondes. J'avais justement choisi cette interprétation parce qu'elle était intégrale.



zadddie 10/01/2014 13:12

j'aime bien les cerveaux ana logiques...

Carole 13/01/2014 00:52



je crois que tu en as un aussi...



almanitoo 10/01/2014 08:48

Souffrance et dignité, il fallait ce beau texte émouvant ces jours-ci, précisément.

Richard LEJEUNE 10/01/2014 08:28

Bizarrement, je ne connais pas le Stabat Mater de Dvorak.
Quelle version plébiscitez vous ? Celle d'Harnoncourt ?

Personnellement, m'émeut pour l'instant, depuis qu'il fut donné au château de Versailles, en 2012, celui d'Agostino Steffani, avec, notamment, la superbe (voix de) Cecilia Bartoli ...

Peut-être le connaissez-vous également ...

Anne-Marie 10/01/2014 07:47

Nantes vit de nombreuses "Folles journées", si j'ai bien compris, ces jours-ci.
Je ne peux m'empêcher d'y penser en voyant ces panneaux de toutes les couleurs, rutilants sous le soleil et porteurs de notre espoir!

jill bill 10/01/2014 05:57

Ce petit arbre au tuteur pas bien droit parmi cet arc-en-ciel de verre, cette mort, cette mère... merci Carole...