Midi à Bordeaux en juillet

Publié le par Carole

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"Au réveil il était midi" (Rimbaud, "Aube")
 
 
C'était en juillet. Il était midi à Bordeaux. Les pendules marquaient dans la ville l'heure immobile et limpide de l'été, des vacances insouciantes et de la liberté. Partout la grande aiguille avait dans son élan joyeux recouvert la petite, dessinant au cadran la flèche unique et droite qui devait arrêter le temps, et l'épingler au ciel comme un beau papillon.

Maintenant qu'est venu l'automne, que Bordeaux est si loin, et qu'il fait soir en nous, quelle heure est-il aux horloges affolées, aux montres haletantes ?
On ne peut arrêter les aiguilles au cadran qui se rouille dans nos coeurs qui s'épuisent.
Et les heures dissipées tournent en rond dans nos mémoires et nos vies tictacantes, insectes agaçants qui se cognent au verre et bourdonnent au bord des vitres assombries, sans jamais retrouver cette pure lumière qui les fit naître - qu'on appelle bonheur.

Publié dans Fables

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véronique41 24/09/2012 07:52

coucou
je connais bien Bordeaux, j'ai habité la bas plus de 30 ans
bisous et merci pour ta visite

Carole 24/09/2012 13:05



C'est une belle ville. J'y suis passée pendant les vacances.



Catheau 18/09/2012 08:32

"La treizième revient, c'est toujours la première". Nerval croyait à un temps cyclique. Merci, Carole, pour ce bel instant de temps arrêté.

zadddie 18/09/2012 01:52

"tictactantes"...je retiendrai : )

Gérard Méry 18/09/2012 00:44

de fil en aiguille l'heure tourne

MARIE 17/09/2012 23:28

Étrange ces pendules identiques et syncro... chez moi, aucune ne dit la même heure, comme une négation de ce décompte des heures, du temps qui passe, compte à rebours du temps qui reste...

Hélène Carle 17/09/2012 22:58

Midi, le temps joint ses aiguilles pour contenir l'instant.

Hélène*

mansfield 17/09/2012 22:24

Midi l'heure du zénith et de de la plénitude, tout autre instant ne peut qu'indiquer l'amorce d'un déclin! Un rappel touchant de la destinée de Rimbaud.

valdy 17/09/2012 21:22

Le tintement de vos phrases me ravit. Que vous ayez choisi Rimbaud plutôt que Proust, Baudelaire ou Ronsard signe la fulgurance belle et joyeuse de cet été là.
Valdy

Suzâme 17/09/2012 19:55

De belles horloges ont résisté au mauvais sort imposés par les hommes, ont défié avec fierté les guerres, ont sonné le temps des usines, des salles à manger de nos grands parents lorsqu'on a la
cinquantaine et maintenant est-ce le temps ou les horlogers qui manquent à l'humanité? Ton texte qui questionne profondément. Suzâme

le Pierrot 17/09/2012 16:56

Une belle nostalgie Carole, tes mots sont beaux...bise et bonne fin d'après midi.

jill-bill.over-blog.com 17/09/2012 14:42

Bonjour Carole... L'heure à laquelle j'aimerai mourir, midi ou minuit, elle indique le ciel et son paradis... Clin de jill à ta réflexion du jour...