Opéra

Publié le par Carole

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    Il y avait eu tempête au panneau d'affichage. Tout s'était retourné, découpé, recollé. On aurait vraiment cru un collage de Prévert, faisant son cirque dans la rue sur un air de Chagall. 
   Avec ce mot, Opéra, comme un mégot farceur, comme un sourire aux lèvres, sous le nez en pirouette... C'était peut-être l'opéra du vent et de la pluie, de la terre inondée sous la lune obscurcie. Ou bien l'opérette en goguette du hasard qui nous guette.
   Le temps change sans fin les têtes d'affiches, on le sait bien. Visages après visages claquent au vent de renommée dans les voiles des jours.
 
   Mais l'artiste, c'est celui qui toujours continue. Le clown se meurt, le clown est mort? Qu'importe, il s'en revient toujours. Comment donc pourrait-il mourir, puisque nous conservons son beau brin de  sourire au nid de nos chansons ? Puisque nous emportons un peu de son regard dans nos yeux de passants,
   nos yeux lavés au bleu de son esprit de fantaisie,
   nos yeux semés au grain de sa douce folie,
   nos yeux multipliés comme le pain de poésie.
 
 

Publié dans Fables

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C
Un écorché au vent des éléments, regard hypnotique qui entre en nous comme la valse du hasard ou pas...
Une observation toujours magistrale, merci Carole.
Cendrine
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M
Dire que les intempéries collaborent avec les artistes dans un beau travail de création!
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Z
Belle prise!
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C


Toujours sur mon parking...



G
Tu me fais un plaisir immense en postant Les clowns de Giani Esposito, je connais depuis longtemps ce chanteur/acteur mort trop jeune. J'ai une version des clowns par le merveilleuse chanteuse
grecque Angélique Ionatos.
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C


Merci de m'indiquer cette interprétation que je ne connais pas. 



T
Une voie ouverte sur la culture, la voix de l'homme...
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C


et de voix en voie, nous y parviendrons...



F
Un pauvre petit clown et quelques spectateurs!! Une chanson qui me fait toujours penser au cinéma italien des années 50!! je suis ravie que cette affiche te l'ai remise en mémoire et inspirée
quelques lignes de poésie adéquates!! BISOUS FAN
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C


Oui, un petit côté Fellini chez Giani Esposito, je suis d'accord avec toi.



N
Ce pain qu'il est si bon de dévorer, de toutes les façons...
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C


Le corps du monde !



A
Bonjour Carole,
Ce serait un très beau collage, c'est une belle œuvre éphémère que tu as bien fait de capturer. Ainsi nous emportons nous aussi un peu de ce regard dans nos yeux en passant par chez toi.
Mais plus je l'observe et plus je me demande si ce n'est pas un tableau, suspendu au mur d'une exposition. C'est de l'art.
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C


L'art du temps, peut-être. Et quand je suis repassée, tout avait disparu. 



M
Plus que l'artiste dont les lambeaux de visage finiront par s'envoler au vent joli, c'est l'opéra de la vie qui se perpétue, me semble-t-il, sous l'empilement de papiers trempés, mâchouillés par la
bourrasque, malaxés par le temps et rendus à leur essence première de fibres sans âge ni fonction. Mais c'est joliment dit.
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C


Oui, c'est un texte à lire en diptique avec "Un Dimanche dans la ville", celui de dimanche dernier.



A
Bien sûr qu'ils ne meurent pas, les artistes, la preuve, tu as rencontré Prévert en te promenant et il t'a donné des mots et des images repeints à sa fantaisie!
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C


J'ai eu l'impression que c'était lui qui était venu redessiner le panneau. Et pourquoi pas, après tout ?



J
Défiguré par le vent cet écorché qui laisse voir la pub d'avant... Tjs bien présenté comme d'habitude... Merci, jill
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C


Merci Jill. Bonne fin de dimanche.