Le dimanche de la ville - réédition revue de l'article de 2012

Publié le par Carole

roger dimanche 10-copie-1
 
    Ce petit Dimanche, ce jeune Roger, fils de Molière et de Raymond Queneau, je crois qu'il n'est pas tout à fait un enfant... je crois même qu'il est à l'origine de bien des pochoirs habiles qui ont orné nos murs ces dernières années. Oui, je le soupçonne fort d'avoir tenu le pinceau ou la bombe qui nous ont valu tant d'images insolites et de fantaisies heureuses, brièvement surgies dans cette ville, par les nuits les plus noires et les matins de pluie sans trève.
    Il ne ressemble en rien à ces "graffeurs" agressifs qui s'en prennent aux musées ou aux clôtures soignées des petits pavillons achetés à crédit. C'est un Pierrot qui se lève à la lune, un artiste modeste qui n'écrit que sur triste et ne peint que sur sale, pour semer dans les rues de brefs bouquets de fleurs murales ou d'oiseaux, en couvées de sourires où nidifie la vie.
 
                   Un oiseau dans la ville calvaire recadré 20-30.psd
 
    Je le remercie de nous offrir, à nous les provinciaux, à nous les gens de rien qu'étouffe le chiendent, loin de Rueil et des fleurs bleues du rêve, ses petiots Picasso sur panneaux, ses mignons Gauguin sur parpaing, et ses jolis Magritte sur rouille. 
    D'habiller en dimanche ce que nous avons de rues laides et de places oubliées, d'entrepôts sans fenêtres et de ghettos sans ciel.
    De se faire anonyme et léger, tout prêt à disparaître, Zazie du béton gris, sous les pluies qui l'effacent.
    Ne s'assignant d'autre tâche que de donner du prix à ce qui n'en a pas, des visages à nos ombres, et du temps à l'instant - rien qu'un instant, rien que pour rien.
Le dimanche de la ville - réédition revue de l'article de 2012
   Ainsi, c'est fait, sur ce blog de peu de prix et de peu de lecteurs, voué au présent fragile et bientôt à l'oubli, je te salue, Roger Dimanche, peintre flâneur, rôdeur de liberté, guetteur de petits riens, éveilleur de sourires. Je te tire en passant, moi aussi, mon chapeau, pour tant d'années passées en sa douce et discrète compagnie, par les rues grises de ma ville.
 
 chapeau-8.jpg

 

Publié dans Nantes

Commenter cet article

FAN 17/03/2016 18:03

Un peu de temps pour te visiter!! Il me semble l'avoir déjà vu cet artiste de Nantes qui doit être ami avec Bransky ! Il voyage sur Nantes mais je l'ai vu sur FB et si les deux artistes nous offriraient du rêve,dans toutes les villes et ailleurs, cela me ferait bien plaisir!!! Bisous Fan

Quichottine 14/03/2016 20:10

Comment ne pas rêver à ce doux rêveur qui habille nos cités ?
Merci, Carole.


Navrée pour mon absence de ces derniers jours, j'étais "hors réseau".
Navrée également pour ce "copier coller"... je n'aime pas y avoir recours, mais je ne peux faire autrement aujourd'hui.
Bises et douce semaine.

Carole 14/03/2016 21:08

Ne t'inquiète pas, moi aussi je m'éloigne souvent de "la blogosphère". Il faut que cela reste un univers où le temps s'écoule calmement. Et les pannes ou l'absence de réseau nous ramènent aussi à ce rythme plus lent.

mansfield 11/03/2016 13:33

Mais c'est que nous sommes tous des Roger Dimanche, semeurs de pensée, de dessins ou de photos sur la toile, tous des artistes qui avons la prétention de laisser une toute petite trace de notre passage! Merci Carole de nous le rappeler

almanito 10/03/2016 18:05

Saluons ces artistes généreux et partageurs, toujours anonymes qui réveillent en nous le petit grain de fantaisie qui nous manque souvent.
Par contre que lis-je? "blog de peu de prix" Pffft!

Nounedeb 10/03/2016 17:25

Un poète, qui fait surgir, de rien, du bonheur.

m'mamzelle Jeanne 10/03/2016 15:25

toujours d'actualités si non plus encore .. depuis quatre ans.. !
Nous recherchons tous la beauté, le petit rien qui fait sourire,
dans ce gris qui entoure de ses nuages nos vies

Pastelle 10/03/2016 09:46

Bel hommage à ce poète de l'éphémère. Je veux bien qu'il vienne peindre un oiseau sur ma maison. :)

Aloysia 10/03/2016 09:29

Un blog est bien peu de chose certes, mais il est en cet instant l'unique porteur d'une beauté unique.

jill bill 10/03/2016 00:51

Ah je ne m'en souvenais plus... eh oui les villes sont taguées, de bon ton ou pas... on aime ou pas, le p'tit oiseau et l'acide chapeauté ont ma préférence... merci Carole, bon jeudi... JB

pierrot, vagabond des mots et des routes 28/05/2013 03:22

LA CHANSON DE MOLIÈRE

COUPLET 1

ca n’me tente pas
de chanter comme un vieux
que tout l’Québec tient s’es pilules
pour mieux le contrôler

dans un mélange explosif
d’anti-dépresseurs
de somnifères
moé ca m’écoeure

j’me suis jure d’mourir dans rue
mème malade même dans la gene
comme Molière sur la scène

EN HAUT

Molière, Molière, Molière
tu jouais l’malade imaginaire Molière

t’es mort sous les applaudissements
moi ce s’ra entre deux océans

comme cercueil le Canada que j’aime tant
comme cerceuil le Canada que j’aime tant

Oh Molière,
le dieu de ma langue française

COUPLET 2

ca n’me tente pas
de chanter pour un chef d’État
qui par une guerre s’amuse
à mieux nous controler

dans un mélange explosif
de trop de jeunes soldats qui meurent
des québécois, moi ca m’ecoeure

j’me suis juré
d’crier dans rue
pour une fois votez du bon bord
pour sortir nos trop jeunes soldats
d’la mort

EN HAUT

Molière, Molière, Molière
la guerre c’est rien d’imaginaire
Molière

t’es mort sous les aplaudissements
mais icitte entre deux océans

y a trop d’cercueils dans mon Québec
que j’aime tant

y a trop d’cercueils
dans mon Québec
que j’aime tant

oh Molière
le Dieu de ma langue française

COUPLET 3

ca n’me tente pas
de chanter comme un vieux
que tout l’Québec tient s’es pilules
pour mieux le contrôler

dans un mélange explosif
d’une immense colère d’électeur
parce qu’un malade imaginaire
cultive la peur

j’me suis juré d’chanter la rue
pour que mes mots s’rendent à l’ONU
au nom de millions d’enfants disparus

ne suis qu’un vagabond céleste
loin de la haine et de tout l’reste

qui trouve les pilules Oh Molière
comme les bombes dans une guerre

scandaleuses et obscènes

Oh Molière
le Dieu
de ma langue française
que j’aime

Pierrot
vagabond celeste


Pierrot est l'auteur de l'Île de l'éternité de l'instant présent et des Chansons de Pierrot. Il fut cofondateur de la boîte à chanson Aux deux Pierrots. Il fut aussi l'un des tous premiers
chansonniers du Saint-Vincent, dans le Vieux-Montréal. Pierre Rochette, poète, chansonnier et compositeur, est présentement sur la route, quelque part avec sa guitare, entre ici et ailleurs...


www.reveursequitables.com

www.enracontantpierrot.blogspot.com

www.demers.qc.ca

chansons de pierrot


monsieur 2.7 k

roman phénoménologique

www.reveursequitables.com, presse, monsieur 2.7k

Carole 28/05/2013 11:58



Merci, "vagabond des mots" !



Balladine 18/10/2012 10:23

Roger Dimanche est un poète ...

Carole 22/10/2012 01:04



Oui !



Joëlle Colomar 18/10/2012 06:46

Il est de êtres qui savent donner à la vie , à la ville ce brin de fantaisie que nous néglogeons si souvent. Bravo à Roger Dimanche de sa discrète attention envers ses concitoyens si englués dans
la routine qu'ils ne voient plus rien. Amitié. Joëlle

Carole 21/10/2012 23:38



Oui, je pense que c'est ce qu'il souhaite : nous sortir de notrre routine. Et il y parvient, je trouve.


Merci, Joëlle. Amitiés.



Catheau 16/10/2012 15:46

N'êtes-vous pas Carole Dimanche, sa soeur en poésie ?

Carole 20/10/2012 23:37



Cela me convient, "Carole Dimanche"... 



Nounedeb 16/10/2012 13:11

Grande soeur ou petit frère, grand frère ou petite soeur, vous me semblez du même sang, toi et lui, dans la jungle de la ville.
Il y a une vie de blog, je l'espère, sans ces réseaux dits "sociaux".
Amitiés.

Carole 18/10/2012 00:13



On le saura bientôt, Nounedeb !



Et j'admieLorraine 16/10/2012 09:50

L'oiseau qu'il dépose au coin d'une rue, les couleurs légères descendues du ciel et éphémères comme une nuée, ce Pierrot de la Lune, saurons-nous jamais qui il est? Il semble n'avoir que l'envie
d'ensoleiller un coin de ruelle, d'offrir ce brin de fantaisie qui réconforte le passant sans savoir que toi, Carole, tu en feras ce promeneur sans autre bagage que sa poésie de peintre, que sa
chanson de Dimanche! Quel bel hommage! Et quel beau texte que je lis comme un cadeau du matin, pour nous qui nous arrêtons sur ton blog, parce que nous savons que nous y attend un peu d'insolite et
beaucoup, beaucoup de sensibilité poétique.

Carole 17/10/2012 16:51



Merci, Lorraine, tes paroles me touchent beaucoup, car tu t'y connais en "sensibilité poétique" et tu as de la vie, en général, une longue expérience.


Sinon, je crois que ce peintre des rues attend que quelqu'un passe et regarde... qu'il se construit un "personnage" comme le faisait Deburau avec son Pierrot :  notre regard, notre
affection, sont sa seule récompense. N'est-ce pas ce qu'on peut vraiment appeler un artiste ?



Hélène Carle 15/10/2012 23:49

Poètes prononçant en couleurs leur pulpeuse vérité nue sur le mur véritable de nos rues.

Hélène*

Carole 17/10/2012 16:01



Je crois aussi que ce sont des poètes de la rue, ces peintres "clandestins". Du moins tant qu'ils n'abîment pas ce qui est digne de respect, car certains tags sont très "agressifs".



mansfield 15/10/2012 13:43

En tout cas ce Roger lunaire a réussi à sensibiliser au moins une personne qui évoque ses rêveries et les fait partager, c'est un petit succès qu'il ne faut pas bouder!

Carole 16/10/2012 20:58



Plus d'une personne, j'en suis sûre !



zadddie 15/10/2012 12:07

sino, oui, nous avons besoin de Roger Dimanche et de tant d'autres..

Carole 16/10/2012 20:57



Voilà, c'est ce qui console tous les Roger Dimanche, toutes les Carole Dimanche, tous ceux qui se faufilent dans les allées un peu obscures, loin des grandes avenues de la "création"...



zadddie 15/10/2012 12:05

" blog de peu de prix"?!?

Carole 16/10/2012 20:56



C'est gentil, Nathalie... mais je l'ai dit comme je le pense.


Signé Carole Dimanche.



emma 15/10/2012 08:56

j'ai plusieurs questions aujourd'hui.
1. blog de peu de prix, je fais la bête (pas trop difficile) et j'approuve que tu veuilles souligner qu'over blog nous offre GRATUITEMENT l'accès à sa puissance technique,ce que nous prenons comme
un dû, alors même qu'il est vilipendé parce qu'il veut évoluer (je n'ose imaginer que tu joues les modestes !)
2. de peu de lecteurs. d'abord c'est faux, le nombre de commentaires (de grande qualité) le démontre -
Crois tu que ce soit la valeur intrinsèque d'un blog qui attire les internautes lambda qui ignorent son existence ? (sauf publicité médiatique)- allons donc, pour faire du "chiffre" en lectorat, il
faut retrousser ses manches et pratiquer un lobbying forcené en allant visiter le plus possible de collègues. Donnant donnant - et il faut vraiment avoir beaucoup de temps pour cela, à supposer que
ce soit le nombre de commentaires qui réconforte.
3. tu dis "petit Roger", vu son prénom, et son oeuvre cultivée et respectueuse, il s'agit peut être d'un vieux monsieur insomniaque...
4. est ce que l'art mural urbain sauvage (hors manifestations organisées ) est exclusivement masculin ?

Carole 15/10/2012 09:31



Et quelques réponses, alors : il ne s'appelle pas réellement Roger, ni Dimanche du reste. J'ai écrit "petit Roger" parce qu' il a imité l'écriture d'un enfant sur le mur. Et je ne pense pas que
cet art soit exclusivement masculin, non, mais je n'ai pas d'informations pour les femmes... du reste j'ai peu d'informations sur ces personnages secrets et tout de même clandestins que sont les
artistes muraux... Et il est bien possible que j'attribue plus que son dû à celui-là...


Et bien sûr, aussitôt après t'avoir lu, j'ai précisé un peu le début du texte... car s'il y a questions, c'est tout de même que tout ne va pas de soi, et c'est à moi d'être claire. 


Merci Emma !


P.S. : j'ai en effet, des lecteurs de grande qualité (comme toi, par exemple), et je les (te) remercie, car ils m'aident à écrire ! Mais que le blog soit un projet fragile, il me semble que c'est
une évidence. Cela n'empêche pas de conserver les textes.


 



M'amzelle Jeanne 15/10/2012 08:11

Carole... tu nous enchantes avec tes yeux, par eux nous voyons de petits endroits ..où ne pourrions jamais aller ! alors pourquoi.. ce blog... voué... etc...!
Bizzoux de Jeanne

Carole 15/10/2012 09:50



Merci, Jeanne. C'était juste un constat objectif, tout a une fin... on verra bien...



Richard LEJEUNE 15/10/2012 07:48

Une phrase m'enchante :

"Je le remercie d'aimer assez Picasso pour nous offrir - comme il y a de petits Versailles de province ou de petits Rimbaud de banlieue -, de petits Picasso sur béton, de mignons Gauguin sur
parpaing, et de jolis Magritte sur rouille."


Une autre m'inquiète car je me demande comment il faut que je la comprenne :

"... sur ce blog (...)voué (...) bientôt à l'oubli ..."

Carole 15/10/2012 09:48



Merci, Richard, de m'encourager à poursuivre.
Mais tout blog est éphémère, je pense, surtout lorsqu'il traite comme le mien des petites choses très fragiles du quotidien, et, de plus, je ne sais pas si je serai capable de m'adapter à la
nouvelle version d'OB, puisque je ne suis pas utilisatrice de facebook ni de tweeter, et n'ai pas de smartphone... 



le Pierrot 15/10/2012 07:47

Bonjour Carole, il m'arrive aussi parfois de faire des pochoirs dans les rues de la vieille ville, des petites danseuses, pas bien hautes, à peine 10cm, en rose fluo, petit art éphémère, car la
police des recouvrements, passe un coup de peinture parfois, hi hi...bise à toi, et bonne journée.

Carole 15/10/2012 09:42



Ah, Pierrot, ça ne m'étonne pas de toi, avec ce joli nom lunaire... ! Est-ce que tu as lu "Pierrot mon ami", de Queneau ? C'était en fait à ce Pierrot-là que je pensais. "Le Dimanche de la vie"
est aussi un livre de Queneau, dont j'ai adapté le titre.



jill bill 15/10/2012 07:42

Bonjour Carole, tag et mosaïque, Roger du dimanche nous salue bien... Merci à toi oeil de lynx amie des insolites ! Jill

Carole 15/10/2012 09:40



Merci pour l'oeil de lynx, mais tu sais, en fait j'ai une très très mauvaise vue... c'est peut-être pour cela que tout m'étonne, je n'identifie jamais immédiatement ce que je vois et je suis
toujours obligée d'y réfléchir un peu.



michèle 15/10/2012 07:36

"roger dimanche aime picasso": j'aime beaucoup ce message poétique sur un mur décrépi

Carole 15/10/2012 09:38



Il y avait à l'origine une affiche sérigraphiée après "aime", mais la pluie avait tout abîmé quand je suis passée là.



armide+Pistol 15/10/2012 00:47

Merci aux messages discrets mais percutants.

Carole 15/10/2012 09:37



Merci, Armide.