Café du rêve

Publié le par Carole

Café du rêve
ecousent Je passais dans la rue. C'était un de ces jours où l'on se dit que rien n'arrivera, puisque tout est si laid.
Soudain il y a eu ce léger souffle de vent. J'ai entendu au-dessus de moi le froufrou d'un rideau, et j'ai levé la tête :
Café du rêve
 
Un peu pompette et très usé, il avait si longtemps dormi, le vieux rêve, à l'enseigne des copains d'abord et des lendemains qui chantent. Il avait si longtemps cherché l'aventure dans le marc, et si souvent refait le monde en tapant la belote contre son verre d'absinthe. Il s'était tellement fatigué lézardé démodé.
Qui donc ne l'aurait cru désormais
bien mort mal enterré ?
Alors ce souffle chaud sur la vitre refaite, ce mot dansant chantant qui veut dire hospitalité,
TERANGA
c'était comme un message
un de ces beaux hasards
qui recousent les ombres
avec le fil des âmes.
 
 
Et dans leur nuit là-bas, sur l'étroit bastingage de l'ancienne vitrine, il m'a semblé les voir, les vieux rêveurs, agiter leur main pâle
comme des voyageurs qui s'en iraient plus loin.

Publié dans Nantes

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Pascal 04/07/2015 17:36

Dans le laid la beauté et le rêve se cachent
tout est une question de regard
regard au-delà

eva 29/06/2015 18:52

Merci pour ton com pendant mon absence.
"Café du rêve" c'est presque aussi joli que "Teranga" et sa signification... En tout cas, c'est dans le même ordre d'idée : l'hospitalité est souvent à rêver, et le rêve c'est bien l'hospitalité face à la vacuité spirituelle, face à l'absence d'être en soi, face à l'inexistence de toute essence...

Catheau 29/06/2015 14:06

Une invitation à rêver d'un monde où l'action serait "la soeur du rêve".

Richard LEJEUNE 29/06/2015 08:33

Que de rêves, assurément, dans la tête de ceux qui fréquentèrent l'endroit !
Mais que de rêves aussi, probablement, dans celles de ceux qui, de l'autre côté de la rue, s'accoudèrent aux fenêtres que reflètent encore les vitres du café ...

Aloysia 28/06/2015 23:21

J'aime bien ton dernier paragraphe... Bravo !

nadia-vraie 28/06/2015 22:27

Bonjour Carole,

Ton texte est bon,le rêve...

Je viens te dire un beau bonjour avant de prendre ma pause jusqu'en septembre.

J'ai écrit un article à ce sujet.

Je te souhaite un bel été avec du beau temps et des vacances aussi.

À septembre Carole.

Martine 28/06/2015 20:52

Le petit mot "rêve" est aussi vaste que amour ou océan... Il me transporte vers une autre galaxie

Hécate 28/06/2015 18:45

Ce Café du rêveur est fait pour les grands rêveurs....ils sauront y entrer même sans la clef . J'aime beaucoup ce texte.
Bon dimanche

JC 28/06/2015 10:12

Le rêve résiste à tout car il a des ailes. Le temps et l'oubli ne peuvent l'affecter, la preuve est bien là ! Bon dimanche Carole. Amitiés. Joëlle

Quichottine 27/06/2015 22:45

Que te dire sinon que j'aime... et que j'adore la façon dont tu nous mènes à cette magnifique conclusion ?

cathycat 27/06/2015 19:43

Quelle jolie poésie urbaine. Le rêve rend tout plus beau !!! Belle soirée à toi. Gros bisous

mansfield 27/06/2015 18:33

Eh oui cette devanture attire comme la porte d'un conte fantastique, on a envie d'entrer et peur de nous trouver confrontés à des forces qui nous dépassent!

zadddie 27/06/2015 13:32

rêve...un concept parfois "dangereux"..

almanito 27/06/2015 09:19

Les passants n'ont plus la clef, cependant ce petit message tracé en lettres fines sur la vitre fait encore rêver: "Teranga": l'hospitalité venue des terres d'Afrique...

Alain 27/06/2015 08:11

C’est étonnant comme la simple évocation de « rêve » collé sur l’enseigne d’un café fatigué peut faire danser vos mots gonflés de poésie, Carole.

jill bill 27/06/2015 01:04

Le café du rêve, celui où au comptoir on refait le monde après le boulot.... ;-)