Au passage

Publié le par Carole

passage pommeraye bois vermoulu
    Nantes - Passage Pommeraye en travaux
 
 
Vous savez qu'on restaure le Passage. On le nettoie, on le dépouille, on le désosse et on l'abrase. Il se tient devant nous, nu comme jamais il ne l'a été, rouillé et vermoulu, aussi décrépit et flétri qu'un vieux beau sur une table d'opération.
Bientôt il n'y paraîtra plus : peintures fraîches, replâtrages et dorures auront relancé le commerce et refardé ses rides de dandy aux miroirs. Dans l'escalier du fondeur Voruz, près des enfants de plâtre badigeonnés de frais, on pourra de nouveau faire rêver Lola, et photographier sous leurs voiles les belles mariées de Nantes. 
Il est comme ça, notre Passage, un peu facile un peu vénal, capricorne et caméléon, toujours à changer de visage à se remaquiller.
 
En attendant, c'est bouleversant d'avancer sur les poutres amincies et rongées, comme sur la corde usée du temps, parmi tant de lézards grisâtres qu'on n'avait jamais remarqués, aussi longs et pointus que ces aiguilles aiguës qu'on plante au coeur lourd et battant des horloges.

 

Publié dans Nantes

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Catheau 10/06/2014 19:14

Le passage Pommeraye fait sa mue, tel un lézard.

flipperine 03/06/2014 00:15

et comme c'est bien de restaurer tous les vestiges de notre passé

Gérard 02/06/2014 17:03

Les détails de ta photos montrent bien que les travaux urgent

mansfield 02/06/2014 14:48

j'ai moi aussi toujours le coeur serré quand il s'agit d'assister à la rénovation de lieux qui en ont bien besoin mais qui perdent un peu leur âme avec ce renouveau!

Anne-Marie 02/06/2014 14:10

Depuis que je lis ton blog, je rêve de déambuler dans le passage Pomeraye...

saravati 02/06/2014 13:54

Joliment décrit sans être décrié ce passage qui a attiré votre attention et capté vos mots pleins d'humour ... Quand j'irai à Nantes, si un jour j'y vais, je ne serai pas une complète étrangère
grâce à votre regard affiché ici !

Nounedeb 02/06/2014 12:55

Ronron.

JC 02/06/2014 09:45

Ceux qui, comme toi, l'on connu avant, pourront regretter son nouveau look, mais il aura eu deux vies en une.La deuxième ne faisant que recouvrir l'ancienne, bien vivante dessous. Amitiés. Joëlle

almanito 02/06/2014 09:23

J'aime beaucoup ton regard sans concession et plein d'humour sur ce fameux Passage à la fois dérisoire et grandiose.
On sent que tu aimes cet endroit et tu nous le fais aimer aussi, d'ailleurs j'y pensais ces derniers temps: il me manquait.

oups 02/06/2014 08:44

Ce n'est donc pas une salamandre de François qui aurait traversé le pont....

Carole 02/06/2014 11:01



Les salamandres, c'est à Blois et à Chambord que vous les trouverez. J'en mettrai sûrement aussi quelques-unes sur ce blog, un jour.



Richard LEJEUNE 02/06/2014 07:36

D'humeur primesautière ce matin, après avoir ri à votre " ... aussi décrépit et flétri qu'un vieux beau sur une table d'opération", j'ai immédiatement pensé à Isidore Ducasse - qui, pourtant, fut
rien moins qu'enjoué ! -, et à la "rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie" ?

Absurde, n'est-il pas ?

jill bill 02/06/2014 01:48

Je ne connais pas Nantes, du tout... elle a en toi une belle amoureuse...