26 novembre

Publié le par Carole

26 novembre
Des ogres qui dévorent et des ogres qui meurent. Des accidents, des morts, des voix à la radio et des images à la télé. Des mots qui hurlent et des femmes qui pleurent, des lèvres qui murmurent des mélodies d'amour, et des fanfares tranquilles qui s'assoient au jardin. Des flammes pour veiller et d'autres pour détruire, et d'autres encore qu'on ne voit pas, dans l'ombre des maisons et à l'abri des coeurs, pour cuire le pain des heures et toujours espérer. Des parias et des stroboscopes, des guerres et des paillettes, des danseurs dénudés et des gens au café. Du désir, des révoltes, de la misère et des DJ. Le tour du monde en vingt minutes dans le fracas pop rock des banquises qui flanchent. Partout des points de vente, des appels et des pétitionsDes affiches en lambeaux qu'on recouvre aussitôt, et ces Epicuriens au banquet de la vie largement attablés, repoussant du pied sous la table ceux qui n'ont pu s'asseoir. La baraque en désordre où l'on claque les portes, la barbaque sanglante pour être gras quand on claque. Tant de mâchoires qui croquent et tant de joie qui craque. Tant de cris, tant de rires, tant de pleurs. Un chaos.
Mais cette clarinette qui s'obstine, fragile dans l'air lourd comme un verre de vin jeune. Et ce petit poème, sur son papier jauni, qui se récite encore dans l'air bleu.
 
Voilà, c'était hier déjà.
Le 26 novembre.
Juste un jour sur la Terre.
 
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A
On voudrait retenir surtout ces flammes "à l'abri des coeurs, pour cuire le pain des heures et toujours espérer." mais tout le reste va avec et nous colle à la peau. J'ai beaucoup apprécié le rythme de ce magnifique poème en prose, un chaos qui dit si bien notre monde !
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C
Merci Arielle !
L
marrant ça notre Caphy Kubby vient de les voir en concert en RP
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C
Hasard des affiches et des événements.
J
Un jour comme un autre, tellement riche de tant de drames mais aussi ...de tant de joies ! Belle journée à toi. Amitiés. Joëlle
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M
Ainsi va le monde terrible et merveilleux
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R
... "un jour sur la Terre" ... auquel un concert des Ogres de Barback aura vraisemblablement donné un peu de souffle joyeux ...
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C
Le tragique maëlstrom du monde dans lequel il est bon d'entendre vos mots toujours si justes, comme cette petite musique de clarinette.
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Q
Triste constat... mais il y a toujours un peu de ciel bleu et de douceur pour ceux qui veulent y croire.
Merci pour cette page si vraie.
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N
Ronronner, avec un peu d'amertume, de mauvaise conscience? ** )
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J
Un tour de manège, encore un, accompagné de rires, de frissons et de nausées.
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A
Et tant d'autres choses encore ! Un jour sur la terre, tout apparaît !! Tout ce qui est imaginable et au-delà...
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A
L'inventaire cruel et monstrueux du désastre annoncé, angoissant comme une grosse bête qui déboule sur le monde et puis ce gentil, anachronique et souriant avec son poème et sa flûte qui ressemble au chef de gare qui aurait raté tous les mauvais trains tant il semble encore paisible...
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L
Un bouillonnement superbe et saisissant, qui prend aux tripes ...
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D
Et un jour terrible !
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A
Ce texte est superbement écrit et lourd de sens. « Tant de mâchoires qui croquent et tant de joie qui craque. » : Je crains que ce 27 novembre, pas plus que le 26, ne soit annonciateur de lendemains qui chantent.
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J
Juste un jour sur la terre avec les uns et les autres, leur joie de vivre, leur larme d'un mal être... et demain reviendra pareil... merci Carole !
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