le soleil, la lune et la chouette

Publié le par Carole

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"Une seule parole que l'écho répercuta longuement dans le vide de la galerie déserte : Echidna "
(André Pieyre de Mandiargues, Le Passage Pommeraye)
 
 
Passage Pommeraye, on monte et on descend, on va et on revient, on passe et on repasse. Des enfants tristes regardent en rêvant, des démons guettent en souriant, tandis qu'on monte, qu'on descend, qu'on va et qu'on revient, qu'on cherche la sortie, l'entrée vers le bonheur ou le malheur que toute vie exige. On y a vu errer Lola et M. Roland, Echidna et l'homme-caïman, et même Ulysse le clochard avec son chien fidèle - d'escalier en passerelle, de passerelle en escalier, sans but, en hâte, à la remorque du destin.
Passage Pommeraye où l'on s'attend toujours à rencontrer quelqu'un que l'on attend encore - ou le mystère que l'on n'attend plus, Passage Pommeraye où même la lumière du jour semble attendre, stagnante, épaisse, alourdie et jaunie sous la verrière tremblante et innervée comme une feuille morte, au-dessus de l'escalier de bois qui pourrait nous conduire au ciel, ou nous faire glisser vers la nuit, Passage Pommeraye, l'horloge veille. Il y a là, très haut, sur le cadran, entre l'enfant solaire et l'enfant lunaire qui en sertissent l'orbe de leurs corps alanguis, et dont les bras tendrement se rejoignent, un coin d'ombre où le temps pourrait s'arrêter.

Publié dans Nantes

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