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OPEN

Publié le par Carole

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Tant de boutiques ont fermé, dont seules se souviennent les vieilles gens, les volets gris et clos que brûle le soleil, et les grilles épuisées qui rouillent à la pluie.
 
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Alors, chez Lili, c’est OPEN, et j’en suis heureuse.
Chez Lili, c’est OPEN,OPEN,OPEN…, OPEN, OPEN !

Publié dans Le village : Selommes

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Audace

Publié le par Carole

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Nantes - Statue de la Délivrance, oeuvre du sculpteur Emile Guillaume, déplacée, après le scandale provoqué par sa nudité, du mémorial du Cours Saint-André, où elle avait été érigée en 1927, au square de la Délivrance, sur l'ïle Beaulieu, près de l'actuel Hôtel de Région.
 
 
 
Elle danse, belle et nue, l'acrobate de la Délivrance, les pieds légers sur le globe qui roule. Et ses bras sont deux ailes emportées dans le chant ivre du soleil.
Comme l'Eve de Mabuse elle est nue sous ses muscles - sur sa boule elle court à pas pressés et nus, la pluie ruisselle en sueur noire sur ses aisselles nues, le soleil fait reluire ses cuisses de géante nue. Elle est absolument, désespérément, merveilleusement nue. Elle a le visage des saintes en extase, le cou noueux des écorchés, et les seins durs des jeunes filles. Elle crie pour les morts innombrables, elle chante pour les vivants qui résistent, elle enfante l'espoir dans son ventre arrondi. Cruelle et folle aussi, elle ouvre les flancs du ciel avec son petit couteau et brandit, vers ce qui la dépasse, son épée acérée comme un sceptre. Elle pourrait s'envoler, s'accrocher aux nuages - ou tomber - se noyer dans la  vieille eau de Loire, se briser contre les pavés gris d'en-bas. Mais légère elle danse sur le globe qui roule, glorieuse et fragile, audacieuse, absurde, vivante, belle - et nue, comme l'humanité.

Publié dans Nantes

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Prudence

Publié le par Carole

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Cathédrale - tombeau de François II et de Marguerite de Foix.
 
Mi-homme, mi-femme. Mi-vieille, mi-jeune. Mi-sage, mi-coquette. Mi-face, mi-profil. Mi-ombre et mi-lumière. Telle est Prudence, qui rarement se trompe. Forcément.

Publié dans Nantes

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Quelques voeux

Publié le par Carole

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    Au village, sur le mur d'affichage de la mairie, le temps se dépose lentement, couche après couche, en bouts d'affiches et de mémoire que délavent les pluies, qu'éteignent les soleils, que détachent les vents.
    On se contente de coller les papiers colorés les uns par dessus les autres sur le mur gris et fissuré, moisi de colle ancienne et rongé de lichens.
    C'est tout à fait comme dans la vie. C'est tout à fait comme dans nos coeurs. Espoirs et peines, misères et joies viennent à leur tour. On superpose, on recolle, et on laisse vieillir, aux pluies, aux soleils et aux vents, les mots qui passent et les maux qui s'effacent. Les couleurs peu à peu se ternissent, les paroles s'embrouillent aux lèvres qui se fanent, les promesses expirées s'effritent au vent qui vient. Parfois un moment de bonheur repeint le monde en jaune, en orange ou en bleu. Et depuis si longtemps on ne sait plus très bien, ni qui on est, ni ce qu'on voudrait dire.
    Mais, pour ce soir du 31 décembre, qu'il en soit, simplement, ainsi que le hasard, affiche après affiche, l'écrivit sur ce mur : A bas l'austérité ! que la fête villageoise revenue tourne en nos âmes grises la ronde de l'enfance, qu'une chance nouvelle nous soit donnée.
   Et que, sur le manège coloré de l'espérance, enfin s'envole, légère et apaisée, vers cette année nouvelle, notre âme colibri. 

Publié dans Le village : Selommes

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Caravelle

Publié le par Carole

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Parc du Petit Port -
 
Sur le blason de la ville vogue un petit trois-mâts vent arrière. Trois mâts qui penchent, trois voiles que gonfle la tempête, un navire rondement jeté sur l’océan, au bon vouloir de Neptune – Favet Neptunus eunti – .
Et des vagues hautes et belles comme des branchages, traçant sur l’océan de sinueux chemins d’hommes.
On dirait la caravelle de Christophe Colomb.
On ne peut faire plus simple.

Publié dans Nantes

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Discipline

Publié le par Carole

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Une petite plaque bleue, encadrée d'un filet blanc comme une plaque de rue, est vissée sur la coque de métal du Maillé-Brézé. Elle n'indique qu'un mot : "Discipline".

Pas d'autre direction, pas d'autre choix. Rien d'autre à nous dire. "Discipline".

Et lisant ce mot - "Discipline" - vissé là comme il est vissé sur tant de crânes humains, parmi les canons, les périscopes et les lance-torpilles, devant le Malafon paralysé, sur ce navire de guerre depuis longtemps défunt et embaumé de peinture grise, j'entends la voix de Maria Casarès dans l'Orphée de Jean Cocteau, la dure voix de la Mort houspillant Cégeste si tendre et maladroit : "J'exige une discipline de fer, comme sur un bateau."

 

Publié dans Nantes

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Obséquiosité

Publié le par Carole

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- Parc du Petit Port -

Qu'un arbre, né pour se dresser haut, et grandir compagnon des oiseaux et des astres, se laisse aller à poser genou à terre, à ramper comme un lierre, pour complaire à un très banal et sans doute provisoire réverbère, cela n'arrive pas que dans les jardins de la ville, si l'on y réfléchit un peu.

Publié dans Nantes

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Traverser les cours

Publié le par Carole

 

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 - Cours Saint-André, statue d'Olivier de Clisson -

Traverser les cours saint Pierre et saint André, c'est s'aventurer dans une étrange partie d'échecs.

Les pions de pierre blanchâtre sont posés chacun sur leur case, immobiles, hiératiques. Le roi au centre - Louis XVI - , la dame - Anne de Bretagne, et son unique cavalier - Arthur III -, les deux tours, intactes et hardies, la main sur le pommeau de l'épée - Du Guesclin, Olivier de Clisson. Ce sont les blancs, forcément. Les noirs, ce sont peut-être ces arbres aux branchages assombris de pluie et de cieux gris, plantés avec une régularité maniaque. A moins que ce ne soient ces soldats de 1870 misérables et vert-de-grisés, ou ces otages de 1942 tragiques et fusillés, pions de bronze pugnaces trempés dans l'eau des morts, qui montent la garde aux deux extrémités.

Et toi, passant égaré sur les cours, tu te sens toujours si inquiet, de ne pas savoir de qui tu es le fou. Que fais-tu là, perdu dans cette partie dont les calculs t'échappent ? Joues-tu pour les blancs ou pour les noirs ? Ou n'es-tu qu'un insecte qu'Ils ne prennent pas la peine de balayer du plateau sur lequel Ils se penchent ? Qu'attendent les Joueurs, depuis tant d'années, pour jouer le coup suivant ? Tu ne sais pas, tu ne sais rien, tu t'en vas au hasard, glissant sur l'échiquier de ton pas qui ne saurait pourtant peser, tu as toujours l'impression de déranger un ordre fragile, tu as toujours l'impression de ne pas être à ta place, de te tromper.

 Cours saint Pierre et saint André, tu ne te promènes jamais volontiers, tu passes toujours aussi rapidement que possible, cela te met si mal à l'aise de traverser cette partie interrompue, dans l'ombre de ces Muets d'en-haut, qui jouent, invisibles, à ne pas jouer.  

Publié dans Nantes

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Sagesse

Publié le par Carole Chollet-Buisson

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"FMR" a tagué d'innombrables murs dans la ville. C'est un tagueur exubérant, et pourtant modeste, qui se contente de poser partout ses trois lettres, et ne semble pas prétendre, comme beaucoup d'autres, à des exploits acrobatiques ou esthétiques.

J'aime bien ce nom qu'il s'est choisi et j'y vois en effet une forme de sagesse : le tagueur qui veut laisser partout sa marque, pour exister dans ce monde trop peuplé où les vies sont englouties, reste pourtant conscient que la trace disparaîtra, éphémère insecte aux ailes de peinture blanche, perdu dans la ville éphémère.

Posé sur un arbre, que j'ai photographié à la fin de l'été, au tournant gris de l'année, cet FMR un peu fatigué, et déjà délavé, qui semble glisser vers le sol - cela me semble la note juste, pour finir sagement ma série des Proverbes.

Publié dans Nantes

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Etre et entrer - Les lettres éteintes -

Publié le par Carole Chollet-Buisson

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Ce soir-là, au-dessus de la porte du Lieu unique, deux lettres étaient éteintes, si bien que le mot "être" apparaissait tout vif et brûlant dans le mot "entrée". Je n'avais jamais pensé à la parenté de ces deux mots. J'ai trouvé beau le bref message de ces lettres de néon vacillantes, qu'on réparerait dès le lendemain sans doute. 

Publié dans Nantes

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