Les cyprès

Publié le par Carole

cyprès cimetière 6 version 2
 
 
Le cimetière est à l’écart du village.
La route monte un peu, d’abord on n'aperçoit rien. Puis, lentement, on les voit surgir. Les cyprès d’abord, un à un, les croix ensuite, et enfin le muret rectiligne.
C’est, posé entre la terre nourricière et le ciel immense de la Beauce, comme un de ces temples primitifs construits en plein air, où de hautes statues sans visage, immobiles et semblables, mystérieusement se dressent, selon des lignes géométriques dont l’ordre nous échappe.
Tout cela austère, solennel et dépouillé, vaguement sinistre, d'une pureté saisissante de formes et de couleurs.
On se surprend à regarder longtemps, sans comprendre pourquoi c'est si beau, finalement.
Puis on reprend la route. Il y a là des gens dont nous portons le nom, des gens qui nous attendent. Tout est très simple, au fond.

Publié dans Le village : Selommes

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simple-regard 23/04/2012 09:29

Le repos en paix parfaitement illustré. Oui une contemplation était inévitable, belle photo!

Carole Chollet-Buisson 23/04/2012 10:29



Contemplation un peu triste, mais inévitable, je le pense comme toi.



jill-bill.over-blog.com 20/04/2012 09:02

Bonjour Carole... J'aime ta façon de nous envoyer dans le décor... tu sais nous émouvoir sur un joli cliché, c'est ça être poète ! Bonne journée à toi.... Bizz jill

Carole Chollet-Buisson 20/04/2012 17:17



J'adore cette façon que tu as de dire : "emmener dans le décor". Je la retiens, cette expression...avec sa part de risque !



adamante 20/04/2012 00:42

Il y a tant derrière cette simplicité, une grande richesse.
Magnifique perspective de la photo.

Carole Chollet-Buisson 20/04/2012 17:16



Merci, Adamante.



Gérard Méry 19/04/2012 23:53

Je partage ton sentiment, c'est très beau. Graphique, coloré et ta composition est vraiment agréable.

Carole Chollet-Buisson 20/04/2012 00:57



Je voulais faire cette photo depuis longtemps, et là, en avril, j'ai profité de la floraison du colza qui m'a donné ce jaune.


Merci, Gérard, à bientôt.



zadddie 19/04/2012 22:50

Cet arrêt sur image, sensation est (encore un fois) parfait.

Carole Chollet-Buisson 19/04/2012 23:19



Merci, Zadddie, ton commentaire me touche beaucoup, vraiment beaucoup.



joelle.colomar.over-blog.com 19/04/2012 19:21

Les cyprès florentins ( c'est leur nom) sont pour moi des virgules qui ponctuent le paysage. Habituée à en voir, ils n'ont pour moi rien de sinistre.Pense aux paysages italiens !
La mort ne fait-elle pas partie de la Vie ? Question que je me suis tellement posée dans le cadre de mon travail. J'ai souvent entendu les familles me dire: " C'est triste mais c'est la vie ! Bonne
soirée à toi Carole. Joëlle

Carole Chollet-Buisson 19/04/2012 19:37



C'est ce que je voulais dire en effet. C'est pourquoi j'ai montré les cyprès au milieu des champs de colza.


Ce qui est "sinistre", ou simplement rude, quand on arrive à cet endroit, c'est le dépouillement extrême du paysage, sur lequel se découpent les tombes, dans la Beauce dépourvue d'arbres ou de
collines - contrairement à l'Italie.


Je ne savais pas qu'on disait "cyprès florentin" : merci de ce renseignement, Joëlle.



tibicine 19/04/2012 17:41

Le regard du poète voit inexorablement le beau. Enfant, avec ma copine et confidente, nous aimions particulièrement aller au cimetière. Nous racontions l'histoire des défunts, et souvent, nous
prenions des vieilles fleurs pas assez fanées à notre goût, jetées à la poubelle, pour les distribuer aux stèles que l'on sentait désertées. Nous avions cette fascination ; la mort fascine l'enfant
qui ne comprend pas l'autre monde, qui n'appréhende rien. Votre voyage m'inspire le mien. Bien à vous, Tibicine

Carole Chollet-Buisson 19/04/2012 18:54



Merci, Tibicine. J'aime beaucoup ce commentaire qui me donne l'impression que mes paroles ont résonné, et ravivé chez vous des souvenirs, car je m'attache toujours à suggérer, à proposer.



Nounedeb 19/04/2012 13:50

On dirait un Stonehenge moderne. Les bâtisseurs d'antan s'étaient peut-être, sans doute, inspirés de la nature. Une grande étrangeté dans le contraste des couleurs, et ces croix inégales, on les
croirait en train de défiler, pour un macabre pardon.

Carole Chollet-Buisson 19/04/2012 18:52



Stonehenge, ou l'ïle de Pâques : ce sont les deux lieux auxquels j'ai pensé. Les croix ont l'air en effet de vieillards qui marcheraient courbés, ou en trébuchant un peu.



Balladine 19/04/2012 11:55

C'est très beau, j'aime la façon dont tu abordes la mort qui fait si peur à tous.
Cette photo et les cyprès qui ponctuent ce paysage qui pourrait être triste mais elle rappelle que la vie est belle !

Carole Chollet-Buisson 19/04/2012 18:51



Merci, Balladine. J'ai choisi en effet un champ de colza très vif pour exprimer cette idée de vie.



emma 19/04/2012 09:35

la plume de Proust guide-t-elle la tienne dans votre Beauce un peu âpre ?

Carole Chollet-Buisson 19/04/2012 11:27



J'aimerais bien ! 



Annick SB 19/04/2012 08:18

Oui, les cimetières, passage obligé des balades en campagne, des visites de village, et qui nous apprennent tant sur le passé des inconnus des générations précédentes ...

Carole Chollet-Buisson 19/04/2012 11:28



J'étais allée y "rencontrer" des gens de ma famille - inconnus, mais connus par bien des récits.



Jean-Claude 18/04/2012 23:42

... des gens dont nous portons le nom ...
J'aime entrer, toujours avec le plus grand des respects, dans tout cimetière inconnu ...
Une pierre tombale raconte toujours, si l'imagination vagabonde, toute une histoire, dont le nom, les noms sont la trame, et les dates, certaines pages qu'il est possible de consulter ...

Carole Chollet-Buisson 18/04/2012 23:59



Je le fais aussi parfois. Je partage tout à fait votre analyse sur la pierre tombale, page donnée à lire et à méditer.
Dans le cimetière dont je parle aujourd'hui, les morts portent vraiment les noms de ma famille, car c'est celui de mon village natal. Ces noms connus sont à la fois troublants et rassurants,
étranges et familiers.