Impression d'hiver

Publié le par Carole

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Papillon des beaux jours écrasé par l'hiver, tu étais sous mes pas le mégot du bonheur, promis au caniveau.
Je n'ai pas voulu marcher sur ton corps, j'ai pris entre mes doigts ton cadavre léger, j'ai voulu le lancer, cerf-volant de l'été, au vent gris qui passait.
Mais tu es retombé, obstiné comme un mort.
Et la pluie de novembre a sangloté longtemps, vieille louve pleureuse, sur la ville glacée.
 

Publié dans Fables

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S
Bonsoir oh le pauvre papillon çà me rends un peu triste snif je te souhaite une tre sbonne soirée stéphanie
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C


Merci Stéphanie.



C
Il ne bat plus des ailes - pourquoi est-ce que me vient à l'esprit le haiku
"Le papillon bat des ailes
Comme s'il désespérait
De ce monde"
Il ne bat plus des ailes et c'est nous qui désespérons de ce monde
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C


C'était à la fois si surprenant qu'il ait pu résister si longtemps, et si triste de le voir mort, finalement, en ces jours glacés de novembre.



M
Rien ne peut redonner vie à ce que l'hiver a touché de sa main de glace...
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C


A moins qu'une chenille, au printemps, ne refasse son chemin dans les feuilles...



M
Pourquoi ne pas tenter de voir la beauté, la légèreté dans toute chose, un peu de gaîté, de bonheur, même si ça reste fugace, même si ce n'est que du vent....
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C


Il y aura le printemps. A chaque saison son âme, peut-être.



L
de beaux mots tristes de presqu'hiver
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C


Et un beau commentaire sur ce qu'on appelle le... cafard... Cafard d'hiver, en l'occurrence.



P
Si tu veux lire une histoire de papillons au péril de l'hiver : Dans la Lumière, de Barbara Kingsolver. Je le lis en ce moment et je me régale.
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C


Merci, Phil, pour ce conseil de lecture.



R
Ah ! cette dernière phrase ...

Il s'en fallut de peu qu'à l'instar de la première partie, la seconde fût un alexandrin ...

Mais cela n'obère nullement sa grande poésie.
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C


Rythme pair, avec une prédominance du balancement 6/6, et quelques assonances. Il ne s'agit pas de poésie versifiée, mais de poésie en prose, musicale sans rimes et sans rythmes codifiés (voir la
définition chez Baudelaire). Ou du moins d'un essai allant dans ce sens.



Z
Très evocateur..je le vois bien ce temps gris et froid..
Pour moi le printemps c'était dès le 21 decembre, c'etait la gestation....Courage..plus qu'un mois à tenir...( encore une fois selon ma conception des choses...
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C


C'est vrai aussi, on voit les bourgeons mûrir sous le givre.



H
Comme la chenille est devenue papillon, le papillon devient quelque chose de plus qui, cette fois, n'a pas besoin de couleur ni d'ailes, seulement un éclat de lumière. Et à chacun de ces éclats
sans nom, on peut imaginer le salut du papillon.

Hélène*
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C


Un papillon devenu ciel, en somme. Merci, Hélène.



A
Beaucoup de poésie dans ce texte court mais efficace...
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A
Le cerf volant en robe d'été n'a pas pu s'accommoder au vent d'hiver...
Ta dernière phrase a une force bouleversante.
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J
effet si triste
éphémère..
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J
Il a résisté tant qu'il a pu Carole... Merci pour lui !
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