Les veines de l'arbre

Publié le par Carole

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Dans ce parc on avait dessiné en rouge très vif, pour l'instruction des passants, le parcours des racines du vieil arbre.
Sur le sol gris, dans l'herbe verte, s'étirait un fouillis sinueux de traits pourpres, un réseau compliqué d'artères, de veines et de veinules courant sur les pelouses, se croisant aux fleurs des parterres, s'égarant parmi les fourrés, ressurgissant au soleil des allées. 
Au pied de l'arbre de bois et de feuilles, un labyrinthe de racines illuminées, un immense arbre de sang palpitant, redessinaient l'espace aux couleurs de la vie jaillissante et multipliée.
C'était aussi beau que ces écorchés debout comme des fontaines, somptueusement nus, habillés de leurs seuls vaisseaux sanguins, un gros coeur rouge à la boutonnière, sur les pages blanches de mon livre de sciences, autrefois.
 
Arbres, il me plaît de penser qu'un même sang court dans vos veines et dans les miennes.
Qu'une même marée claire et tiède monte et reflue sans trève, d'un bord à l'autre de la vie.
Et qu'une même sève, sur terre et sous la terre, fait battre le coeur unique de tous les vivants.

Publié dans Fables

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A
Il y a de la vie d'un volcan dans cette image, il y a de la vie, du sang, "je suis arbre, je suis terre et racines..." Tardieu (ABC de notre vie).
Merci Carole pour ce témoignage et ce clin d'œil à Anne.
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C


Tu as bien reconnu le "clin d'oeil à Anne - mais un clin d'oeil très sérieux - comme le croisement de deux regards.



E
Ces racines comme nos veines qui véhiculent la vie , le savoir , et la beauté. Regarde comme l'écorce est belle, travaillée , expressive , chaleureuse .Elle donne envie d'une caresse . Belle
journée Carole
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C


Tu as raison, Erato, il faudra aussi que nous écrivions sur l'écorce. C'est peut-être toi qui commenceras ?



A
Je suis très touchée par ton geste, Carole. Merci ! Anne
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C


Anne, je te dois tant...



A
Ses racines se démultiplient pour mieux entendre. Son écorce n'attend qu'une main posée pour dévoiler sa sève et tout se murmure. Parce qu'il est là, l'arbre, apparemment impassible mais qui
écoute, accueille et dévoile, apaise.
Merci, Carole, pour cette belle page que tu lui offres.
Anne
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C


Et que je t'offre, Anne.



N
Les arbres ont à coup sûr quelque chose d'animal. Leur écorce comme une peau. J'aime toucher le tronc de mon figuier, le tapoter comme si c'était la patte d'un éléphant.
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C


C'est tout à fait cela, Nounedeb, c'est très animal et très humain aussi (donc), un arbre.



Z
je me demandais si je l'avais commenté hier, ce texte, comme un sourire songeur me traîne sur le visage....:"C'était aussi beau que [...] autrefois."..
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C


Les écorchés, tu veux dire ? Ces images me faisaient peur et me fascinaient aussi : mais ce qu'elles représentent, c'est bien le jaillissement de la vie. C'est pourquoi j'ai écrit que "c'était
beau".



G
Je partage ta réflexion sur le sang commun de l'arbre et nous, ne dit-on pas pas l'arbre vit.
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C


Et c'est certain : il vit.



J
Vous qui me reliez à la terre et au ciel, vous qui écoutez en silence mes secrets, vous qui balayez dans le vent mes peines, arbres je vous aime. Merci Carole et belle journée à toi.
PS: merci pour es si gentils mots concernant mon expo. Cela me touche.
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C


Merci, Joëlle, pour ce poème qui s'accorde bien à mes pensées.



N
Tu as raison, les arbres sont comme nous, j'adore regarder les arbres, les toucher, les sentir....
Bon vendredi, bizz
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C


Merci, NanyFran, et bonne journée à toi aussi !



J
Bonsoir Carole... Sève, sang c'est du pareil au même, elle nous tient en vie sur cette terre, pour l'arbre ce sang s'endort à l'automne la différence avec nous... Bonne nuit poétesse... jill Bizz
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C


Merci, Jill.