Trace d'enfance

Publié le par Carole

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      Blois - Pont Gabriel - 9 mars 2014 - 17h35
 
 
De l'autre côté du pont, il y avait cette peluche abandonnée. L'enfant s'était arrêté là. Il s'était penché vers l'eau grise, ou bien quelqu'un l'avait tenu au dessus du parapet. Il avait vu le fleuve en crue, les hautes barres d'écume, les branches emportées par les courants énormes des eaux larges et tumultueuses, dans la violence et l'élan de cette fin d'hiver courant vers le printemps. Et saisi de surprise, d'effroi, d'admiration peut-être, l'enfant avait oublié sur la pierre son petit compagnon. 
C'est souvent ainsi. On lâche la main de l'enfance, parce que le fleuve est si rapide, le courant si puissant, si vaste le tumulte, qu'on ne peut s'empêcher d'avancer avec eux et de les suivre au loin. Après ? On reviendra peut-être, et peut-être on ne trouvera rien, plus rien, ou au contraire elle sera encore là, au bord du temps, à nous attendre, l'enfance – chétive et toute ternie, comme ces jouets tristes qu'on oublie, au soleil à la pluie, sur les vieux parapets.

 

Publié dans Blois

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Catheau 03/11/2014 18:58

On pense à Rimbaud avec cette enfance "aux anciens parapets".

.erato 18/03/2014 17:09

Tu as bien décrit le passage de l'enfance à la vie de " grand " ! Ce passage est différent pour chacun et parfois , grâce aux souvenirs , on refait le voyage inverse pour retrouver son "moi " .
La perte de cette peluche amie est souvent un drame.
Belle soirée Carole

Joëlle Colomar 17/03/2014 09:50

Merci Carole, cette histoire nous tend la main pour nous montrer le chemin et aller vers demain. Amitiés. Joëlle

emma 16/03/2014 18:41

enfant, ma petite soeur a perdu un jour une sandale blanche sur la plage - revenant la chercher après la marée, nous avons trouvé exactement celle qui manquait, mais en bleu, et le reste de l'été,
elle a porté des sandales de 2 couleurs- si tu as un tout petit près de toi, une histoire de doudou perdu ici http://www.youtube.com/watch?v=aIDzGOjofCE

Carole 17/03/2014 14:03



J'aime beaucoup cette histoire. Tu devrais en faire un récit.



michèle 16/03/2014 10:18

Presque tout peut t'inspirer un beau texte d'une belle écriture. Tu imagines, non, tu vois à travers les choses et les personnes.
Cette évocation d'un passage d'un âge à un autre est très émouvante.

flipperine 15/03/2014 23:56

bien souvent nous ne retrouvons plus les doudous des enfants il y en a qui les ramassent

zadddie 15/03/2014 23:33

le jour de prise de vue, j'entamais ma 36 ieme année..et effectivement il y a quelque chose d'irréversible..

Carole 15/03/2014 23:45



36 ans ! tu es jeune. Rien encore de vraiment "irréversible". Mais je suis contente d'avoir fait ce cliché le jour de ton anniversaire.



Gérard 15/03/2014 19:49

comme certains adultes qui abandonne leur chien sur le bord de la route

mansfield 15/03/2014 16:56

Retour vers le futur, comme tu illustres bien cette période de nos vies qui nous fait faire un bond dans le passé!

Nounedeb 15/03/2014 16:52

Quelle belle façon de nous conter comment, parfois, on sort de l'enfance un peu brutalement, et qu'elle n'est peut-être pas perdue à jamais.

dalva 15/03/2014 10:36

La peluche se confond avec la couleur du rocher. Est-ce une paluche caméléon ? C'est peut-être elle qui avait envie d'être abandonnée.
Très beau texte sur l'enfance.

jamadrou 15/03/2014 09:18

Un jour l'enfant heureux décide seul qu'il est devenu grand
alors il laisse son doudou au bord de sa rivière vie pour devenir navigateur explorateur...

jill bill 15/03/2014 08:55

Joli et pauvre enfant sans son doudou... il va le pleurer, perso la maison de ma jeunesse n'existe plus... Merci...

Martine 15/03/2014 08:19

Pauvre doudou oublié. Une petite âme déchirée au retour de la promenade.
Tu me fais penser à une girafe en plastique, oubliée elle aussi sur une table de pique-nique. Elle avait subi bien des pluies et des orages. Elle attend dans mes albums un petit retour à la
lumière.

Un parallèle qui m'a plu. merci Carole

;)

MARIE 15/03/2014 08:15

Cette peluche oubliée n'aidera plus à s'endormir, à oublier un chagrin... sera t elle seulement cause d'un gros chagrin ? Oui, je crois que les enfants ont encore cet attachement qui disparait
ensuite...

Anne-Marie 15/03/2014 08:13

L'enfance, un pays qui nous a laissé tant de souvenirs dont on ne se souvient pas....Passe-t-on notre vie à chercher nos doudous abandonnés?

almanito 15/03/2014 07:42

J'oubliais, j'aime beaucoup ta photo!

almanito 15/03/2014 07:41

Pas sur que le petit enfant ait envie de retrouver son jouet après avoir vu et suivi un peu, le cours du fleuve...restera un souvenir parmi d'autres car son enfance n'est pas terminée pour autant.

Carole 17/03/2014 23:53



Je ne sais pas. La peluche est restée là toute la soirée. Au moins.



Richard LEJEUNE 15/03/2014 07:24

Elle nous attend toujours, quelque part, l'enfance : la nôtre, au détour d'un souvenir, ou celle d'un Petit Prince qui vous rappelle : "N'oublie pas Papy, tu m'as promis que quand j'aurai 10 ans tu
m'emmènerais au Louvre voir les statues égyptiennes."

Et cette enfance-là se révèle bien plus précieuse que la nôtre, - qui n'est que mémoire -, parce qu'elle est ESPOIR ...

ADAMANTE 15/03/2014 00:51

J'ai toujours ressenti de la tristesse à voir ces jouets perdus. Il y a un nounours depuis plus d'un an, gisant dans un arbre devant chez moi. Soit il est tombé par une fenêtre soit il fut lancé
là, trop haut pour le rattraper, par un petit camarade indélicat. J'imagine les pleurs ! Peu le voient, car pour cela il faut regarder en l'air ou peut-être tout simplement regarder, ainsi que tu
le fais si bien.