Usure

Publié le par Carole

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    ... car à force d'aller dans le sens du vent, toujours au bon moment, toujours du bon côté, on s'use et on s'essouffle. Forcément. On a beau veiller au grain et retourner sa manche, il vient un soir où l'on ne vole plus aussi bien dans l'air du temps. On croit encore, au grand bal des girouettes, danser sous les tempêtes et s'enfler aux bourrasques, mais on ne tourne plus que sur soi-même, drapeau troué, haillon en berne. De suroît en noroît, de zéphyrs en soupirs, de concessions en désertions, lambeau après lambeau, comme la plume au vent, on y laisse ses ailes. Avant de retomber, ballon crevé, chiffon d'hier, dans le panier sans fond de l'éternel oubli.
 
    C'est curieux comme on vieillit plus vite, quand on a été trop longtemps dans le vent.

 

Publié dans Fables

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Cristophe 20/04/2014 07:21

Pour vivre mieux vieux vivons caché ?

Lorraine 15/04/2014 19:33

Non seulement les drapeaux mais les hommes qui s'essoufflent à danser dans le sens du vent, usent corps et âme, sans y penser, croyant toujours "être" ceux qu'ils furent . Et devenant pour ceux qui
les regardent, de pauvre pantins épuisés et ridicules, que l'on plaint ou dont on rit!

Lorraine

Cardamone 14/04/2014 23:41

Je ne sais plus qui a dit qu'être dans le vent c'était l'idéal des feuilles mortes...
Un très beau texte une fois de plus!

Carole 15/04/2014 00:17



J'aime beaucoup cette formule. Je ne la connaissais pas, merci, Cardamone !



Anne-Marie 14/04/2014 22:00

Il ne faut pas chercher à étre dans le vent, il faut, je crois, se laisser porter par lui,ne pas lui résister, accepter ses sautes d'humeur, ses instants de douceur et ses jours de tempête...

mansfield 14/04/2014 11:42

Comme quoi, il faut savoir s'abriter, hiberner, se recueillir, faire son introspection!

Jonas D. 14/04/2014 09:24

La vieillesse, dit-on est un lent naufrage. Pourtant Cervantès a écrit "Don Quichotte" à plus de 60 ans, Flaubert "Bouvart et Pécuchet" à 58. Quand on lit la fraîcheur intelligente de ton article,
on se dit que le vent a surtout la fonction de mener plus loin.
Jonas

Nounedeb 14/04/2014 06:50

La manche à air qui suit l'air du temps, n'a plus qu'à faire la manche, tandis que la girouette, qui en donne la direction, a encore de beaux jours...

Gérard 13/04/2014 21:55

pourtant être dans le vent c'est plutôt jeune

michèle 13/04/2014 18:56

Le vent change souvent de direction, le temps, non. Pas vrai?
Le texte est très beau, très bien tourné: ça c'est vrai!

flipperine 13/04/2014 17:13

aller tjs dans le sens c'est même fatiguant il faut parfois marcher plier, on reçoit toute la poussière dans les yeux le chemin de la vie est vraiment dur parfois

dominique 13/04/2014 12:01

Plaisir de lire qui n'est sans doute rien par rapport au plaisir d'écrire. J'aime beaucoup.

emma 13/04/2014 10:42

et autant en emporte le vent... pareil pour ceux qui vont dans le sens de ou inverse... quel pessimisme, Carole, il y a aussi les cerfs qui volent ou encore les fabricants de manches qui rognent
sur la qualité ou bien ou bien...

almanito 13/04/2014 09:06

Est-ce une bonne idée aussi de suivre le vent?
S'efforcer d'aller contre le vent est certainement plus ardu mais le chemin est tellement plus joli...

Alain 13/04/2014 08:15

Pour ne pas avoir suivi le sens du vent et osé côtoyer le roi soleil, Icare s'est brûlé les ailes avant de sombrer dans la mer. Si l'on veut vieillir tranquillement, ne vaut-il pas mieux suivre sa
propre route, celle que l'on connaît, et ainsi s'user lentement. Choix de vie... Icare a peut-être raison ?

nadia-vraie 13/04/2014 05:51

Bonjour carole,

Ton court texte en dit beaucoup.

C'est le temps d'une vie et il use vite.

Bonne journée et à bientôt.

zadddie 13/04/2014 01:12

je ne sais plus comment dire que j'aime ce que tu écris...

ADAMANTE 13/04/2014 00:57

Eh oui, le vent ça déssèche la peau, étire les fibres ! Sourire du soir.

jill bill 13/04/2014 00:50

Je souris à la dernière phrase, évitons alors, bon dimanche Carole....