La Houzée

Publié le par Carole

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Ce que beaucoup ne savent pas, même parmi ceux qui vivent au village, c'est la fraîcheur de l'eau, au creux de la vallée, loin des champs de blé dur et des silos de béton, dans les herbes et les feuilles, sur les reflets et sur la boue, là où la rivière s'enracine.
C'est un fouillis de sources et de petits ruisseaux, un nid tissé de filets d'eau légère et murmurante, où elle hésite et balbutie, cherchant sa route sur la terre, dans l'incertain labyrinthe de toute naissance.
Interrogeant les pierres, les massettes et les saules, elle écoute le monde pour en suivre la pente. C'est ainsi, peu à peu, qu'elle devient elle-même, la Houzée au doux nom de rosée, et qu'elle s'en va enfin, serpent irisé et joyeux, dans les prés et les bois, vers le Loir tout là-bas, qui s'en va vers la Loire, qui s'en va vers la mer, qui s'en va vers la lune, qui s'en va vers la terre, qui s'en va dans le monde, qui s'en va dans son cercle...
J'aime aller à La Source, auprès du vieux lavoir, puis, marchant dans les champs, derrière le petit pont, la voir naître sans fin en ses affluents innombrables, danser comme la vie sur le fil du hasard, hésiter, tournoyer, tracer sa route aux sillons de boue verte et de cresson bleuté, avant de s'en aller sur la pente éternelle, sur l'unique chemin de son destin d'eau calme. A chaque motte, à chaque arbre accordée, miroir du ciel et des branches qui rêvent, et pourtant, toujours libre, dessinant elle-même la voie qui va plus loin.
Je voudrais tant, je voudrais tant lui ressembler.

Publié dans Le village : Selommes

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C
Comme la source, vous "écoute[z] le monde" et vous invitez à l'écouter.
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C


Je l'espère... mais c'est tellement difficile, d'écouter vraiment... si souvent, on n'entend que le bruit de son propre coeur...



L
J'ai aussi,dans le coeur et dans la tête, une source d'autrefois, qui me subjuguait, enfant.J'en suivait le chant entremélé de chants d'oiseaux, je découvrais le ruisseau, le lavoir...toutes ces
images me reviennent en te lisant.Merci pour ce moment de bonheur.
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C


Merci, Lorraine. Je crois que toutes les "sources" se ressemblent.



M
Dans tes mots, c'est le murmure de la source...
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C


Merci, Miche. A bientôt.



E
que c'est beau, ton trou de verdure où chante une rivière...
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C


Le frais cresson bleu y pousse vraiment dans les haillons d'argent de l'eau. Et le mort qui y dort est le passé disparu.



Z
grâce à toi, je l'entends chantonner, cette source...
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C


Et sa voix est très douce, très claire dans le temps qui passe.


Je ne l'entends plus guère, et pourtant je l'entends sans cesse au fond de ma mémoire.



G
çà parait couler de source de que tu racontes si bien..frais comme la rosée du matin
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C


Merci, Gérard, à bientôt.



P
Etre libre comme l'eau vive, de contourner les obstacles, de choisir son chemin,d'accomplir son destin ... un rêve que nous poursuivons, une quête continue, un chemin de vie .
Merci Carole, bisous,
Plume .
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C


Une quête, cela me semble le mot juste. Merci, Plume.



J
Bonsoir Carole, j'ai en mémoire une chanson de Isabelle Aubret, la source... Lui ressembler, ma foi tu lui ressemble bien un peu Carole... Tu vas ça et là au gré de tes balades, le coeur content...
merci !
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C


Je pense connaître la chanson, mais je ne m'en souviens pas bien... je vais chercher cela.


Merci.



H
Sans début ni finalité, la source sans cesse renouvelle sa liberté.
Y tendre c'est déjà y ressembler.

Hélène*
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C


C'est du moins un début.


Merci, Hélène.