Une larme de sèvesang

Publié le par Carole

arbre sève 1
 
 
Ils venaient de passer. Avec leurs instructions, leurs tronçonneuses, leurs certitudes.
Ils avaient scié tranché sectionné éradiqué la branche. Puisqu'elle gênait qu'elle dépassait qu'ils le savaient et que c'était si simple avec la tronçonneuse.
Ils étaient repartis aussitôt tronçonner taillader débiter la forêt rectifier la planète façonner l'univers à la mesure des hommes.
 
Il y avait eu d'abord ce silence qui succède toujours aux crimes.
Puis lentement sur la blessure ouverte avait roulé cette goutte.
Une goutte de sèvesang, échappée à ce dieu qui vivait dans cet arbre.
Une larme de sèvesang, versée sur la nature vaincue, 
et peut-être aussi sur les hommes.
Parce qu'ils sont si seuls.

 

Publié dans Fables

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A
Je ne m'y risquerais pas, mais vois-tu, la forme poétique qui est la tienne est bien plus efficace que mes coups de gueules. Chacun se souviendra de "la larme de sèvesang" quand on se rappellera de
mes colères, légendaires certes, mais pas de leur contenu.
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C


"Chacun se  souviendra...", là, tu ne dois pas parler sérieusement...


Quoi qu'il en soit je crois qu'il faut d'abord écrire comme on a envie d'écrire, et selon ce que le sujet nous "souffle". Ensuite, on arrange ça au mieux. Donc ne cherche pas forcément à comparer
ceci ou cela, écris ce que tu as à écrire comme tu as envie de la faire ! Ce que tu fais me plaît toujours beaucoup, et, justement, ce que j'aime c'est être surprise, que ce soit différent de ce
que j'aurais fait. Sinon, quel intérêt ?



F
que c'est triste de voir un arbre par terre, scié, déraciné
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N
La tronçonneuse est parfois moindre mal, à côté de la massacreuse qui torture les haies - vite fait, j'en ai la nausée.
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M
Je pleure moi aussi cet arbre qui tranché pleure sa sèvesang
...sang et sève étant je crois de même composition ?
Merci Carole pour ce moment de réflexion.
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A
Il faut préparer la belle saison. La Saint-Barthélemy de la nature est ouverte. Récalcitrante la nature ? Alors, il faut l'adapter à nos goûts, envies, besoins. Sait-on seulement qu'un arbre
respire, souffre, vie et meurt, à notre image. Une différence qui nous arrange : l'assassiné meurt humblement, soumis, sans un cri.
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C


C'est si étrange, que nous nous pensions autorisés à tailler le monde à notre image. Bientôt nous n'aurons plus que nous-mêmes à contempler.



K
Un texte plein d'émotion!

Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras;
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas;
Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur
...
Ronsard
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C


La forêt de Gâtines, Ronsard, c'est justement mon "paysage" natal.



D
Que d'émotion dans cette photo ! (émotion portée aussi par le titre). Juste un morceau de bois et un mot "sèvesang" (que tu as inventé j'imagine). Et ça me touche profondément.
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C


Oui, j'ai inventé le mot, mais il ne demandait qu'à l'être.



G
la sueur de la forêt
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C
Merci,Mreçu,Merci, Carole, de si bien écouter le pleur silencieux des arbres.
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M
Pourquoi est-ce justement quand elle nous quitte qu'on connait la valeur de la vie, de toute vie ?...
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A
Oui, je pense comme toi que les dieux pleurent sur les hommes qui sont si seuls...et j'ajouterai si bêtes!
et ils doivent aussi un peu pleurer sur moi qui sur un sujet identique ne sais pas le traduire aussi poétiquement que toi..
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C


Almanito, tu n'avais pas voulu faire un poème, ton article avait besoin d'être clair et précis, puisqu'il parlait d'un sujet précis. On ne peut pas parler de tout en poésie.



J
Le pauvre, mais cela sent si bon la sève perdue... merci Carole...
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