Un tour de promenade

Publié le par Carole

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J'ai découvert une maison nommée "La Promenade". En pleine ville, une maison étroite et sans terrain, qui pourtant nous invite, après avoir poussé la porte, à musarder un peu, à flâner avec elle, à faire tranquillement, à petits pas, dans son jardin secret, un tour de promenade. Et sur les ferronneries délicates, l'invitation semble se prolonger, sinuer comme les racines des arbres, fleurir comme un parterre, se dérouler comme un escargot sous la pluie.
 
A vous qui entrez ici, j'ai envie de dire moi aussi : venez en promeneurs. Derrière la porte toujours ouverte, vous ne trouverez pas de murs, pas de pièces aux murs clos. Vous ne rencontrerez que des chemins, de tout petits chemins, juste de quoi faire avec moi un tour de promenade. Des chemins qui ne vont nulle part et des chemins qui mènent où on n'aurait pas cru aller, des chemins de traverse et des chemins qui se détournent, des chemins creux pleins d'ombre, des bouts de route ensoleillés, des sentes mal frayées, des lacets de montagne au printemps, des sentiers glissants d'automne, et, surtout, des pistes inconnues qu'il vous faudra tracer tout seuls, quand je vous laisserai.
 
Et, puisque vous êtes encore là, sur le seuil, à écouter, que vous n'avez pas encore regagné la grand'route passante, j'aimerais vous dire autre chose encore : n'entrez jamais, jamais, dans un lieu où l'on ne vous laisserait pas faire librement, du pas qui est le vôtre, un tour de promenade.
Détournez-vous des existences closes, fuyez les murs et oubliez les certitudes, mâchoires de l'habitude, qui se ferment sur vous.
Ne suivez pas non plus les routes droites qui vont vite. Car on ne va de l'avant que lorsqu'on va sans savoir où, se retournant souvent, et se cherchant toujours, de parcours en détour, de chemin en sentier.
Et celui qui s'en va tout droit, entre les murs de la raison, celui qui s'en va vite, sur les voies que d'autres ont tracées pour lui, celui qui marche sans prendre le temps de s'égarer, de se perdre et de se retrouver, ferait-il le tour de la terre, jamais n'ira plus loin que son point de départ.

Publié dans Fables

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Hauteclaire 26/03/2012 02:53

Bonsoir Carole,
une porte et des mots qui incitent à la flânerie et à un temps de réflexion.
Alors je me faufile, et suivant mon habitude, je marche le nez en l'air pour découvrir
Amitiés

Carole Chollet-Buisson 26/03/2012 12:10



Merci pour ce "tour de promenade" amical !



eva 25/03/2012 17:36

Très joli texte pour une photo insolite ! Insolite car enfin, il faut bien le reconnaître, les portes sont rarement grandes ouvertes !...

Carole Chollet-Buisson 25/03/2012 18:07



Cela dépend : les portes des blogs sont largement ouvertes... !



Nounedeb 25/03/2012 15:53

Et tu sais, par tes tours et détours, rencontrer l'imprévu. Tu en fais un miel dont nous nous régalons.

Carole Chollet-Buisson 25/03/2012 18:25



Merci, Nounedeb, pour ces paroles qui m'incitent à butiner encore.


 



adamante 25/03/2012 12:14

Voilà un texte d'une grande sagesse, un chemin à suivre en parcourant les courbes.

Carole Chollet-Buisson 25/03/2012 18:24



la courbe est ce qui nous emmène le plus loin - et toi, tu le sais bien.



Gérard Méry 24/03/2012 22:57

çà devient un privilège de pousser une porte ..tellement de gens sans le demander se font mettre à la porte....et ont ainsi tout le temps pour la promenade...et ainsi de repousser une porte qui
s'offre à eux.

Carole Chollet-Buisson 24/03/2012 23:49



Mais la "promenade" intérieure, si elle s'approfondit, ne nous replie pas sur nous-mêmes, et  peut aussi nous rendre plus attentifs aux "portes" que les autres laissent ouvertes.


 



MARIE 24/03/2012 21:59

Tu nous invites à une journée portes ouvertes en quelque sorte ;)

http://t-photographe.over-blog.com/article-journee-portes-ouvertes-97277821.html

Carole Chollet-Buisson 24/03/2012 22:13



Merci pour le lien, Marie : c'est bien d'une telle "journée portes ouvertes" qu'il s'agit en effet...


Carole