Les atlantes

Publié le par Carole

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    Ils ne sont pas Titans, ces douloureux aux muscles noués par l'éternel effort, ils ne sont pas Atlas, ils n'atteindront jamais au paradis des Hespérides. Ils ne sont rien, que les atlantes, les accablés, les anonymes - les porte-faix du port de Nantes, les esclaves des Antilles, les forgerons de Moisdon, les ouvriers des Batignolles, misérables d'ici, enchaînés de partout.
    Impudique et cynique, assise de tout son poids sur leur fatigue, la haute bâtisse élégante qu'ils tiennent à bout d'épaules nous parle avec franchise et netteté : il faut, pour que certains puissent peser, que des vies soient écrasées. Voilà tout, et depuis tant de millénaires nous le savons. Mais c'est bien lourd, quand même.
 
 
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Nantes - Hôtel Arnous-Rivière

 

Publié dans Nantes

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Cardamone 05/01/2014 22:57

Pessimiste,ta réponse à mon commentaire plus que ton très beau texte je trouve. Plus de partage, dans les efforts ici, dans les richesses là, plus de respect, de considération entre frères humains,
est-ce qu'il faut renoncer?

Bonne semaine

Carole 05/01/2014 23:24



J'oscille toujours entre optimisme et pessimisme. Tant de raisons de désespérer, tant de raisons d'espérer...



Anne-Marie 05/01/2014 08:36

Ne t'inquiète pas Carole. Tes textes nous font réfléchir en profondeur et si parfois ils mènent à un certain pessimisme c'est parce que la vie est comme ça...Ne change rien!

Cardamone 04/01/2014 23:45

Oui c'est bien lourd... Comme Almanitoo je me dis Et si un jour venait où ils lâchaient tout, où ils relevaient la tête...

Carole 05/01/2014 00:11



Le monde s'écroulerait, peut-être. Ou bien ils se mettraient à écraser d'autres "atlantes" à leur tour ? Tout de même, relever la tête, il le faut ! 


Je me rends compte que ce billet était terriblement pessimiste. J'essaierai de "relever la tête" et de la tourner du côté de l'espoir, à l'avenir...



Catheau 04/01/2014 17:17

Un lourd fardeau en effet que celui de l'injustice.

Cristophe 04/01/2014 14:02

1872, un rapport avec une "reprise en mains" du pays après la Commune de Paris ?

Carole 04/01/2014 15:54



Une fortune du second Empire, je pense.



almanitoo 04/01/2014 13:31

Je partage entièrement le sentiment d'Anne-Marie, une "vérité intolérable", une culpabilité énorme.
(Pardon Carole d'être venue une seconde fois!)

Carole 05/01/2014 00:07



Et je te réponds la même chose qu'à Anne-Marie...



Anne-Marie 04/01/2014 12:36

Chacun d'entre est à la fois "écrasé" et "écraseur".
Faire parfois partie des "écraseurs" ( parce que vivant dans un pays d'Europe) est pour moi une vérité intolérable et lourde à porter, comme est lourde la charge des Atlantes.

Carole 05/01/2014 00:06



Une culpabilité de Sisyphe, qu'on roule avec soi toute sa vie... car être "écrasé" ou "écraseur", c'est en effet une sorte de fatalité. Reste tout de même que certains pèsent beaucoup beaucoup
plus lourd que d'autres...



Nounedeb 04/01/2014 08:03

Et...comme ils sont beaux, ces hommes-sirène, inspirés de Michel Ange!

Carole 06/01/2014 13:41



et spécialement des "esclaves" de Michel-Ange. Mais oui, ils sont beaux.



Joëlle Colomar 04/01/2014 07:45

L'art a parfois quelque chose d'obscène. Amitiés. Joëlle

almanitoo 04/01/2014 07:15

Pourtant ce ne serait que justice si ces anonymes, ces esclaves qui ont bâti nos cités belles et solides, soudain lâchaient tout, non?

jill bil 04/01/2014 04:35

Dessous de balcon superbes... 1872 on leur fait confiance,ils ne nous laisseront pas tomber !!!