Tirer l'été par sa chaise

Publié le par Carole

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Prendre sa vie par la main.
Tirer l'été par sa chaise.
 
Dans la cour de l'immeuble
installer son jardin.
Fermer les yeux pour voir.
Oublier le béton
et puis rêver longtemps
qu'on est parti là-bas.
 
Faire le mur des vacances
sur le bord de la route.
Du soleil dans les mains
et du bleu dans les yeux
se dire qu'on s'en va loin
quand on ne s'en va pas.
 
Et savoir qu'on n'a rien
et penser qu'on a tout
dans ce rond de jardin
que découpe la chaise
sur l'herbe rase et nue
qui s'endort au soleil.
 
Tirer le diable par l'été.
Prendre sa vie par le ciel.
 
 
 
 

 

Publié dans Fables

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L
Et puis "voyager n'est pas guérir son âme", disait Sénèque.
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G
au réveil d'un rêve, c'est souvent joie ou déception
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L
Vivre sa vie dans l'imaginaire, obstinément y croire, croire que l'été est dans la cour, devant la chaise, même si le béton le remplace. Enfant, j'ai vécu un peu cette étroitesse de cour enfermée,
et me suis envolée par le rêve.
Lorraine
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L
Une page touchante.
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M
Tout semble si beau dans ce rêve mais ... Parfois je me demande si le rêve n'est pas seulement le luxe de ceux qui ont appris à rêver. Et rêver ça prend du temps, c'est tout ce temps qu'un enfant
passe "à ne rien faire", ce temps que l'adolescent passe étendu sur son lit dans sa chambre les jours de pluie...
Celui dont l'horizon est barré par la nécessité de travailler à dix ans ... âge légale en Colombie ! je cite la Colombie parce qu'on en parle dans les journaux, mais ailleurs... celui là, saura
t-il rêver autre chose ? Et l'adolescent soldat, endoctriné pour tuer, à quoi ressemble ses rêves ?
En y réfléchissant bien, le mot RÊVE ne me fait plus rêver...
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C


C''est vrai. Et j'ai plutôt imaginé que la chaise avait été poussée là par "un vieux", ou "une vieille".


Dans les villages autrefois on s'asseyait ainsi l'été dans la rue et on parlait entre vieux voisins. Je pense que cela doit encore se faire dans certains pays (en Colombie, je ne sais pas). Mais
là, la chaise était toute seule...



E
"prendre sa vie par le ciel" c'est un peu la regarder avec des yeux d'enfant, c'est aussi la saupoudrer de poésie... Joli texte Carole ! :-)
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M
"Prendre sa vie par le ciel" me plait beaucoup comme expression...On oublie souvent le ciel, sauf quand il tombe en gouttelettes d'eau....s'inventer ses vacances sur une chaise,quel beau rêve en
tout cas....
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C


Merci Mireille. Il y a tant de gens qui ne partent pas "en vacances"... Mais il leur reste la "vacance" du rêve.



H
Prendre sa vie par le ciel...la formule est une envolée, il est vrai que l'on part dans ses pensées mieux qu'autrement,parce que le temps point ne nous presse ...
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C


Oui, la "vacance" plutôt que "les vacances".



N
Ronron!
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F
je ne connais que l'expression "vivre une vie de bâton de chaise" et ma foi, cette chaise semble mieux "assise" même si elle a un petit côté "rêveuse"!!BISOUS FAN
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C


Une bonne assise, cela reste l'essentiel, dans la vie. Merci Fan.



J
J'aime voir ce petit vieux changer de place avec le soleil. Il donne une âme à mon immeuble ! Tu as son frère pas loin semble-t-il ! Eux savent apprécier le peu que la vie leur offre ! Amitiés.
Joëlle
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C


Je pense que nous les rencontrons souvent, ces petits vieux qui changent leur chaise de place avec le soleil, et qui habitent l'été mieux que d'autres qui s'en vont loin (d'eux-mêmes ?).



A
Rêver met le voyage à portée de tous...
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C


Le rêve est déjà un voyage.



A
Elle semble un peu dérisoire, cette chaise et on peu les trouver dérisoires aussi, les rêves de ceux qui n'ont rien. Pourtant, ils sont bien plus riches que ceux qui partent "vraiment" à grands
frais: les rêves ne s'achètent pas.
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J
Il y manque un vieil homme seul:les brins d'herbe figurent les personnes, au loin. Beau texte sur le rêve qui, quel qu'il soit, finit toujours par s'atteindre...en rêve en tout cas.
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C


Il s'était sans doute absenté un moment, le vieil homme. Alors j'ai pris sa place le temps d'un poème.



J
Petite distraction pour celui qui ne part pas ailleurs, comme mouton de Panurges à l'été... ;-)
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