Un après-midi à la campagne

Publié le par Carole

     Du mérite ? oui, j’en ai eu, évidemment… Une chaire d’université, et une oeuvre, oui… ce qu’on appelle une oeuvre… ajoutons quelques prix prestigieux, la notoriété, peut-être même la célébrité… Un beau parcours, pour une fille de petits commerçants… mes parents auraient été fiers, comme vous dites, s’ils avaient vécu assez pour le voir. Alors, oui, c’est sans doute ce qu’on appelle réussir. Ce que j’aurais appelé réussir, autrefois, ce que j’aurais souhaité par-dessus tout. Mais, voyez-vous, l’âge nous éloigne de nous-mêmes, et fait de nous les juges les plus sévères de ce que nous avons été. Plus sévères, sans doute, qu’aucun Minos ne le sera jamais, au soir de la pesée des âmes, car nous n’oublions rien. A quoi a-t-elle tenu, au fond, ma réussite ? [...]
 
Suite du récit à lire sur mon blog de nouvelles cheminderonde.wordpress.com
 
 

 

Publié dans Récits et nouvelles

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A
J'ai eu mon adresse rue d'Entraigues, à une certaine époque, et comme je suis un peu Claudette...
Je jubile souvent en te lisant
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C


Je ne savais pas que tu étais un peu Claudette, ni d'ailleurs que tu avais habité rue d'Entraigues. Moi, c'est en inventant que je jubile.


Bises !



A
Je n'aimerais pas être à la place de ton héroïne qui avoue, longtemps après, cette histoire "cruelle" en effet. Mais n'avons-nous pas tous, sur le coeur, de ces lâchetés, de ces manques de courage
qui ne nous honorent pas?
Il est très beau ton texte, Carole? J'espère qu'un jour tu publieras tes nouvelles...
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F
commentaire laissé sur l'autre blog
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J
La seule question qui vaille: "Le petit garçon que j'étais, reconnaîtrait-il le vieux monsieur que je suis devenu?"
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C


On peut inverser les termes aussi, je crois. Mais si nous changeons, et devenons "autres", ne gardons-nous pas en nous pour toujours cet "autre" dont nous portons les fautes ?