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Un arbre sur le toit

Publié le par Carole

Un arbre sur le toit
C'était un arbre sur son toit
naviguant vers le large
un bel arbre à la proue
de nos villes en voyage
un arbre capitaine
avançant comme un rêve
vers son lointain rivage
 
C'était un arbre au ras du ciel
claquant la bise aux dieux
un arbre sur le pont
qui dansait ligoté
et défiait les orages
et riait aux sirènes
en secouant son mât
 
C'était un arbre téméraire
que la mort bûcheronne
rangerait sans tarder
au bûcher des nids secs
un arbre au bord du vide
tremblant comme une feuille
et fort comme une voile
 
C'était un arbre comme nous
un arbre qui chantait
dans sa harpe de branches
un bel arbre immobile
qui secouait dans ses feuilles
son grand jet d'eau de sève
en tirant sur son ancre
 
C'était un arbre comme on grimpe
sur les grands toits d'étoiles
qui recouvrent nos nuits
un arbre en gratte-ciel
qui plantait sur nos têtes
des racines de songe
et des jardins de lune
 
C'était un arbre aux yeux d'oiseau
posé comme un bateau
sur la main d'un nuage
en attendant 
le vent.
 

Publié dans Fables

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L'insolite

Publié le par Carole

L'insolite
Il suffit si souvent de lever les yeux...
Rue Gambetta j'ai levé les yeux, et je l'ai tout de suite reconnu : l'insolite.
Celui qui fait sortir l'ordinaire de ses gonds pour nous ouvrir les portes.
Celui-là même qui clôt Nadja sur le visage ensablé d'une aviatrice au nom d'Aurore.
 
Une femme est sortie par la porte cochère. Me voyant arrêtée, elle m'a dit bonjour. 
Il suffit si souvent de dire bonjour...
Rue Gambetta je lui ai rendu son bonjour, et j'ai demandé pourquoi on avait suspendu cette bizarre enseigne au-dessus de sa porte.
-Il y avait un petit musée ici, avant... un musée de la machine à coudre. C'était un vieil original qui avait eu cette idée. Une idée insolite, n'est-ce pas ? Il avait installé chez lui ce musée... Des machines à coudre, il en avait, il en avait des quantités, des vieux modèles, tout décorés. Quelque chose d'incroyable... Nous avons acheté son appartement. Malheureusement, les machines n'y sont plus. Le musée est fermé.
-C'est dommage, ai-je répondu en regardant la fleur brodée qui grandissait dans son fil de canette au flanc de la machine suspendue dans le ciel. Cette belle fleur ne demandait qu'à s'épanouir. Mais l'aurore ? Pourquoi l'aurore ?
-Aurore, c'était tout simplement une marque de machine à coudre.
Il suffit si souvent d'appeler les choses par leur nom, tout simplement...
 
J'ai remercié la femme qui m'avait informée, et je suis repartie, pensant à ce vieil original qui nous l'avait si joliment enseigné,
que l'insolite, tout simplement,
c'est ce fil délicat et pourtant si solide
qui coud au ciel, là-haut, les pauvres vies d'en bas
quand elles sont taillées dans l'étoffe des songes.
 

Publié dans Fables, Nantes

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En mémoire

Publié le par Carole

    Elle s'appelait Catherine...  Catherine M.

    Elle s'appelait Pauline...  Pauline M.

  Je les avais complètement oubliés, ces noms qui tout à l'heure me sont soudain revenus - ainsi dit-on, et ce sont en effet les silhouettes vagues et pâles de deux revenantes que j'ai vu passer dans ces deux noms oubliés d'une mère et de sa fille.

    J'étais dans un grand magasin, et je regardais cet autre nom sur une pochette de disque [...]

 

Suite du récit sur mon blog de récits et nouvelles cheminderonde.wordpress.com
 

Publié dans Récits et nouvelles

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Chère Louise

Publié le par Carole

Chère Louise
C'était, au fond d'une grande boite poussiéreuse, dans un fouillis de cartes postales fanées séchées au vent du temps, comme un bouquet intact. Une brassée de fleurs fraîches et venues de loin, un bouquet coloré que m'offrait en silence une main disparue.
J'ai retourné la carte postale. 
 
Celle qui l'avait écrite avait tourné ses phrases comme à l'école d'autrefois, utilisant tout le papier pour n'en laisser rien perdre, traçant des lignes en espalier pour soutenir ses phrases, soignant son orthographe et sa ponctuation, greffant des parenthèses, fleurissant l'adjectif et ciselant la métaphore.
Elle était datée du 23 août, mais les lettres penchées couraient en s'inclinant sur le carton jauni avec la régularité têtue d'un crachin persistant.
 
C'était un long dimanche de solitude grise. Elle écrivait à Louise, car Louise était absente.
On entendait la pluie gratter à la fenêtre sa mélodie d'ennui. On sentait dans l'air sombre le lourd parfum des plantes aux largesses fleuries veillant sur le buffet, près de la corbeille de fruits et des vieilles photos, tandis que la télé au son baissé chantonnait sans entrain ses variétés d'après-midi. Un courant d'air frisquet tombait sur la cheminée froide, avec ses rêves de chaleur.
C'était un long dimanche de solitude, mais elle aimait écrire. Elle se penchait patiente, recopiant son brouillon. Tout à l'heure elle reprendrait son tricot. Elle arroserait les fleurs. Et demain elle mettrait la lettre à la boîte, en revenant du pain.
 
La carte n'était pas signée. Il y manquait sans doute une page, que je n'ai pas trouvée. Je ne saurai jamais le nom de celle dont un après-midi mélancolique, en rameau délicat, tomba après sa mort, comme un brin de roman, dans la boîte à poussière d'un humble bouquiniste.
Mais j'ai pensé qu'à ceux qui s'appliquent à écrire, les messages qu'ils envoient laissent après la mort un peu de vie encore.
 
Chère Louise

Publié dans Fables

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Prudence !

Publié le par Carole

Prudence !
C'est mon fleuriste qui l'a dit, sur son ardoise il l'a écrit :
le saint du samedi 6 mai, la sainte du jour d'avant,
c'était Prudence, le bon Prudence enfant de Clairvoyance, la chère brave Prudence, la mère d'Espérance.
Je ne sais si Prudence aujourd'hui saura veiller sur nous comme veillait hier cette ardoise tranquille sur les roses du jour,
car de quoi demain sera l'ombre on ne le sait jamais.
 
Mais vous, passants qui me lisez,
si vous voulez aller en paix
dans ce jardin de France
où grandit Tolérance,
si vous ne voulez pas
que Marianne se fane
au bourbier de la haine au fumier de la rage
 
Songez donc à Prudence,
gardez-vous d'Insouciance,
ne laissez pas votre petit papier
se froisser en silence
dans vos mains résignées,
n'oubliez pas d'aller
                                      voter !
 
 

Publié dans Divers

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Quand ça penche

Publié le par Carole

Nantes - Quai de la Fosse

Nantes - Quai de la Fosse

Quand ça penche quand ça tangue qu'on pourrait perdre pied
Quand ça vacille oscille et qu'on craint de tomber
 
Rien d'autre à faire alors que s'incliner vers l'autre
S'étayer se tenir épaule contre épaule
Sans regret s'appuyer sur ce voisin d'en face
Qu'on ne fréquentait pas
 
Pour faire rue et faire bloc
Faire rambarde et faire roc
Et faire enfin rempart
A tout ce qui sépare
 
Voilà c'est dit
Amis
Que ce brin de muguet
Tout étourdi de pluie
Dans son frisson de nuit
Vous soit un brin de mai
Qui ne se fane mie.
 
 
Quand ça penche

Publié dans Fables

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Pelleteuse

Publié le par Carole

  Lorsque le coup de sonnette ébranla la maison endormie, il était sept heures trente, et le professeur Mélian travaillait, comme tous les matins, à son grand traité "De l'isotopie du discours".

  Il s'apprêtait même, enthousiaste et ému, à poser les dernières lignes de son dernier chapitre, "De la construction et de la déconstruction transformationelles des sémèmes translatifs mono- ou bivalents", chapitre d'une modernité décisive, dont il avait déjà distillé dans les dernières livraisons de la revue L.I.N.G.U. quelques idées majeures, suscitant chez ses collègues ce mélange d'intérêt passionné et d'envie haineuse qui accompagne toutes les grandes découvertes. Certains même étaient allés jusqu'à employer - non sans une pointe d'agressivité, voire de sarcasme - le mot "révolutionnaire". [...]

Suite du récit sur mon blog de récits et nouvelles cheminderonde.wordpress.com

Publié dans Récits et nouvelles

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Une fleur pour Elisa - réédition

Publié le par Carole

Il paraît qu'on vient de vendre chez Drouot un manuscrit d'Elisa Mercoeur.
 
210 pages adjugées à 700 euros. Au moins...
Je me demande combien cela ferait, en vieux francs romantiques de naïve poétesse ?
Pauvre Elisa.
On se souvient si rarement d'elle qu'il m'a semblé que je pouvais bien, que même je devrais, aujourd'hui qu'elle est un peu de vente, ressusciter le petit texte que je lui avais consacré en 2013.
Alors voici... Cela s'appelait "Une fleur pour Elisa"...
 
***
 
 fontaine-mercoeur.jpg
 
   Cette photo toute grise et perlée de pluie est la dernière que j'aie prise d'Elisa.
   Elisa, c'est ainsi que j'avais appelé cette danseuse faite au tour des "Nanas" de Niki de Saint-Phalle - qui s'élançait, face au château, dans le square Elisa Mercoeur, au sommet de la belle fontaine qu'on vient de démolir pour laisser place à l'un de ces grands miroirs d'eau si à la mode en ce moment - sans doute parce que les villes d'aujourd'hui aiment mirer leurs gloires anciennes sur les cieux désormais obscurcis qui tracent en longs nuages l'avenir qui déchante.
   Je la trouvais si émouvante, ma danseuse, si proche de la véritable Elisa, avec sa façon d'être nue, d'être forte et fragile, tout en haut suspendue, et d'attendre la chute.
 
   Elisa Mercoeur... vous ne la connaissez pas ? Qui la connaît ? Même ici, dans sa ville natale, elle n'est plus rien qu'un nom, elle qui pourtant n'eut jamais de nom véritable.
  Car ce fut tout d'abord une Cosette, cette Elisa. Elle commença sa vie à l'Hospice des Enfants trouvés, non loin du cimetière, dans l'ancienne rue des Orphelins. C'était en juin 1809. Le papier bleu épinglé sur les langes disait que l'enfant s'appelait Elisa, mais ne mentionnait évidemment aucun nom de famille. Le commissaire qui enregistra l'abandon, touché par le petit billet tremblant rédigé par la pauvre mère au coeur déchiré, où elle disait son espérance de retrouver plus tard l'enfant, décida en poète de l'appeler Elisa Mercoeur - du nom d'un héros local, et d'une vieille rue de la ville. Et ce fut peut-être - qui sait ? - cet étrange baptême qui décida du destin de l'enfant.
    Deux ans plus tard, sa mère, qui s'appelait en fait Adélaïde Aumand, saisie de regret, vint en effet chercher son Elisa. Elle s'était enfin résolue, pour son enfant qu'elle n'avait cessé d'aimer, à affronter son sort de fille-mère, abandonnée de sa famille qui se disait respectable, travaillant sans relâche à de très humbles travaux de couture.
    Adorée de sa mère solitaire, la petite Elisa grandit, s'instruisit, s'appliqua, devint remarquable. On s'émerveillait de son savoir, de ses capacités, de son talent poétique, qu'on appelait génie. On l'applaudissait dans les colonnes des journaux locaux, on lui écrivit même de Toulouse pour la convier aux Jeux floraux.
    Elle en conçut de l'orgueil. Quoique femme, provinciale, enfant illégitime, et très pauvre, Elisa voulut devenir poète. Son courage était sans failles, ses illusions sans limites. Quelques Nantais qui l'aimaient se cotisèrent, et elle partit un beau matin, avec sa mère au coeur tendre, pour Paris, capitale des poètes. Là-bas, elle parvint à rencontrer Chateaubriand, qui la trouva charmante, et qui l'encouragea, la présenta un peu. Lamartine l'admira un moment, elle fit un tour de valse au bras d'Alexandre Dumas et fut même, dit-on, aperçue du très jeune Baudelaire. Ses oeuvres parurent dans des revues qui s'appelaient Le Voleur, la Muse française, Le Globe ou la Revue des deux Mondes. Elle crut avoir vaincu. Elle était perdue.
    Car la Misère n'aime pas qu'on décide à sa place. Un soir d'hiver, Elisa rentrait en robe de bal dans la mansarde où elle logeait avec sa mère, quand la Vieille Garce l'arrêta ; elle arracha les camélias du corsage, déchira les rubans, piétina les volants, et de sa main sèche et glacée serra ce coeur rêveur qui avait, sans la moindre autorisation des puissances qui décident du sort des humains, battu d'espoir et d'ambition. C'était la loi, l'inexorable loi. Elisa mourut bientôt, d'indigence, d'oubli, de phtisie galopante. On la coucha toute blanche au Père-Lachaise. Elle avait vingt-cinq ans.
     - Le pendant féminin d'Aloysius Bertrand, en somme ?
    - Si vous voulez. Un peu aussi du Millevoye à pas lents, et un brin de Chénier, car elle avait quelque chose là, sous son front bombé de belle plante.
   Seulement Elisa n'était pas un grand écrivain : elle avait eu l'immense courage de défier le destin, mais, sans doute épuisée par la terrible lutte, elle n'avait jamais pu trouver l'autre courage, le courage des grands artistes, le seul qui vaille, le courage surhumain de braver les lieux communs et les facilités de son époque. Ce n'était qu'un petit camélia romantique, joli mais frêle et bientôt fané comme du Lamartine.
   Sa mère au grand coeur de vestale leva une souscription pour faire éditer ses oeuvres en trois volumes épais.
    Et puis on l'oublia.
  En 1909, les érudits de la Société Académique de Loire-Atlantique, qui manquaient de gloires locales à célébrer, se ressouvinrent brièvement de ses titres au renom, un médaillon fut commandé au sculpteur de Boishéraud, alors fameux, et scellé sur le mur du Jardin des Plantes - hommage à cette fleur poussée sur le terreau nantais.
 
elisa mercoeur
 
    Dans la dernière moitié du dernier siècle on repensa encore brièvement à elle - ou plutôt à son nom, puisque déjà elle n'était plus qu'un nom - pour baptiser le petit parc aujourd'hui dévasté. 
    Que vous dire d'autre ?  Sinon qu'au square Mercoeur même les débris de la fontaine ont disparu, emportés vers on ne sait quelle décharge. Que le bronze du médaillon vert-de-grise au portail du Jardin, et que les trois volumes posthumes des oeuvres de la belle poétesse, jamais réédités, tombent en pièces au fond le plus obscur de ma bibliothèque.
    Je vous en livre ces deux phrases, avant que l'acidification du papier - ce mal qui atteint même les plus délicatement parfumés des livres du XIXe siècle - n'ait raison des derniers lambeaux :
   "Il faut briser une pierre pour trouver un diamant. Eh bien ! l'éducation, les circonstances, un moment quelquefois peuvent briser la pierre, et le génie du poète peut s'en échapper."
    De la statue du square nul génie pourtant ne s'est échappé quand on l'a brisée.
 
   Tout près du médaillon, dans son coin d'ombre triste, une fleur de camélia tendait hier son minois délicat hors des grilles du Jardin. Quand je suis repassée ce soir, ses pétales effeuillés formaient sur le trottoir un petit tas fané que dispersaient le vent, et la pluie revenue.
 
camélia grille

Publié dans Nantes

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22 avril

Publié le par Carole

22 avril
Je passais hier dans cette rue populaire que j'ai toujours appelée la "rue aux boucheries" - parce qu'elles y étaient deux, autrefois, toutes proches, deux vieilles boucheries aujourd'hui désaffectées qui saignent encore en façade leurs peintures écarlates et leurs céramiques rouge boeuf. 
Cela m'a toujours étonnée, cette quantité de vieilles boucheries fermées qu'on voit dans les vieux quartiers ouvriers. Autant que de cafés murés. A croire que le sang et le vin ont fait tourner comme l'eau des moulins les usines de jadis, et qu'ils ont aujourd'hui cédé à la marée montante d'autres flux plus ardents.
 
Cette boucherie-ci n'était plus à vendre ni à louer. Elle était devenue, par la grâce d'un chevalet planté en pleins reflets sur l'ombre de la vitrine, boucherie artistique. 
 
Dans la trouble obscurité du dedans, un jeune homme s'affairait et marchait en tous sens.
C'est qu'il allait inaugurer le lendemain. Qu'il n'y avait pas grand chose à exposer. Qu'il avait peur de ne pas être prêt. Peur qu'on oublie de venir. Peur que ce ne soit pas vraiment une boucherie, son 22 avril, mais juste un four obscur.
C'est qu'il était plein d'espoir. Qu'il allait travailler pour l'amour des arts. Qu'il allait vendre ici de la chair vive de bon boeuf-sur-le-toit, et de fermes bavettes taillées saignantes et crues sur l'étal d'avant-garde.
 
J'ai trouvé véritablement fabuleuse cette inauguration, en pleine fièvre électorale, d'une galerie d'artistes pauvres.
Et je me suis dit que nous vivions dans un monde, comme cela, où certains tremblent d'orgueil, à l'idée d'inaugurer sur toutes les télés un règne à l'Elysée, tandis que d'autres s'agitent et se tourmentent, risquant leurs économies maigres et leur tirelire éphémère, seuls et déjà vaincus, anxieux d'inaugurer quand même leur minuscule temple des arts.

Publié dans Fables, Nantes

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Bouche d'ombres

Publié le par Carole

Bouche d'ombres
    Ce drôle d'objet en bronze... Il est très laid, c'est vrai. Aussi le sortons-nous rarement du tiroir où il dort sa vie de petit monstre.
    Malgré sa petite taille, il est bien lourd. Il nous sert, quelquefois, aux beaux jours, à fixer les papiers qui s'envolent, sur la table du jardin, ou à ranger pour quelques heures, avant de les jeter tout à fait, ces infimes débris que le vent nous confie : ailes de papillon aux yeux crevés, graines tombées qui ne mûriront plus, armures vertes ou dorées des scarabées défunts [...]

Suite du récit sur mon blog de récits et nouvelles cheminderonde.wordpress.com

Publié dans Récits et nouvelles

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