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Pâquerettes (réédition revue)

Publié le par Carole

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Au lendemain du carnaval, quand tous les confettis, fleurs des fêtes d'un jour, jonchent le sol de leurs brassées défaites, les pâquerettes écrasées sous les pas se déplientdéfroissent un à un leurs pétales, remaquillent leurs collerettes. Se remettent debout. 
C'est qu'elles n'ont pas fini, ces patientes de Pâques, le long chemin qui conduit les saisons. C'est qu'elles sont en route, tranquilles pèlerines, vers tous les chants d'oiseaux.
 
Enfant, j'aimais cette vigueur modeste des pâquerettes, qui surgissaient du gel toutes minces élancées, pour parler du bonheur. A Pâques, chez mes grands-parents, dans le jardin de Guéret où nous passions les fêtes, elles poussaient dru dans les flaques de neige qu'avait laissées l'hiver. Je me souviens d'avoir cherché, dans l'herbe frottée de givre, de froids lapins enveloppés de papier d'aluminium, et bien des oeufs brillants tout tachetés de boue. M'accroupissant parmi les fleurs, fermière des promesses du monde, je les moissonnais pour entasser sur leur corps tous mes trésors précaires. Longtemps, je le savais, silencieuses et douces, elles garderaient ouverts leurs yeux dorés, comme autant de petits soleils, au fond de mon panier plein d'ombre.
 
Il me semblait que chacun de leurs pétales contenait un jour de ce printemps qui venait de renaître. Aussi je les effeuillais anxieusement pour savoir combien de temps il durerait encore. Jamais je ne trouvais assez de pétales, et je recommençais toujours. J'avais beau les cueillir par poignées, détruire impitoyablement la spirale parfaite de leur fraîche couronne, elles renaissaient sans cesse, sans un reproche, et celles que j'avais piétinées se redressaient toujours dans l'herbe, sans mot dire, pour que je les cueille, et les effeuille, et les piétine encore. Au soir, quand elles se refermaient, elles étaient toujours du même rose ardent et fragile que le ciel.
 
Mais il fallait quitter Guéret par des routes qui tournaient comme le temps. Quand je revenais aux grandes vacances, l'été brûlant avait séché les pâquerettes du jardin, et le vent les jetait aux insectes dans l'herbe crépitante, confettis tristes et fanés, rebut des fêtes du printemps.
 
Plus tard, j'ai appris que les pâquerettes n'ont en réalité pas de pétales, mais des dizaines de petites fleurs ligulées, entourant un coeur jaune lui-même composé de dizaines d'autres fleurs tubulées. Ainsi, chaque fleur capitule tourne au vent sur sa tige comme un bouquet minuscule et pourtant immense, composé de tant de fleurs jaunes et blanches qu'aucun enfant ne pourrait les compter.
 
Pourquoi, cependant, n'ai-je jamais pu trouver une pâquerette dont le coeur vivace aurait été piqué d'assez de fleurs à effeuiller
pour que rien ne se meure,
que le printemps dure à jamais,
au jardin disparu de Guéret ?

Publié dans Enfance

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L'autre son des cloches

Publié le par Carole

Louvain - Belgique - Un carillonneur interprète "Imagine" de Lennon

Il m'a rappelé le violoncelliste de Sarajevo, il y a vingt ans, jouant obstinément sous les tirs des snipers l'irréductible mélodie des hommes, ce carillonneur belge, venu sonner hier pour tous les morts et les vivants en deuil.
Quelques notes très grêles au-dessus de la ville. Quelques notes si faibles, juste au-dessus des larmes. Quelques notes fragiles assourdies par la nuit, pour sonner tout ensemble le glas des morts et les heures de l'espoir.
Je pense que John Lennon aurait aimé l'entendre, quand il est tombé sous les balles de son assassin, ce tintement léger dans la fureur du monde. Et peut-être l'a-t-il tout de même entendu, malgré tout, une dernière fois, dans les battements affaiblis - ailes de papillon brisées - de son coeur s'éteignant.
 
Quand la barbarie veut tout étouffer de cris et de sang, quand l'horreur veut nous priver de bonheur et de rêve pour installer son règne, c'est tellement peu de chose, et pourtant tellement nécessaire, de l'entendre encore résonner, si doux, si frêle, l'autre son des cloches : celui de l'humanité, fragile et incertaine, mais toujours, toujours, toujours là.

Publié dans Divers

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Marronniers

Publié le par Carole

Marronniers
Tout le monde les connaît, ces "marronniers", qui viennent, de temps à autre, dans nos journaux, éventer de quelques feuilles légères les encalminages fugitifs et les brèves accalmies de l'actualité
J'ai appris récemment que l'expression provient d'un vrai marronnier du jardin des Tuileries, un marronnier rose, qui avait prospéré, disait-on, sur le corps des gardes du roi massacrés, en 1792. Il avait l'habitude d'annoncer le printemps en fleurissant avant les autres, et, régulièrement, on en donnait de florissantes nouvelles dans les journaux. D'abord très ardents et chargés de messages politiques enflammés, peu à peu ces articles s'étaient apaisés, si bien qu'on ne les "sortait" plus à la fin qu'aux jours calmes, et que tous les lecteurs avaient fini par se prendre d'amour pour leur vieil arbre, de plus en plus pâle et délicat, et en cela semblable à tous les vieux marronniers de ce monde, qu'il avait fallu finalement abattre, après son dernier printemps, en 1913. On en avait replanté un autre, jeune et frais, bien sûr - un joli marronnier sans histoire... mais, de celui-là, nul n'a jamais eu de nouvelles. Il y avait, n'est-ce pas, bien d'autres choses à raconter, en 14...
Cela m'a laissée rêveuse.
Si seulement les "marronniers" avait pu l'emporter...
Je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer ce que serait un monde où nos journaux et nos écrans, au lieu de "couvrir", dans la terreur ou la fièvre, ces guerres et ces attentats, ces meurtres et ces scandales que chaque jour moissonne, n'auraient plus rien à faire, jamais, qu'à nous donner, en boucle et en détail, en exclusivité et en TNT, des nouvelles des marronniers roses et blancs, des cerisiers d'ici et de là-bas, des érables et des noisetiers, des violettes, des tulipes, du chant des merles et du retour des hirondelles. 
Un autre monde, vraiment, un autre monde.
Mais pouvons-nous encore rêver ?
 
Je ne sais pas, vraiment pas. Mais j'ai vu hier que nos grands marronniers du Cours Saint-Pierre ont, cette année encore, poussé hardiment, tendrement, vers un nouveau printemps, leurs douces fleurs nacrées, sous le corset relâché des bourgeons.
 

Publié dans Fables

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Par les cornes !

Publié le par Carole

Par les cornes !
L'un nous parant la viande, l'autre allongeant nos crins,
Artistes en magasin, poètes à leur façon,
Ces deux marchands malins s'étaient en bons voisins
Passé la bête à cornes et le bétail à laine
Pour le dire d'un sourire en manière d'unisson
Aux oisifs, aux passants qui bayaient aux corneilles :
 
" Cela ne suffit pas de peigner le bison,
La girafe, le buffle, le crincrin, le mouton,
Cela ne suffit pas, ne fait pas un destin.
C'est par les cornes qu'il faut les prendre et les tenir,
Les clients, les taureaux, le bonheur, l'avenir,
La chance et l'espérance, la fortune et la lune.
 
Par les cornes la vie !
Par les cornes, on vous dit ! "
 

Publié dans Fables

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ça va aller

Publié le par Carole

ça va aller

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Tout à l'heure, au centre commercial, je me suis acheté une paire de chaussures. En me tendant le ticket de caisse, la vendeuse m'a fait observer qu'il ne me servirait de toute façon pas à échanger l'article.
-Ah, pourquoi ?
-Le magasin va fermer.
Rien ne l'indiquait pourtant.
-Fermer ? Complètement ?
-Oui. Il n'existera plus.
J'ai dit, bêtement : - C'est dommage.
-Pour nos emplois surtout !
-Oh, je suis désolée... pour vous... !
-Vous inquiétez pas pour moi, ça va aller !
Elle a dit cela du même ton que ces grands malades qui, lorsqu'on leur demande de leurs nouvelles, n'en ayant que de terribles à donner, repoussent votre pitié -"Oh, ça ira, ne vous tourmentez pas pour moi, j'en ai vu d'autres ! "- parce qu'on n'a pitié que de ceux qui n'ont plus d'espoir, et que l'espoir est la dernière cheville retenant à la vie les corps qui se défont, celle qu'il ne faut jamais lâcher.
 
Il m'a semblé bizarrement sinistre, à la sortie de la boutique, le mannequin démonté de la vitrine d'à côté. Comme si ses tronçons ternis, rayés, usés, avaient attendu là, patients et obscurs, l'imprévisible choix du maître capricieux qui pouvait décider de les remonter en forme d'humains, ou de les renvoyer à l'entrepôt dans le panier à déchets.
 

Publié dans Fables

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Les reflets

Publié le par Carole

    De ses yeux fatigués, le vieux Yamagawa suit les reflets dorés que le soir nonchalant gaufre sur l’eau ridée. Une lune encore pâle y descend comme en barque vers l’ombre des montagnes, et sur le ventre noir des grands nuages gorgés de pluie qui se sèchent au soleil, les libellules infimes aiguisent les rayons de leurs ailes battantes.
    Le monde ressemble à ces reflets, pense-t-il, toujours neuf et si vieux, sombre et toujours lumineux, immense et minuscule. Le monde est comme la rivière, il s’écoule avec elle, et s’en va vers la mer, plus loin que l’horizon, mais s’en revient toujours avec la pluie, quand les nuages égouttent leurs filets sur la montagne qui se noie, et que les gouttelettes, haricots bleus du jour, rebondissent et ricochent – zaa zaa potsu potsu – pour tracer le sillon du temps qui recommence. [...]
 

suite du récit à lire sur mon blog de récits et nouvelles cheminderonde.wordpress.com

Publié dans Récits et nouvelles

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Escaliers

Publié le par Carole

A Toi, vieil escalier, que longtemps j'ai grimpé, de palier en palier, m'arrêtant pour souffler, ahanant d'illusions, aux obscures stations de mon humble calvaire.

A Toi, vieil escalier, que longtemps j'ai grimpé, de palier en palier, m'arrêtant pour souffler, ahanant d'illusions, aux obscures stations de mon humble calvaire.

 
Je viens de lire que des savants canadiens avaient formellement établi que grimper les escaliers était un moyen presque aussi sûr de rajeunir son cerveau que d'étudier. Eh oui... selon leur très savante étude, un savetier qui, sa vie durant, escaladerait en sifflotant son maudit escalier de bois vermoulu, jusqu'au petit studio du sixième sans ascenseur que la faiblesse de ses ressources l'a contraint de louer, au lieu de se prélasser dans l'ascenseur doré qui s'envole, impérial, du hall de marbre de son voisin financier, rajeunirait son cerveau de 0,58 années par ascension de deux étages quotidiennement entreprise, soit 3 fois o,58 années qui font 1,74 ans, tandis qu'un étudiant vieilli sous le harnais rajeunirait seulement le sien de 0,95 an à chaque redoublement.
Si vous avez, comme moi, l'esprit de l'escalier, vous voici déjà tout à fait étourdi, je m'en doute. Aussi j'arrête ici ma modeste tentative de rajeunir votre cerveau par les degrés de la multiplication et les spirales vertigineuses de la grammaire et de la fable...
 
Je me suis toujours demandé qui pouvait bien imaginer de monter, en guise d'escalier - ou d'ascenseur social peut-être ces recherches insolites et frivoles où l'on se penche avec minutie et passion sur  - je cite au hasard et dans le désordre - les effets salutaires des pépins de pamplemousse relativement à la santé des poumons, l'intérêt prééminent d'ouvrir trois fois par jour ses orteils en forme d'éventail pour maintenir l'équilibre de ses vertèbres, ou le nombre de grains de sésame - à moins que ce ne soit d'ellébore - qu'il est nécessaire d'absorber à la treizième bouchée de chaque repas pour éviter la dépression... Sans doute s'agit-il seulement d'augmenter les tirages de journaux essoufflés, courant l'article pour faire grimper leurs ventes.
 
Tout de même... au fond, cette histoire d'escaliers studieux... elle n'est pas si bête, cette fois, pas si bête...
 
Grimpez, étudiez...  allégez vos misères, oubliez vos lourdeurs, méprisez vos paresses. Et chaque jour cherchez, un peu plus haut, à l'étage du dessus, ou simplement à l'entresol, l'humble effort qui élève... Vers ce qui vous appelle, vers ce qui vous grandit, hissez-vous, avancez, et grimpez. Grimpez toujours, à petits sauts ou à bonds de chamois, de marche étroite en rocher vacillant, sans jamais vous lasser, grimpez... chaque jour posez-vous, ne serait-ce qu'un peu, ne serait-ce qu'à peine, au-dessus de ce que vous étiez la veille.
Au bout du compte, sur le dernier palier ou l'ultime sommet, je ne sais pas de combien d'années votre cerveau aura rajeuni, mais vous, vous,
vous serez enfin
devenu
vous-même.

 

Publié dans Fables

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Les ombres de Fukushima - réédition-

Publié le par Carole

    Comme je l'ai fait chaque année, je réédite pour ce 11 mars,  cinquième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le poème que j'avais écrit en 2011 à cette occasion.
 
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11 mars 2016 : cinquième anniversaire 
 
 
A Fukushima, où la mer a emporté tant de corps jamais retrouvés, sans urne, sans sépulture,
à Fukushima, où la mort monte comme une marée lente dans le corps des enfants irradiés,
à Fukushima, les ombres des disparus se posent comme des oiseaux tristes et doux, comme des oiseaux sombres, sur les ombres des vivants,
et ces ombres si courtes, si fragiles, face à la mer immense, face à la mort sans limites,
ces ombres minces et légères qui se pressent aux pieds des humbles silhouettes de là-bas,
s'allongent jusqu'à nous, s'allongent jusqu'ici.
 
Aujourd'hui, tandis que dans mon petit jardin
d'ici
se forment, aux branches encore glacées du cerisier, les premiers pétales blancs du printemps,
Dans chaque battement de mon coeur j'entends trembler la terre,
Dans chaque pulsation de mon pouls j'entends s'enfler la vague
de là-bas.

 

Publié dans Japonisme

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Le dimanche de la ville - réédition revue de l'article de 2012

Publié le par Carole

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    Ce petit Dimanche, ce jeune Roger, fils de Molière et de Raymond Queneau, je crois qu'il n'est pas tout à fait un enfant... je crois même qu'il est à l'origine de bien des pochoirs habiles qui ont orné nos murs ces dernières années. Oui, je le soupçonne fort d'avoir tenu le pinceau ou la bombe qui nous ont valu tant d'images insolites et de fantaisies heureuses, brièvement surgies dans cette ville, par les nuits les plus noires et les matins de pluie sans trève.
    Il ne ressemble en rien à ces "graffeurs" agressifs qui s'en prennent aux musées ou aux clôtures soignées des petits pavillons achetés à crédit. C'est un Pierrot qui se lève à la lune, un artiste modeste qui n'écrit que sur triste et ne peint que sur sale, pour semer dans les rues de brefs bouquets de fleurs murales ou d'oiseaux, en couvées de sourires où nidifie la vie.
 
                   Un oiseau dans la ville calvaire recadré 20-30.psd
 
    Je le remercie de nous offrir, à nous les provinciaux, à nous les gens de rien qu'étouffe le chiendent, loin de Rueil et des fleurs bleues du rêve, ses petiots Picasso sur panneaux, ses mignons Gauguin sur parpaing, et ses jolis Magritte sur rouille. 
    D'habiller en dimanche ce que nous avons de rues laides et de places oubliées, d'entrepôts sans fenêtres et de ghettos sans ciel.
    De se faire anonyme et léger, tout prêt à disparaître, Zazie du béton gris, sous les pluies qui l'effacent.
    Ne s'assignant d'autre tâche que de donner du prix à ce qui n'en a pas, des visages à nos ombres, et du temps à l'instant - rien qu'un instant, rien que pour rien.
Le dimanche de la ville - réédition revue de l'article de 2012
   Ainsi, c'est fait, sur ce blog de peu de prix et de peu de lecteurs, voué au présent fragile et bientôt à l'oubli, je te salue, Roger Dimanche, peintre flâneur, rôdeur de liberté, guetteur de petits riens, éveilleur de sourires. Je te tire en passant, moi aussi, mon chapeau, pour tant d'années passées en sa douce et discrète compagnie, par les rues grises de ma ville.
 
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Publié dans Nantes

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Le Dimanche de la vie

Publié le par Carole

Le Dimanche de la vie
"Les personnages de ce roman étant réels, toute ressemblance avec des individus imaginaires serait fortuite."
Raymond Queneau, Le Dimanche de la vie
 
 
 
Il y avait longtemps que je n'avais pas rencontré Roger Dimanche sur les murs de la ville. 
Nous étions un lundi, mais c'est toujours dimanche pour ceux qui montent aux palissades comme ils repeignent le pavé - et les mots rebattus. Il était revenu s'afficher rebel warholarty, sur une barricade aussi fleurie d'interdits que ces tristes filets où se débattent en coeurs mourants les ailes encore vives des papillons captifs.
Il était interdit strictement interdit de s'approcher de stationner de regarder d'explorer de stationner de regarder de s'approcher. Alors, évidemment, notre Dimanche de la ville avait collé, près de la grande affiche que j'avais vue de loin, une autre affiche étroite et grise, dont on ne pouvait lire les lettres minuscules qu'en s'approchant pour stationner, regarder, explorer... Passant rebelle, je me suis approchée - tout près - évidemment.
 
Le Dimanche de la vie

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Que faisaient-ils en 1907, nos ancêtres ouvriers et nos cousins dockers ? Ils rêvaient le dimanche au dimanche de la vie.
Que faisaient-ils le dimanche, nos ancêtres ouvriers et nos cousins dockers ? Ils rédigeaient des tracts, pour faire rêver la ville au dimanche de la vie.
Et le lundi, et le mardi, le mercredi et le jeudi, le vendredi, le samedi aussi, que faisaient-ils encore, nos ancêtres ouvriers et nos cousins dockers ? Ils réchauffaient leurs coeurs aux rêves du dimanche.
Tous ils rêvaient si fort du dimanche de nos vies, que leurs rêves peu à peu devenaient aussi vrais, clairs et ensoleillés, que des dimanches d'été 36.
 
Mais le chiendent tenace, mais le chiendent vorace, pourquoi faut-il toujours qu'il nous ronge la vie jusqu'au creux des dimanches ? Pourquoi faut-il toujours qu'il croche ses racines sur le terreau des rêves d'où s'envolent nos ailes ?
 
 
Ils gisaient gris éteints, sur cette affiche obscure, les rêves des anciens, 
comme papillons morts au fond de leurs filets,
quand les chasseurs de rêve ont compté leur récolte.
 
http://www.lemonde.fr/emploi/article/2016/02/19/droit-du-travail-des-journees-de-dix-heures-pour-les-mineurs-en-apprentissage_4868614_1698637.html
 

Publié dans Fables

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