Porte repeinte

Publié le par Carole

porte repeinte
 
C'était très abîmé. tout cassé. Si brutal. Inquiétant.
On a cloué trois planches. Ça se voyait vraiment.
On s'est dit : "Bon. On va repeindre."
On s'en doutait, que ça ne masquerait pas grand chose, que ça s'abîmerait beaucoup, que ça irait de moche en pire, et de pire en bien pire. Après.
Mais on s'est dit : "Après ? qu'est-ce que ça fait, après ? Du moment qu'aujourd'hui on repeint. Qu'on a l'air d'être là, d'avoir fait quelque chose."
Bon. Je vous dis ça. J'ai l'air de parler d'une porte. Et je me doute bien que vous vous doutez.

 

Publié dans Fables

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Gérard 14/02/2015 22:16

En tout cas elle est unique

mansfield 07/02/2015 17:09

Comme tout ce qui s'use et qu'on retape afin de repartir un peu... plus loin...encore...

Quichottine 06/02/2015 10:49

C'est vrai que c'est le plus important...
Tout le temps. :)
Merci, Carole.
Passe une douce journée.

Jonas D. 06/02/2015 08:38

Peut-être qu'avec une couche de plus... Amitiés. Jonas

Catheau 06/02/2015 07:48

Sous mon porche, il y a aussi un très vieux portail, très beau dans sa vieillesse, très imposant, d'un beau rouge syrien. Il bringuebale de plus en plus sous l'effet du vent et de la pluie. Nous ne
savons comment le réparer : nous n'allons quand même pas l'automatiser...

zadddie 05/02/2015 20:04

c'est bien aussi, de lire les commentaires, on passe parfois à cote de beaucoup...

Carole 05/02/2015 21:46



Oui, c'est amusant, aujourd'hui, comme tout le monde veut la "défendre", cette pauvre porte mal "retapée". C'est qu'elle nous ressemble... nous préférons tous les "petits replâtrages", comme
quelqu'un l'a dit. Et faire semblant, se faire croire à peu de frais que tout est oublié, réparé, reparti, c'est si facile... une tentation quotidienne...



adamante 05/02/2015 19:03

Je regarde cette porte comme on peut regarder parfois un visage sous un maquillage qui rehausse encore les dégâts et lui donne un air si pathétique que cela vous arrache un soupir.
Ce monde ne nous arrache-t-il pas tant de soupirs ?

D'un autre côté, à la fiac... n'y a-t-il pas là, un cou sans tête, un sein, ce pourrait être le début ou la fin d'un tronc (au choix) qui se dessine dans le creux ?

Carole 05/02/2015 21:43



J'adore ton commentaire, Adamante ! Merci.



michèle 05/02/2015 18:16

Ce qui ne fait pas sérieux c'est mon emploi du mot "joli" ou lieu de "beau" ou "esthétique". De plus quand on n'a pas les moyens de rénover un endroit on le peut le rendre supportable et même
agréable en lui donnant un autre éclairage, une autre couleur, non?

Carole 05/02/2015 21:37



Si, j'ai pris le commentaire au sérieux (bien sûr). Je voulais juste faire remarquer que pour moi la "porte" ouvrait vers autre chose. Mais tu as raison, on peut aussi se contenter de
l'apparence, c'est un choix qu'on peut faire. Chacun répond à sa façon aux petites questions morales que posent mes "fables".



Nounedeb 05/02/2015 18:15

Une belle vieille porte, avec sa poignée et son loquet. Peut-être a-t-on voulu la faire durer encore?

Carole 05/02/2015 21:39



Alors il aurait fallu remplacer cinq planches complètes, et non clouer trois bouts de bois derrière.


Mais "faire durer" plutôt que "réparer", c'est une forme de choix, en effet.


Je voyais en cette humble porte une image de notre humanité qui "fait avec" mais perpétue ses problèmes sans avoir la force de s'y attaquer.



michèle 05/02/2015 16:24

Pour moi si ça fait joli ça me suffit. Cela dit (écrit) hors tout réflexion philosophique: l'apparence c le look et le look c'est l'esthétique.

Carole 05/02/2015 18:02



Faire "joli"... hum, non, se méfier de ce qui fait joli, voilà ma devise. Mais je suis un esprit "stoïcien", et c'est un peu démodé, je le reconnais. Sinon, est-ce que j'écrirais des "fables" ?



hamza 05/02/2015 16:16

Quelle porte dites donc ? cela vous a donné du fils à retordre mais j'estime qu'il ne s'agit pas d'un travail bien fait. Je pense qu'il s'agit du bricolage ou d'une réparation sommaire. A mon
humble avis et pour éviter toute intrusion je conseillerais une porte métallique bien faite, solide d'un blindage sans faille et qui fera barrage aux intrus, à ceux dont on ne veut pas qu'ils
pénètrent. Cependant avant d'installer la porte, il est conseillé de faire un ménage de fond en comble à l'intérieur mais ce sera difficile et le doute subsistera.

Carole 05/02/2015 17:59



Hamza, on voit que vous êtes un perfectionniste. C'est bien ce que je voulais dire : l'homme sincère fait en sorte que la "porte" soit refaite et améliorée, mais la plupart se contentent de trois
planches et d'un piceau.
Et, comme je n'ai écrit, il ne s'agit pas seulement, pas vraiment des "portes" : il en va ainsi de tous nos problèmes. Il faut du courage pour les traiter de façon approfondie. Et ce courage est
rare (je ne prétends pas du reste en avoir plus que les autres).



JC 05/02/2015 15:59

Faire comme si rien ne s'était passé. C'est si fréquent et si dévastateur, car les cicatrices sont là et bien là. Amitiés. Joëlle

Carole 05/02/2015 21:47



Oui, je crois aussi que c'est dévastateur.



flipperine 05/02/2015 12:02

c'est qu'une porte ça coûte cher aussi alors on répare du mieux qu'on peut

Aloysia_Martine 05/02/2015 11:29

Qu'est-ce que le monde, sinon un replâtrage perpétuel ? De quoi nous plaindrons-nous qui vivons cela perpétuellement en nous-mêmes ?!

Carole 05/02/2015 12:18



Très juste ! 



X 05/02/2015 10:57

Je m'adresse plutôt au précédent commentateur. J'ai eu autrefois, dans le pays classé le plus pauvre de la planète, des élèves riches (il y en avait quelques-uns) qui lacéraient leurs jeans selon
la mode de l'époque tandis que la plupart de leurs compatriotes auraient donné dix ans de leur vie pour un pantalon sans trou. Car parfois, les trous montraient plus de chair que le tissu n'en
recouvrait. J'ai tenté de parler avec les élèves concernés et n'ai obtenu aucun résultat. Ils tenaient à leurs déchirures et à leurs trous.
Les pires violences ont peut-être des histoires de trous pour origine, des trous impossibles à rafistoler... Vous avez vu le rafistolage, tout le monde ne le voit pas. Le trou est en effet très
violent.

Carole 05/02/2015 11:28



Tout à fait d'accord : des trous, des béances.



Aredius 05/02/2015 09:50

Mériterait d'être dans un musée des arts !
Je vois bien ça dans notre Musée des Beaux Arts qui a perdu son "Beaux". Nantes, une ville qui évite toute discrimination !

Le beau quelle idée réactionnaire !

J'aime bien aussi la mode dans les pays riches comme le notre. Je peux voir tous les jours des demoiselles avec des godasses - le chic, des brodequins tout neufs, dont elles ont enlevé les lacets,
des frocs déchirés. Le comble de l'insulte à la pauvreté !
En même temps dans certains quartiers nantais, de plus en plus de jeunes femmes toutes de noir vêtues, dont on ne voit que les yeux et la bouche. Extra pour captiver l'attention des hommes. Et les
grands-mères de ces jeunes femmes qui n'ont qu'un foulard sur la tête comme les nôtres qui "ne sortaient pas en cheveux".

Carole 05/02/2015 10:30



Oui, dans mon village aussi les femmes avaient des foulards. On disait des "fichus" à l'époque.


D'accord aussi en partie avec vous pour ce musée des Arts, de toute façon fermé pour ce qui semble être l'éternité, et "voilé" quant à lui de gros plastique opaque - Mais qui, je l'espère,
héritera tout de même (un jour...) de la collection  des "beaux-arts".


Sinon, ma fable "politique" a un sens très très large. Finalement je crois qu'elle peut s'appliquer à tous les "problèmes" que notre société met sous le tapis ou traite par la
"com", au choix.



oups 05/02/2015 09:27

Sapristi...on dirait que le grand méchant loup a martelé de toutes ses forces....mais il y a l'air d'y avoir toujours des habitants...puisqu'ils ont "réparé"....:-)

Carole 05/02/2015 21:47



Il y est allé à la hache, je crois. Mais je n'en sais pas plus.



Richard LEJEUNE 05/02/2015 09:03

Assorti d'un titre tel que : "Critique de la raison pratique", ce pourrait très bien être un Magritte !

Carole 05/02/2015 21:47



Je retiens l'idée !



jill bill 05/02/2015 08:39

Si c'est une porte d'entrée je la change, si c'est celle d'une remise au jardin... et qu'on soit sentimental... ou paresseux ;-)

Carole 05/02/2015 10:38



Oui, bien sûr. Mais ni le sentimentalisme ni la paresse ne sont bons conseillers... Et mon texte est une "fable".



Martine 05/02/2015 07:41

Un peu de repeint... montre que l'on est là, que cette porte n'est pas abandonnée. On s'en soucie.
Donc, tout est bien
;)

Carole 05/02/2015 21:48



Tout n'est pas bien. Mais c'est sans doute mieux que rien.



almanito 05/02/2015 06:46

Faire semblant "pour avoir l'air", jouer le jeu encore une fois sans plus vraiment y croire...

Carole 05/02/2015 10:31



Oui, c'est ça. Mais la réalité tape à coups de bélier.