Le transformateur

Publié le par Carole

transformateur-chateau-de-Fougeres.jpg
 Transformateur - château de Fougères 
 
 
    Un transformateur, ce n'est pas beau - c'est ce qu'on avait dit sans doute.
  Aussi, puisqu'il était si laid, qu'il fallait le cacher, avait-on décidé de... le transformer. On avait convié un peintre, qui avait posé des fleurs sur ce décor de métal, et un poète, qui y avait inscrit des paroles étranges et musicales, placées sous le double signe du soleil et des fleurs de genêt. C'était tout simple, et c'était si beau désormais qu'un lierre s'y enroulait comme un coeur amoureux.
    Toute oeuvre d'art n'est-elle pas semblable à ce transformateur ?
    Un bouquet posé sur ce qu'on ne veut pas regarder, un rayon de soleil éclairant le métal, un arbuste poussant là où rien ne semblait devoir pousser. Et brusquement on regarde. Et tout à coup on s'aperçoit que ce qu'on voulait oublier, que ce qu'on dédaignait tant, que ce qu'on croyait ne pas aimer, par l'étrange et si simple pouvoir de la Beauté qui ignore ce qu'est le beau, s'est transformé, que cela grimpe dans notre coeur comme un lierre heureux, et qu'on est pris comme aux fleurs du genêt à ce balai magique qui remue sur la terre tous les éclats du soleil, toute la poussière des étoiles.

Publié dans Fables

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
Les avis sont partagés ... cependant, je serais plutôt du tien sur la fonction de l'Art de "métaphoriser" le réel. Oui, transformater est souvent le mot idoine pour la production artistique
contemporaine,
bien vu ;-)
Répondre
C


Tranformater, ou transformer... c'est toujours la même idée finalement. Ce qui compte, je crois que c'est ce passage, d'une forme à une autre, d'un état à un autre. Si c'est un passage par
l'humain.



A
Voilà une manière de tromper l'ennemi... le transformateur n'en devient pas pour autant une oeuvre d'art même si du coup ou le regarde d'une autre oeil... un peu comme les gens qui ont un vernis
qui cache leur véritable personnalité... je prefère le transformateur.. il est utile, rend service, et s'est ainsi endimanché... bisous
Répondre
C


On peut le voir ainsi. Je jouais sur tous les sens du mot "transformateur", alors tous me conviennent : ce qui est important, c'est de "transformer" ce qui "passe" par nous - comme un courant de
vie.



H
Ah! Chère Carole que j'aime ta manière de regarder!

Hélène*
Répondre
C


Merci, Hélène, j'aime tant tes réconfortantes visites.



M
J'aime beaucoup le détournement poétique de cet objet utilitaire. Comme quoi la beauté en soi ...
Répondre
C


Un détournement... qui remet bien des choses à l'endroit, finalement.



N
La beauté serait donc autant dans le regard du...poète, que dans l'objet en question.
Répondre
C


Oui, c'est ma pensée. Dans le regard du poète, et dans le regard de son public, bien sûr aussi.


"Transformation" suppose "transmission".



C
Ce transformateur est une toile vivante où dansent des mots de fées et de merveilleux pétales d'or. Alchimie du quotidien, transfiguré par les doigts de l'artiste et nos regards qui brusquement
voient ce jardin enchanté...
Je me répète avec bonheur: tes écrits sont magnifiques!
Amitiés
Cendrine
Répondre
C


Merci, Cendrine. En matière de "transformation", tu t'y connais, toi qui fais rayonner images, légendes et savoirs, autour de tout ce que ta "plume fée" effleure.



A
Quand le regard change, tout change. Belle soirée Carole.
Répondre
C


C'est que seul le regard peut vraiment changer, non ?



Z
...ce n'est hélas pas tout le monde qui voit..
Répondre
C


Oh... si, mais la difficulté, c'est d'arriver à "faire voir".



G
Tout est plus beau avec des fleurs dit-on..une preuve !!
Répondre
C


une nouvelle preuve !



V
Ah ! la merveilleuse alchimie de l'art ! Comme tu en parles bien ! Métamorphose de l'instant...
Répondre
C


Simple affaire de "transformation" : c'est pourquoi les "sujets" importent peu souvent.



M
Un transformer transformé en oeuvre d'art, belle trouvaille !
Répondre
C


C'était au château de Fougères, plutôt bien caché dans les harbes.



M
Et dire que j'ai eu du mal à retenir son nom latin durant mes études, sarothamnus scoparius, genêt à balai, tu me ramènes à mes années fac par la magie d'un texte!
Répondre
C


Je vois que tu connais bien ce bel arbuste ! Il y en a beaucoup en Bretagne (mais ça, tu le sais depuis longtemps !)



A
La beauté tient à peu de chose.
Répondre
C


Mais ce peu de choses demande beaucoup de travail, une longue "transformation".



J
Un magnifique balai de mots qui parle avec ardeur de beauté donc d'éternité. Amitiés. Joëlle
Répondre
C


Le genêt est un arbuste porteur de lumière ! Merci, Joëlle. Amitiés.



E
en espérant que cela ne donne pas envie de pousser la porte !
Répondre
C


Elle est bien cadenassée. Que veux-tu : "tous droits réservés", pour les transfos aussi...



C
Merci pour cette "fleur solitaire" qu'est ce petit éclair de beauté.
Répondre
C


Petit éclair passé par le courant du "transformateur"... Merci Catheau.



J
Comme des bouquets posés sur une certaine laideur... idem dans nos vies parfois... Que dire de plus, merci Carole
Répondre
C


Rien à dire ? Au contraire, tout est à dire : il y a tant de choses à "transformer", en nous, hors de nous, partout... Mais c'est ce que tu fais tous les jours, toi, non ?



R
"... la Beauté qui ignore ce qu'est le beau"

Que voilà, à l'ombre des auteurs grecs, un magnifique sujet de débat philosophique !
Répondre
C


Oui, il faudra y venir, à ce débat : sur votre blog, peut-être ?