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Tricot

Publié le par Carole

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Emmitoufler les arbres pour l'hiver, nouer d'une écharpe à carreaux le cou rugueux des magnoliers, cravater de tricot rayé les troncs durcis de gel, et réchauffer d'une petite laine la sève qui figeait au creux des veines froides, c'était un étrange, immense et joyeux projet, qu'on avait confié, pour le mois de novembre, à des retraités de la ville.
Ils en étaient venues à bout. 
Cela m'avait bien plu, alors, qu'on l'ait tissé de vif, à la force des doigts tremblants, ce fil qui relie l'humanité aux arbres, qu'on l'ait nouée de couleurs aiguës, à la pointe émoussée des aiguilles bavardes des vieilles tricoteuses, la boucle d'harmonie qui attache nos âmes aux songeuses forêts.
Pourtant, quand je suis revenue au Jardin en janvier, on avait déjà déshabillé tous les troncs. Debout dans le vent froid, ils frissonnaient dans l'ombre, au long des grands chemins déserts.

Publié dans Fables

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Les perles

Publié le par Carole

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      "Que vois-je là ? dit sa mère tout étonnée ; je crois qu'il lui sort de la bouche des perles et des diamants. D'où vient cela, ma fille ? " (Charles Perrault, Les Fées)
 
 
    A l'enseigne de boucherie, chaque lettre s'écrit sur des pointes d'aiguilles, chaque lettre se tire à seize, à vingt, ou quarante-quatre épingles, et chaque épingle se coiffe en manière d'ampoule, d'une tête ronde et brillante de verre rose. Et toutes ces perles roses et joliment éclairées disent, se substituant gracieusement à elles, ces gouttes de sang que notre pensée a du mal à soutenir et qu'elles métamorphosent...
   Avez-vous remarqué que les boutiques où se débite cette viande, dont nous n'aimons plus le spectacle trop rouge, dont l'odeur crue nous indispose, sont presque toujours admirables de coquetterie, charmantes de délicate élégance, jolies comme des écrins, profondes en leurs miroirs où des mondes se reflètent ?
 
    Je crois qu'il en en va souvent comme de cette enseigne de boucherie. Tant de réalités nous gênent. Quand il nous faut les désigner, nous y plantons les petites aiguilles du langage, et la magie opère, parant le sang de perles, civilisant la peur et rhabillant le mal. C'est ainsi que depuis longtemps nous avons transformé nos chômeurs en demandeurs d'emploi, nos clochards en sans domicile fixe, nos démolitions en déconstructions, et tous nos désastres en crises - notre surdité à ce tout ce qui gémit n'étant plus désormais que simple malentendance, et notre aveuglement au vrai, anodine malvoyance.
    Pourtant tous nos efforts ne peuvent empêcher les ombres, les petites ombres sèches des aiguilles des mots qui ne veulent rien savoir, de s'étendre bizarrement, tout autour de la vie, en couronnes d'épines...

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l'écrasé

Publié le par Carole

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    On ne le remarque pas immédiatement, tout en bas, l'écrasé. Une tête de caillou, vaguement dessinée en visage, deux yeux sans prunelles, un nez comme un morceau d'os, une bouche sans lèvres : rien d'autre ne laisse deviner le corps de bête plate qui s'est pétrifié là, fossile informe, parmi les pluies et les ordures du trottoir.
    Pourtant, toute la vieille maison, avec ses poutres et ses murs, ses vies, ses ombres, ses joies et ses mystères, repose sur lui.
    Il est peut-être le mal, il est peut-être le bien, il est peut-être le désir, il est peut-être le malheur, il est peut-être l'orgueil du riche, il est peut-être la rude pauvreté, il est peut-être le désespoir, il est peut-être l'amour - il est peut-être un peu de tout cela. Comment savoir ? Il y a si longtemps que la maison est bâtie, et puis elle est si belle, si imposante, qu'on n'ose plus l'interroger...
 
    Il se tient silencieux, ni mort ni vivant, juste là, soutenant ce qu'on a construit, attendant. Il porte tout le poids, lui l'écrasé, de ce qui monte et se déploie, de ce qui grandit et se laisse admirer. C'est bien lourd, c'est si lourd... Mais de toutes ses forces il résiste, il s'emploie à rester toujours là, à ne pas se briser, à ne pas s'effacer tout à fait.
    Ainsi en va-t-il de tout ce que nous bâtissons. On voudrait l'oublier, mais toujours, tout en bas, se tient, silencieux et patient, cela qu'il fallut écraser pour poser l'édifice. Cela qu'il fallut écraser, mais qui ne meurt jamais.

Publié dans Fables

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Courir

Publié le par Carole

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Nantes - Rue de l'Echelle    
 
 
    Pourquoi courir ainsi, petit homme ? Pourquoi courir ainsi sur les marches du temps ? Pourquoi glisser si vite sur la pente si raide ? 
     Ne vois-tu pas que l'ombre déjà t'a recouvert, dans cette nuit qui tombe ? Ne sais-tu pas que déjà tu t'effaces, dans le flou de la ville, dans le gris de demain ? Et que ces couleurs vives, cette criarde joie, cet éclat électrique dont tu revêts ta course ne te garderont pas de la chute ?
   Arrête un peu, juste un instant, retiens-toi à la rampe, il en est encore temps. Regarde derrière-toi ce que tu laisses, et devant toi ce que tu espérais.
    Et puis, sans hâte, reprends la route, fais désormais en sorte que chacun de tes pas t'appartienne, et que chacun de tes voyages se mesure à ton pas. Qu'ils te ressemblent enfin, ces grands chemins que tu retraceras.

Publié dans Fables

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Un Mondrian sur les murs de la ville

Publié le par Carole

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    Au coin de l'ancien palais de la Bourse, occupé aujourd'hui par le magasin rutilant d'une Fnac, et demain peut-être par l'un de ces hôtels de luxe qui fleurissent dans la ville à mesure que ses rues s'emplissent de mendiants, un carreleur de la nuit, un de ces clandestins de l'art qui ravalent les murs quand nous dormons, a posé, très haut, ce tableau faïencé.
    14 carrés au carré qui font un petit Mondrian, et un vrai socle de perfection. Vitrail de céramique repartageant le monde en ses couleurs et en ses lignes. Labyrinthe où les rues s'en vont toutes d'accord vers l'unique angle droit. 14 carrés² posant sur le gris grumeleux du mur les promesses si pures de la raison.
    J'aime beaucoup Mondrian. J'aime beaucoup que l'on aime encore Mondrian, dans ce monde incertain qui se noie de ne plus savoir sur quels murs, quels angles ou quels carrés, appuyer son passage.
     J'aime aussi ce courage, cette étrange obstination de celui qui soudain s'est résolu à sortir, au plus noir et au plus solitaire de la nuit, muni d'un seau de ciment et de quelques carreaux de faïence, pour se percher sur une échelle, sur une gouttière ou sur le bord glissant d'une terrasse, dans le froid et l'obscurité, afin d'accomplir ainsi un forfait artistique longuement médité, et tellement inutile, souverainement insignifiant, presque invisible dans l'immensité urbaine.
     Il ne s'agit pas de laisser son nom, il ne s'agit pas de marquer sa trace, il ne s'agit pas de plaire. Juste de dire moi aussi.
     Moi aussi, voilà.
    Moi aussi Mondrian. Moi aussi peintre et penseur des couleurs et des lignes. Moi aussi collectionneur ornant la ville comme mon salon, moi l'inconnu, le vagabond des nuits.
    Vous aussi visiteurs de musée, vous aussi amateurs distingués, vous les passants pressés qui allez au travail, vous les passants sans logis qui ne savez où aller.
  Moi aussi, vous aussi. Carrelons les murs, reprenons possession du monde, cimentons notre vie et pavons nos chemins en couleurs décidées, en lignes résolues, bâtissons...

 

Publié dans Nantes

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" Dis oui à la vie "

Publié le par Carole

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    Le tram avait ralenti, puis s'était tout à fait arrêté au passage à niveau. Quand j'ai vu ce petit garçon, par la vitre, je me suis d'abord souvenue d'un conte que j'avais lu, tout enfant, dans un vieux livre. C'était l'histoire d'un crayon magique. Tout ce qu'on écrivait avec prenait forme et vie. L'enfant du conte entrait ainsi dans un jardin qu'il avait dessiné, où vivaient les animaux bizarres et les arbres splendides qu'il avait esquissés. Il poursuivait longtemps sa route, et avançait dans la vie, de dessin en dessin, pour le meilleur et pour le pire, par la magie de son crayon. Je ne me souviens plus du tout de la fin de cette histoire qui du reste n'avait aucune raison de se finir, le crayon traçant page après page des chemins toujours neufs, et pourtant toujours hésitants et tremblants comme un dessin d'enfant...
    Ensuite, j'ai réfléchi - ce que peut-être il faudrait toujours éviter quand il nous est donné soudain de voir, par la vitre du tram, un enfant s'amusant avec le vieux crayon du conte. Et j'ai pensé que ce petit garçon, posé là par des adultes, ne nous écrivait guère, très au-dessus de sa portée d'enfant, qu'une maxime béate et niaise, un conseil absurde de magazine, frappé aux clichés de ce temps qui abuse du oui, positivant insupportablement, incapable qu'il est d'affronter le non de la révolte ou de la solitude... 
    Puis je me suis ravisée. C'est vrai que la vie requiert notre consentement. Il faut lui passer l'anneau au doigt tous les jours, et tous les jours se laisser séduire encore.
    Un jour elle nous fut donnée, mais chaque jour il nous faut l'épouser de nouveau. Chaque jour tracer de nouveau son nom sur le mur de l'angoisse, dessiner de nouveau sa silhouette magique et fugitive, pour enlacer les branches de l'espoir, ou simplement se laisser conduire par la main jusqu'à la petite porte du jardin. Et, chaque fois, comme l'enfant, faire effort, se hisser, aller si haut, marcher si loin, qu'on en est maintenant épuisé, et que le bras se lasse et s'engourdit, et que la main retombe. Mais le crayon nous entraîne... encore, demain, plus loin... il y a tant de chemins à dessiner, tant de phrases à écrire, tant de consentements à donner à chaque instant de vie... oui. Rien n'est plus vrai.
    Le tram a redémarré. Par la vitre, j'ai vu soudain l'enfant bondir, sauter par-dessus le mur, se balancer aux arbres, puis marcher sur ce pont tout tremblant qui s'en va vers là-bas. Il tenait toujours le crayon, et sur les mots d'un conte oublié, d'un désir toujours neuf il traçait son chemin de vivant. Oui, je l'ai vu. Et je crois bien que je l'ai suivi. Oui...

Publié dans Fables

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Les trognes (réédition)

Publié le par Carole

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"Avant tout, moi est celui-là qui rencontra Pan" - Isi Collin, Pan.
Dans mon village, on appelait trognes ces arbres étêtés qui repoussent plus dru.
 
 
Dans cette ville, comme dans toutes les villes, on a planté de hauts platanes au long des boulevards.
Vers Noël on les encombre de guirlandes électriques, qu'ils portent avec tout le dédain, la haute dignité des vieux totems dans les réserves à touristes.
Puis, pour asseoir sur eux le pouvoir de la ville, on les taille à la fin de l'hiver, amputant d'un ronflement de tronçonneuse tous leurs bras de divinités tournoyantes.
Honteux et pâles, réduits à leur trogne d'écorce grise, longtemps ils restent cois.
Mais le bitume craque à leurs pieds, et les racines montent en longs serpents bruns aux lèvres fendues des trottoirs.
Alors, lentement, on voit les trognes redresser, vers le printemps qui passe, leurs moignons bourgeonnants comme des  poings d'enfants, et puis bientôt ouvrir leurs doigts en éventails, tout doucement, et brusquement les pousser en branches téméraires, comme des chandeliers où s'accrochent l'azur, le soleil et les feuilles, et les nids verts des oiseaux revenus, et le chant des rivières dans le vent des cascades.
Il nous ressemblent, ces arbres dans nos villes : soumis, rognés, étêtés et courbés, trognes lasses, et pourtant toujours prêts pour une vie nouvelle, si Pan, sur les boulevards reverdis, triomphant dans son cortège de forêts, de torrents et de hordes sauvages, d'un souffle tiède rejoue sur la syrinx le bruit vertigineux des jours d'avant.

Publié dans Nantes

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La télévision

Publié le par Carole Chollet-Buisson

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Passage Pommeraye - Nantes
 
 
    On est surpris d'abord : que font-ils donc là-haut, sous la verrière du Passage, ces chevaux ailés, Pégases heureux arrêtés dans leur vol ? Est-il vraiment possible qu'ils regardent à la télévision, comme vous et moi, un match de football... ?
  Il y a en effet, au-dessus des statues et des sculptures, un grand nombre d'appartements. Les propriétaires de l'un d'eux ont eu l'intelligente malice de placer leur poste juste en face de l'oeil, au fond de la galerie supérieure, nous rappelant ainsi chaque soir, lorsque la télévision luit dans la pénombre qui gagne, que le propre de l'extraordinaire est de s'accouder tranquillement au monde ordinaire, et de le regarder sans ciller.

Publié dans Nantes

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La feuille et l'arc-en-ciel

Publié le par Carole

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     Quelquefois, on marche, et la beauté se sème sous nos pas. 
   Hier soir il pleuvait. Dans la rue flottaient des lumières de néons, qui se répandaient sur les flaques, apparaissant, disparaissant, tandis que j'avançais - ou croyais avancer.
    A mes pieds, soudain, j'ai vu cette feuille, veillant au bord d'un labyrinthe d'ombres blanches et tournoyantes plus complexe et troublant que celui de la cathédrale de Chartres. Une feuille d'automne en janvier ? Comment si jaune encore ? Quel souffle l'avait épargnée, puis l'avait finalement arrachée, pour la poser justement là, à cet instant où je passais ? Un rayon d'arc-en-ciel conduisait jusqu'à elle, comme dessiné exprès.
    Il a suffi que je m'approche, que je mette mes pas dans ce dédale lumineux qui enchantait mes yeux... tout avait disparu. Et le vent déjà entraînait la feuille, finalement si ordinaire, vers sa pourriture imminente.
 
    Cet infime événement m'a rappelé brusquement un autre événement infime, survenu dans mon enfance.
    Je marchais au jardin, tournant dans les allées, quand j'ai vu briller dans la boue un objet merveilleux. C'était un morceau de verre, tesson d'une bouteille qui avait dû contenir une huile épaisse, un pétrole noir et lourd dont la matière épurée par le temps était devenue prisme, car il chatoyait au soleil d'une multitude d'arcs-en-ciel tournoyants. J'ai pris le morceau de verre dans ma main, fascinée, et je suis restée longtemps ainsi, immobile, à faire danser la lumière dans toutes ses couleurs. Jamais encore je n'avais éprouvé ainsi le sentiment de la beauté. C'était un saisissement inexprimable, une extase véritable. Puis on m'a appelée, il m'a fallu rentrer, laisser sur le sol le fabuleux tesson. Jamais, ensuite, malgré tous mes effors, je n'ai pu retrouver ce fragment - tombé peut-être d'un vitrail de là-haut dans la boue du jardin..
    Je l'avais tout à fait oublié, ce prisme de verre cassé, sale et sublime. Mais, au fond, je crois que c'est lui que j'ai recherché sans fin ensuite, dans les livres que j'ai lus, dans les tableaux que j'ai vus, dans les mélodies que j'ai écoutées.
 
    On a dit qu'un seul battement de l'aile d'un papillon pouvait soulever des tempêtes et faire trembler des mondes. 
    Peut-être qu'un seul battement de l'aile du quotidien peut suffire à faire se lever dans nos vies tout un monde tremblant de beauté. Et si nous poursuivons notre route, croyant l'oublier, qu'importe ? De même que l'infime mouvement du papillon, engendrant d'autres mouvements de plus en plus vastes, devient finalement le levier d'événements immenses, de même, ces rencontres minuscules que chaque jour nous faisons avec l'enchantement nous mènent vers d'autres chemins enchantés, qui eux-mêmes nous conduisent encore vers des chemins plus vastes et plus lumineux, si bien qu'elles sont le vrai ferment de notre capacité à nous émerveiller face à ce qu'on appelle l'art.

Publié dans Fables

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La déesse et l'éphémère

Publié le par Carole

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"Je crois que l'automobile est aujourd'hui l'équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques, je veux dire une grande création d'époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, si ce n'est dans son usage, par un peuple entier qui s'approprie en elle un objet parfaitement magique."
(Roland Barthes, "La Nouvelle Citroën", Mythologies)
 
 
 
L'automobile, toute noire dans la nuit, se hâtait sur la rampe du parking. Je l'ai saisie alors qu'elle doublait hardiment un véhicule arrêté.
Du véhicule et de ses passagers ne sont demeurés sur le cliché que ces rubans d'ombre et de lumière. Ce sillage flamboyant, inconsistant et fascinant, de bateau ivre et déjà naufragé.
 
Alors je me suis souvenue de la DS, de Roland Barthes, de ses mythologies qui inventoriaient, en forme de légendes éternelles, les petits bonheurs et les grandes sottises, que se racontait alors, dans ses choses, un monde presque entièrement disparu aujourd'hui, et qui fut celui de mon enfance.
On l'avait appelée déesse, cette grasse voiture aux flancs lourds, si rapide pourtant, qui semblait devoir accoucher, dans la lumière de ses chromes et de ses phares tournants, d'un monde heureux et juste, lancé sur les autoroutes du progrès, dont on déroulait partout le ruban bleu de ciel dans les campagnes encore peuplées. Ce n'était qu'une automobile, cette déesse, mais en ce temps-là on rendait à la vitesse, à la route et à l'avenir, un culte jeune et joyeux qui ne s'obscurcissait d'aucune arrière-pensée.
Puis la vitesse est devenue l'urgence, la performance s'est appelée productivité, l'élan s'est renommé cadence, et, bizarrement, peu à peu, la jeunesse s'est résignée, les promesses de bonheur se sont enlisées. Même les automobiles sont devenues sombres, avec leurs vitres fumées posées sur les visages prisonniers des bouchons. On n'a jamais très bien su pourquoi tout s'était ainsi éteint.
 
J'ai repensé à tout cela en regardant le cliché, en observant cette étrange voiture, s'échappant à elle-même, dans son désir d'aller plus vite. Se brûlant de lumière comme un papillon fou, pour se perdre enfin dans la nuit.
Puis, dans le coin droit, tout en haut, j'ai encore lu ces trois lettres, à peine visibles, si lisibles pourtant, tracées sur la façade de l'immeuble voisin : FMR...
 
Ephémère FMR, es-tu donc le fil, noir, jaune, rouge ou blanc, qui me guide et m'égare dans cette ville où sans fin je te retrouve ?

Publié dans Fables

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