Les ombres de Fukushima - réédition-

Publié le par Carole

    Comme je l'ai fait chaque année, je réédite pour ce 11 mars,  cinquième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le poème que j'avais écrit en 2011 à cette occasion.
 
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11 mars 2016 : cinquième anniversaire 
 
 
A Fukushima, où la mer a emporté tant de corps jamais retrouvés, sans urne, sans sépulture,
à Fukushima, où la mort monte comme une marée lente dans le corps des enfants irradiés,
à Fukushima, les ombres des disparus se posent comme des oiseaux tristes et doux, comme des oiseaux sombres, sur les ombres des vivants,
et ces ombres si courtes, si fragiles, face à la mer immense, face à la mort sans limites,
ces ombres minces et légères qui se pressent aux pieds des humbles silhouettes de là-bas,
s'allongent jusqu'à nous, s'allongent jusqu'ici.
 
Aujourd'hui, tandis que dans mon petit jardin
d'ici
se forment, aux branches encore glacées du cerisier, les premiers pétales blancs du printemps,
Dans chaque battement de mon coeur j'entends trembler la terre,
Dans chaque pulsation de mon pouls j'entends s'enfler la vague
de là-bas.

 

Publié dans Japonisme

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N
Emotion.
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F
Texte beau et poignant
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J
Nulle part sur terre nous sommes à l'abri des catastrophes et autres conditions climatiques... pour qui a subit ou subira jamais il n'oubliera... alors que les cieux nous en préservent !
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A
Je regardais justement hier des images de désolation des villes qui ont malgré le courage des Japonais beaucoup de mal à se relever. Impossible de ne pas se sentir proche de ces personnes. Le temps ne passe plus à Fukushima.
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J
Je salue ce bel hommage aux Japonais Carole. Ton poème est émouvant et je le prends d'autant plus à cœur que je vivais là-bas au même moment. J'avais aussi parlé de ces petits pétales dans cet
article :
http://revolutionpersonnelle.com/2011/03/les-cerisiers-du-japon/

Merci encore. :)
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D
C'est très beau. Terrible mais tes mots sont beaux et ils ont du sens, trop de sens.
J'aime particulièrement les deux derniers vers.
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J
Une tragédie pour qui l'a vécu... et ses gens emportés perdus de corps pour leurs proches... atroce !
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F
une terrible catastrophe et certainement qu'aujourd'hui nous respirons encore de l'air pollué comme celui de tchernobyl
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C
Un unanimisme des plus émouvant.
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C


Merci Catheau. Je me dis qu'il faudrait que cela se répande, l'"unanimisme". Ce sera aussi le sujet de mon billet de demain, une autre forme d'unanimisme, avec l'ensemble de la nature.



N
Peut-être as-tu lu "Le peintre d'éventail" de Hubert Haddad?
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C


Non, je ne l'ai pas lu, mais cela pourrait bien m'intéresser en effet. merci.



S
Très bel hommage à une souffrance sans prix et joli parallèle avec le printemps d'ici !
Paradoxal que les premières victimes des bombes atomiques se soient lancées sans précaution aucune à une course à l'atome effrénée, aucune leçon ne porte quand le profit domine ...
Une énergie qu'on ne peut maîtriser es tune énergie effroyable ...
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C


Oui. Je poursuivrai sur ce sujet demain ave "le dernier homme de Fukushima".



A
Ne pas oublier...
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J
Merci Carole pour cette magnifique piqûre de rappel.
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R
Merci de persister à nous raviver la mémoire à propos des quelque 16000 personnes qui ont là perdu la vie.

Je regardais hier soir le reportage de la RTBF qui y faisait allusion : si de nouveaux appartements ont été construits - mais pour qui exactement ? -, beaucoup d'endroits ressemblent toujours à des
villes mortes ; pour certains, la vie se passe dans des "maisons" conteneurs ... et pour deux tiers des familles victimes de la catastrophe, pas de re-logement avant 2015 !!!
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C


Oui, c'est affolant. Naoto Matsumura est actuellement en France, et parle de tout cela. J'ai préparé un petit billet là-dessus pour demain matin.



M
La vie qui se meurt ailleurs alors que tout renaît ici, comme je comprends cette volonté de ne pas oublier!
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C


Oui, c'était déjà terrible en 2011 cette superposition, le tsunami juste avant hanami.



A
J'y pensais hier soir, et je me suis dit que ton poème bouleversant était toujours d'actualité pour les enfants irradiés de Fukushima.
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