Nuages

Publié le par Carole

 ciel-du-25-mai-2013.jpg
 
 
    Cette année, mai fait ce qu'il lui plaît, mai ne veut pas être joli, mai ne veut pas être poli.
    Artiste morose insatisfait, il peint et il repeint le ciel en camaïeux échevelés de gris. Démiurge sauvage, il dessine à grands traits tout là-haut les rudes cartes d'un monde déchiré où montagnes et banquises, gouffres et océans l'emportent sur les plaines. Terra incognita, terra nova, rudement hérissée, sombre, agitée, confuse et toujours nouvelle.
    Je voudrais le maudire, ce vieux sorcier de mai qui nous refuse le printemps pour tourner dans le froid, revêtu de sa peau de mars, humant la tempête et secouant la pluie, modelant dans la glaise engrisonnée du ciel des paysages tortueux, des créatures bizarres, des rêves tourmentés...
    Mais voilà qu'elles me reviennent, ces paroles de Baudelaire, voilà que je me souviens :
    "- Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
    - J'aime les nuages... les nuages qui passent, là-bas, là-bas...  les merveilleux nuages..."
    Aimer la douceur bleue du ciel, le lisse et le joli, ce n'est rien. C'est aimer les nuages, les âpres, les étranges, les fous, les fugitifs, les merveilleux nuages, qui nous mène plus loin.

Publié dans Fables

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N
Bonsoir Carole !
Cela fait bien longtemps que je n'ai pas pu passer, j'espère que tu vas bien :)
Ton texte est si vrai, c'est facile d'aimer la perfection !

Bises, bon week-end :)
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C


Merci, Naïs, moi aussi je m'étais absentée des blogs. A bientôt je l'espère.



Z
un article a disparu...ça me semble être une bonne nouvelle ça...
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C


Bonjour Zadddie ! Je vais sûrement monter un autre blog, mais ce sera très différent. Je vais essayer de reprendre mes visites, mais pour l'instant je suis "surbookée".



J
Oui Carole, je me plais à le répéter : rien de plus ennuyeux qu'un ciel bleu. Le nuage est un artiste qui, par sa nonchalance donne cette lumière étonnante sur le monde. Belle citation de M.
Baudelaire qui ramène à Sagan pour "Les merveilleux nuages".
Jonas
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C


Un grand artiste, oui, aux capacités créatrices infinies ! Merci, Jonas.



M
Bonjour Carole,
J'étais lectrice récente de ton blog mais tu sais, je pense, combien j'ai apprécié tant la sensibilité de ta plume que la pertinence et l'originalité de ton regard. Merci pour tout ce que tu as
apporté à tes lecteurs et à moi-même. Je ne doute pas que tes raisons d'interrompre soient impérieuses. Si tu publies, j'aimerais également être informée. Je t'envoie plein d'ondes positives.
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C


Merci Mamilouve. Je pense que je vais monter un autre blog, du moins j'y travaille actuellement ! J'informerai mes abonnés. 18 mois sur un même blog, tu verras, c'est long. Il faut un peu changer
parfois... A bientôt, je reprendrai mes visites quand je serai un peu plus "posée".



C
J'aime les nuages les nuages qui passent... mais hélas, ton blog et sa douce et fine profondeur, j'aurais aimé qu'il reste! Préviens-nous si tu publies! Je te souhaite tout le meilleur qu'on puisse
te souhaiter! Prends bien soin de toi!
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C


Merci, Cardamone. Pour l'instant, je réfléchis, comme je l'ai écrit dans mon dernier article, je pense qu'après 18 mois consacrés à cette activité, cette réflexion est nécessaire. Il est possible
que j'ouvre un nouveau blog, au contenu différent. Je rédigerai plus tard une newsletter à mes lecteurs pour les tenir informés.



H
Merci de cette réponse qui laisse une place à l'espoir. Bonne soirée.
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H
Bonjour Carole , c'est dommage d'arrêter. Cela accentue ma mélancolie de ce printemps si étrange. J'espère que le blog sera quand même sans volets totalement clos. Qui sait ?
Bien amicalement.
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C


Merci pour ce message, Hécate, je ne ferme pas vraiment le blog, je le mets en attente, avant de prendre une décision.



M
Bonjour Carole, je comprends qu'on arrête pour une période plus ou moins longue ou très longue. Pour se ressourcer, comme on dit maintenant, mais ce serait bien que le blog reste dans la sphère des
blogs/blogues, qu'on puisse relire ce qu'on n'a encore lu ou relire certains passages. Tout supprimer d'un clic serait vraiment dommage. Bonne continuation de tes travaux littéraires, Carole!
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C


Merci pour ce message, Michèle. je ne ferme pas le blog, mais pour l'instant je ne l'alimente plus. 



Q
Je viens de lire ton dernier billet... je suis triste, mais je sais que tu as des raisons que je ne peux discuter.

Le temps est court et je voudrais seulement que tu notes dans un coin que si tu publies un jour, même en auto-édition, même seulement pour toi, une anthologie des textes publiés ici, je serais
heureuse de pouvoir me la procurer.

Je te laisse mon adresse dans mes commentaires ("afficher toutes les informations" lorsque tu réponds dans ton administration)... alors, n'oublie pas.

Je sais que je n'étais sûrement pas dans les plus assidus de tes lecteurs, mais chaque fois que j'ai pu passer du temps ici pour tourner les pages que tu nous offrais, je l'ai fait.

Prends bien soin de toi, Carole.
Et surtout, même si ce n'est pas ici, continue à écrire.
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C


Merci, Quichottine. Je t'enverrai les albums du blog quand je les aurai faits imprimer. c'est l'un de mes projets en effet, je vais y travailler.


Tes encouragements me sont précieux, et je pense te retrouver sur ton blog au moins de temps à autre. 



C
Bonsoir Carole,
Je suis fort émue par ton "départ", je ne trouve pas vraiment les mots... Je viens de lire à voix haute, à mon mari, ton merveilleux texte sur les nuages et ton dernier billet. Je suis triste, je
te l'avoue mais c'est ton chemin, merci pour tout ce que tu as apporté à tes lecteurs, pour la qualité de ton travail et la sensibilité si aiguisée de ta plume. Je te souhaite beaucoup de bonheur
et j'espère avoir de tes nouvelles, si possible, de temps en temps.
En tous cas, tes mots resteront dans mon coeur.
GROS BISOUS
Cendrine
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C


Chère Cendrine, je te remercie de ce message si touchant. J'avais bien des raisons d'arrêter, hélas ! Peut-être recommencerai-je un autre blog plus tard, sur d'autres bases cette fois, je ne sais
pas encore. Je ne t'oublierai pas et te rendrai encore visite quand je le pourrai.


 



C
le temps du blog va très vite et parfois nous fait trébucher. En tous cas on espère te croiser comme ça de temps en temps pour le fun comme on dit !
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C


Merci les cafards !



V
Bonsoir Carole ! Dommage qu'on ne puisse te mettre de commentaire sur l'article "ultime"... Oui, il est vrai que l'on pensait un peu que tu n'arrêterais plus. mais les meilleures choses ont une
fin, et ton dernier texte n'est pas moins élégant et émouvant que les précédents. Quant à la photographie, félicitations encore cette fois... Bonne continuation et peut-être à un jour prochain ?
Martine.
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C


Merci Valentine, je rendrai encore visite à mes "aminautes", et, qui sait, je reprendrai peut-être le blog... Je ne sais pas encore, comme je l'ai écrit. J'ai préféré éviter les commentaires pour
le dernier article car il faut que je réfléchisse calmement à mes projets, ce n'est pas simple d'arrêter quelque chose qu'on aimait bien.



J
Oups que lis-je Carole sur ton billet de ce 27 mai.... J'ai découvert et lu bien des choses chez toi... en douée de la photo et des mots que je ne pourrais t'oublier... si d'aventure tu fermes ce
blog... Merci !! Bises de jill
Répondre
C


Merci Jill, pour ces mots si chaleureux !



M
J'aime tes billets.. ton regard sur ta ville, sur les autres m'ont appris beaucoup..Je viens de lire ton dernier billet, qui me rend triste. Je te souhaite une bonne santé.. et d'autres activités
qui pourront te donner d'autres joies.
Je t'embrasse de tout coeur.
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C


Merci Jeanne, je t'embrasse moi aussi.



J
Je ne sais où déposer mon commentaire. Sache Carole que je vais regretter sincèrement tes regards curieux sur le monde qui nous entoure, mais aussi cette belle philosophie de vie dont tu nous
distillais patiemment quelques enseignements. Je souhaite que ta route soit parsemée de belles rencontres et de grandes joies. Bien amicalement. Joëlle
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C


Merci Joëlle. Il fallait bien que cela finisse.



Q
J'aime ce moment que tu nous offres... et qu'il est beau ce poème que tu cites...

C'est vrai, ils peuvent être magnifiques nos nuages, même gris.
Merci pour ce petit coin de ciel bleu. :)
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J
Ces nuages de la vie qui nous apprennent tant et nous font grandir. Bon dimanche Carole. Amitiés. Joëlle
Répondre
C
Un mai de brume et d'eau, monde changeant qui a revêtu son domino de nuages, au bal masqué de l'hiver et du printemps...
Ta plume est magnifique, cela ne change pas!
Je te souhaite une belle fête des mamans, excellent dimanche, amitiés
Cendrine
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G
Quel temps pourri ..des coups à sans rue mai !!!
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M
Ces merveilleux nuages que Sagan décrivaient aussi ont ce côté léger et capricieux d'une saison qui ne se prend pas au sérieux!
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C


Oui, mais j'ai une préférence pour Baudelaire, tout de même.



V
Oui, c'est cela : quand le ciel est trop chargé, on ne les voit pas "passer" ; c'est ce que je voulais dire.
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C


Oui, c'est vrai.



N
C'est vrai qu'on manque de beau temps, de chaleur.
Mais la beauté d'un ciel de vent, nuageux, changeant - un ciel vivant. Je veux bien être une étrangère...
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V
Oh ! Carole, splendide ! Moi qui rêvais de pouvoir photographier ces extraordinaires gouffres de nuages que l'on voit en ce moment, je n'aurais pas su écrire ce que tu as écrit, et qui est pourtant
l'exacte vérité... A part la citation de Baudelaire qui, comme je la ressens, ne se réfère qu'aux jolis cumulus isolés du beau temps, que l'on peu suivre du regard couché dans l'herbe, et non à ces
énormités de nimbostratus pluvieux que l'on subit actuellement.
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C


Je ne crois pas, pour Baudelaire, qu'il s'agisse d'un type de nuages ou d'un autre (mais bien sûr aucun él"ment dans le poème en prose très bref ne permet de décider, et l'interprétation reste
extrêmement libre) : je crois  (je dis bien crois, car je ne sais pas) que ce qui est important c'est "qui passent", c'est-à-dire qui échappe, qui surprend et
défie notre raison, nos habitudes. C'est aussi ce que je voulais dire avec "ce vieux sorcier de mai" remodelant le monde en forme de carte mouvante et inconfortable.



A
Eugène Boudin, "le roi des ciels", actuellement exposé à Paris, n'aurait pu trouver des mots plus poétiques pour, comme il disait : "arriver aux tendresses des nuages".
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C


Merci pour cette belle référence à Boudin, à laquelle je n'avais pas pensée... Elle est parfaite !



J
Aimer le gris et les nuages
pour savoir dire bonjour au soleil.
Carole je te souhaite un bon dimanche avec du soleil dans ton coeur.
Jamadrou
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C
"Levez-vous vite, orages désirés..."Un mai romantique...
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C


Oui, mais j'ai bien voulu parler des "nuages" plutôt que des "orages", c'est-à-dire d'une beauté changeante, tourmentée, toujours inattendue, imprévisible.



A
Les ciels nuageux, les ciels capricieux, composent de bien jolies photos, de bien jolis tableaux et sous ta plume d'écume, de bien jolis mots...
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J
Bonjour Carole... Mai font son ciména... Un singe en hiver.... et il n'est rien d'autre à faire que de le subir et l'écrire... merci !
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H
Aimer ce mai qui peut-être s'est laissé influencer par ce monde et exprime ce qu'il a absorbé, qui sait?
Et puis il fait du collage, des petits bouts de ciel bleu ici, là des morceaux de soleil et des bandes de gris, des stries de pluie.

Hélène*
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