Oubliez l'argent ?

Publié le par Carole

oubliez-l-argent.psd.jpg
 
    Sur le conseil d'un "aminaute", j'avais ouvert cette vidéo. La conférence, brève, ne manquait certes pas d'intérêt, et je dois dire que j'étais tout à fait d'accord avec Alan Watts pour décider d'oublier l'argent...
    Mais ce qui a attiré mon attention, c'est plutôt "l'annonce Google" qui l'accompagnait. Vous connaissez, évidemment, ces publicités aléatoires et invasives qui se mêlent à tous les services "gratuits" que nous utilisons sur internet ? Un proverbe tout récent, mais qui, à n'en pas douter, est destiné à s'inscrire durablement dans la sagesse des nations, en résume le fonctionnement avec beaucoup de clarté : "Si un produit est gratuit, c'est que c'est vous qui êtes le produit"...
    Ainsi, Google peut tranquillement m'affirmer, à la fois que l'argent peut être oublié, et que rien n'est plus simple et nécessaire que de souscrire un crédit... et le défunt Alan Watts peut me démontrer depuis l'au-delà, avec beaucoup de sagesse, que l'argent n'a aucune importance, en recourant aux services de Google, qui, par amour de l'argent, autant que de la parole des sages, vend le temps de passage de sa vidéo à une société financière qui...
     ... où je veux en venir ?
   A ceci : après des siècles de civilisation marchande, l'argent, voyez-vous, est tellement inhérent aux échanges humains que, même pour en contester la valeur - mot que, remarquez-le bien, il n'est plus possible d'utiliser sans double sens - il faut recourir à des échanges fondés sur l'argent, et qui nécessairement, directement ou, plus souvent, indirectement, nous parlent d'argent, nous le rendent nécessaire... Le conseil que nous donne Alan Watts, "oubliez l'argent", n'est donc sage qu'en apparence, car il est tout simplement impossible d'oublier l'argent - ou alors on ne l'oublie que comme un malade, parfois, criant et se révoltant à la manière des bien-portants, oublie le cancer qui le ronge et les soubresauts de ses entrailles.
     J'irai plus loin encore, au risque de vous ennuyer ou de vous terrifier, je ne sais : s'il arrive qu'un mal nous soit assez lourd, assez terrible pour qu'il nous semble n'avoir d'autre choix que de prendre la parole et de le dénoncer, de nous révolter ou de nous indigner, c'est, à n'en pas douter, que ce mal s'est déjà si profondément enraciné en nous qu'il n'est plus séparable de notre corps malade, qu'il est devenu nous-même - car avant d'en arriver à ce stade, nous n'en souffrons pas vraiment, n'est-ce pas ? - Alors les mots, les cris, tous les moyens absurdes par lesquels nous voudrions arracher de nous ce mal ne font plus que le nourrir, puisqu'ils procèdent de lui...
    -... suffit... ! Et que proposez-vous, alors ? 
    -Rien, évidemment. Sinon peut-être de méditer cette maxime en lame de scalpel qu'on doit, cette fois, à Einstein, et qui va trop profond pour reposer un jour dans les annales de la sagesse des nations - cette ruse de l'humaine déraison - :
     "On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré".
 
     Et, depuis cet étrange laboratoire où on le laisse baigner dans l'alcool, coupé en fines lamelles, depuis des décennies, je le vois se plisser de rire, - ou peut-être se tremper de larmes - le cerveau génial du vieil Albert. Car comment changer de "modes de pensée", il s'est bien gardé de nous l'expliquer...

Publié dans Fables

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
MARCHAND AMBULANT HIER, ET AUJOURD'HUI JE SUIS À LA TÊTE DE PLUSIEURS
BOUTIQUES DE PRÊT À PORTER
Je suis Abdoul Samadou, 29 ans un jeune commerçant ambulant a Yamoussoukro
qui a toujours cru en lui et à ses ambitions cela ma poussé a fait la découverte
du grand Maître MEDAR qui ma aider a devenir l’un des plus grands commerçants de mon pays.
Avant j'était marchand ambulant dans les rues de Yamoussoukro.
Ce n’était vraiment pas facile de marcher à longueur de journée pour pouvoir vendre ses produits.
Il y avait des jours avec et des jours sans. je pouvait rester plusieurs jours sans vendre un seul vêtement.
j’ai pu connaître le vrai bonheur dans ma vie avec le portefeuille magnétique multiplicateur d’argent qu’il m’a fait.
Aujourd'hui je suis à la tête d’une grande chaîne de boutique
de prêt à porter qu’on peu remarquer un peu partout sur les rues de Yamoussoukro.
Comme quoi il suffit juste de croire et d’être muni d’un désir ardent et d’une tension constante de réussir.
Je tiens vraiment à fait ce témoignage pour le remercier;il intervient aussi dans beaucoup de domaine.
Contacts du Grand Maître MEDAR
Adresse électronique : princemedar@gmail.com
Appel et Whatsapp : +22996883650
Répondre
A
Oublier l'argent? ..je ne sais pas.
Au moins pouvons nous essayer de nous en détacher, car au fond, la question est pouvons nous être heureux sans argent.
Ou avec moins, beaucoup moins d'argent.
Il m'est arrivé au cours de ma vie d'avoir faim et de manquer de tout. J'aurais pu facilement m'en sortir grace à des "perches tendues" mais qui auraient aliéné ma liberté...
Je n'ai pas saisi ces perches, j'ai certainement ramé plus que je n'aurais dû, mais aujourd'hui, je suis riche de ma dignité et de ma liberté.
Voilà, je crois qu'on ne peut pas vivre sans argent mais que nous pouvons faire l'effort de nous en détacher et de ne pas nous laisser acheter!
Ma vision est sans doute simpliste par rapport à la question, mais essayer de vivre, chacun, avec d'autres valeurs que l'argent serait déjà un petit pas accompli vers un monde plus humain.
Répondre
C


Je pense aussi que nous pouvons apprendre à nous en détacher - à cet égard l'expérience de la pauvreté est en effet une épreuve décisive, menant à savoir qui l'on est vraiment. Mais un fait reste
évident, quelque position personnelle que nous puissions prendre : l'argent "infuse" désormais (et c'est finalement relativement récent dans l'histoire humaine), toute notre organisation sociale,
tous les rapports sociaux se mesurent à l'argent ou en argent. Et son règne s'étend même sur ceux qui, pour le refuser, doivent lutter contre lui ou s'isoler pour s'en protéger. Une "puissance
occupante", en somme, ou un "cancer". D'autres univers sociaux existeront, mais nous, aujourd'hui, sommes aux prises avec celui-là. Quant à savoir ce qui est le plus "humain" ? Tout est humain,
vices et vertus, non ? Je pense que tu voulais dire "plus humaniste", mais, sachant que capitalisme et humanisme sont nés au même moment historique, et sont issus des mêmes données
socio-économiques, j'aurais tendance à ranger simplement les humanistes dans la catégorie de ceux qui luttent contre le mal, et à ne mettre en eux qu'un espoir limité... Un monde vraiment autre
serait donc bien celui qui, encore inaccessible, "oublierait" l'argent.



V
C'est tout à fait vrai ! Oublier l'argent, dans nos sociétés, est aussi suicidaire que d'oublier de respirer... La seule chose que l'on puisse faire, c'est tenter de diminuer l'anxiété qui s'y mêle
; mais même là, demandez à un asthmatique d'oublier qu'il peine à respirer, cela risque d'être difficile !
Répondre
C


Hélas, oui, nous sommes tous des asmathiques... 



J
Nous sommes pris là dans une toile d'araignée épouvantable que l'homme s'est chargé lui-même de tisser ! Amitiés. Joëlle
Répondre
C


Oui, pas de prisonnier mieux enfermé que celui qui s'est enfermé lui-même. Merci, Joëlle.



C
Bonjour Carole,
C'est une analyse d'une profondeur inouïe, un vertige incisif, d'une glaçante lucidité et c'est passionnant en tous points. Que voyons-nous dans le miroir si ce n'est le "monstre" en nous qui n'a
cessé de prospérer?

Tout nous ramène à l'argent. Est-ce encore illusoire de lutter? J'ose croire que non.

De l'argent je n'en ai pas, ma maladie a dévoré tout ce que j'avais, je suis loin d'être la seule dans ce cas mais je pose un regard très "relatif" sur la matérialité. Je me réjouis quand j'ai
enfin pu payer mon Loyer, EDG GDF et quand je peux manger et aider, avec quelques miettes données de bon coeur, des personnes qui en ont encore moins que moi. Mon unique luxe est la facture
Internet. Nous sommes nombreux à vivre cela, à faire des "merveilles" avec des petits bouts de rien.

Alors ce fabuleux exposé me passionne car il me renvoie à l'Hydre Société et à l'Homme qui nourrit la bête, sa bête intérieure avec ce qui le détruit.

Et comment s'en dissocier à présent?

Je dirais que j'ai oublié l'argent puisqu'il m'a oubliée et que les flux monétaires qui "passent" par mon porte-monnaie y demeurent s'y brièvement que je n'ai pas le temps de les voir...

Je m'inquiète encore plus pour des "aminautes" sous le seuil de pauvreté, ayant récupéré un ordinateur de bric et de broc, vieille machine qui fait oeuvre de vaillance en fonctionnant sur un réseau
incertain mais la vie continue de se dérouler...

Merci Carole pour ce texte magnifique, j'ai dû m'éloigner du sujet à un moment ou à un autre et j'en suis désolée.
Excellente journée, amitiés
Cendrine
Répondre
C


Cendrine, je n'ai pas la réponse. Je sais seulement que "là est la question", pour nous tous, riches, pauvres, ou juste "moyens". Peut-être sera-t-elle un jour tranchée comme le noeud gordien...



M
Bonjour Carole, votre texte est fort incisif et j'en ai aimé les lueurs brutales. La solution reste dans la réflexion,cette distance nécessaire qui n'est jamais vaine et qui si elle prend appui sur
un esprit aussi logique qu'inventif comme celui d'Einstein peut révolutionner notre vision de l'univers.
Très belle journée.
Répondre
C


Oui, mais je me disais, en cette heure de pessimisme, que même la raison était comme un instrument faussé, devant les problèmes majeurs (la place donnée à l'argent n'étant que l'un d'eux).



M
Je viens d'apprendre qu'Einstein était autiste Asperger et je me demande si cette particularité ne lui a pas donné les moyens d'analyser finement notre société, d'en être tout en s'en retranchant,
de toujours laisser une distance salvatrice entre lui et le monde. Alors l'argent bien sûr, tant qu'il permet une vie décente et ne devient pas un corrupteur. J'ai beaucoup apprécié ton analyse
Carole.
Répondre
C


Tu as appris cela dans le documentaire sur l'autisme qui vient de passer à la télé ? Je regrette de ne pas l'avoir regardé.



J
Bonjour Carole, oublier que l'on vit grâce à lui... Mais tout nous le rappelle... en vrai en virtuel, pas de mort décente sans le sou non plus... Vaste sujet que voilà...Le fric c'est chic mon
pauvre Albert ! Merci...
Répondre
C


Plus rien à faire, j'en ai peur... le fric, c'est le hic.



R
Ce texte, d'une effrayante mais si exacte lucidité, nous entraîne loin, très loin même de la poésie, de "votre" poésie ...


Mais ce type d'incisive réflexion mérite aussi que nous nous y attardions.
Répondre
C


Je n'écris pas que de la poésie, loin s'en faut...


Mais il est vrai que sur le blog je ne publie que rarement les "autres" textes - c'est plus "dur", à tous les sens du terme.