La route

Publié le par Carole

route-fils-electriques-2.jpg.psd.jpg
 
Après la pluie, on jette un coup d’œil au-dehors : au miroir de ses flaques la route est bleue comme rivière. Au flanc de la vallée elle chemine en ses méandres, doucement chatoyante.
On pourrait quitter le village.
On pourrait suivre ce ruban qui tremble en s'étirant comme un beau fil d'Ariane.
On pourrait s’en aller très loin, peut-être jusqu’au ciel, en passant par les bancs de nuages.
Vers les villes immenses où palpite le temps.
Vers les montagnes ou vers les mers
Vers les déserts ou vers les îles.
 
Ou même nulle part, juste aller au hasard, en se laissant porter par les routes si bleues où l’on irait comme poissons luisants, tout doucement, entre les vagues.
 
Et puis on referme la porte, il n’y faut pas songer.
L’essence est chère et tout ça c’est du rêve.
C’est ici qu’est la vie.
Et puis voilà.

Publié dans Le village : Selommes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
L'essence est chère certes, mais il y a aussi le vélo, ou le marche à pied qui nous permet de voyager vers d'autres paysages...
Répondre
C


Oui, oui, mais cela exclut les personnes âgées et les travailleurs qui vont tous les jours en ville, donc la majorité des habitants...


Et sinon, le car, un le matin très tôt, un à midi, et un le soir à 17h.


"Et puis voilà."



A
Je suggère de passer la porte sans carburant, mis à part celui du rêve. Au fond nos richesses nous viennent de l'intérieur; mais il est vrai qu'il est bon parfois de partir, dans la dimension du
"réel".
Répondre
C


Au village, c'est si souvent ainsi qu'on voyage. La plupart des gens ne partent jamais. Il leur reste le rêve, oui.



M
Les parfums d’après la pluie, en volutes bleues…
C'est une vibration, c'est un voyage...
Merci pour cette belle respiration.
Répondre
C


Et merci, Miche, pour ce commentaire très poétique, très délicat.



G
La route c'est un peu mon lieu de prédilection...avec mas 500 kms vélo cette semaine.
Répondre
C


Là, tu m'impressionnes ! Mais c'est si beau, la route, je comprends ta passion.



E
Un rêve éveillé parti d'un simple regard , j'aime beaucoup...Et voilà!
Bises Carole
Répondre
C


Merci, Erato... et voilà !



N
Cette route gris et bleu, quel beau tremplin! Hop, avec un peu de chance, on atterrit sur les fils, et l'on est funambule. Si on rate, de mous nuages sont là pour nous recevoir.
Répondre
C


C'est bien cela, Nounedeb,  les fameux "fils" électriques et téléphoniques sont bien là pour soutenir le ciel et les nuages... et aussi nos chutes de rêveurs éveillés...



L
j'aime bien ce cliché, chouette...bise carole, bon week end.
Répondre
C


Merci, Pierrot, à bientôt !



J
Les plus belles évasions sont celles de nos rêves...j'aime beaucoup la simplicité de ta photo, ses possibles et l'envol de l'oiseau. Amitié. Joëlle
PS: ma photo de dune est telle qu'elle. La partie du haut était dans l'ombre, celle du bas en plein soleil.
Répondre
C


Un très beau contraste, des couleurs très pures. C'est vrai que la nature est plus judicieuse dans ses choix que notre pauvre photoshop (utile quand même)...



S
La route? Peut-être un doute entre la réalité et le rêve! un ruban d'asphalte pour un aller-retour pour l'ailleurs, puis le port intérieur. La route?
Une belle inspiration Carole qui part de ce que tu ressens depuis longtemps... A bientôt. Suzâme
Répondre
C


Merci pour ce commentaire qui me plaît tant : j'aime ton "aller-retour pour l'ailleurs" et ce "port intérieur" qui ne nous attache qu'en navire que sa voile appelle.



T
Le plus dur c'est toujours de partir, prendre la route, et puis après le premier pas on ne sait jamais jusqu'où la route peut nous mener !
Répondre
C


C'est bien cela, la route, une invitation à aller plus loin, mais ce lointain, c'est toujours d'abord nous-même.



M
Dire qu'il a fallu tant de voyages et de dérives à Kérouac pour comprendre cela! Pourtant c'était un grand lecteur.Le plus compliqué étant de savoir où est la vie! Merci Carole
Répondre
C


Merci, Mansfield pour cette superbe analyse, que Katherine n'aurait pas reniée !



P
Et puis voilà...?!
Dommage, j'aurai bien suivi cette route qui semble atteindre le ciel...
C'est comme une piste de décollage pour rêves en tapis volants( pas besoin d'argent!)
Ne referme pas la porte, la vie est dehors!
Bises
Répondre
C


La porte, au village, on l'ouvre quelquefois, mais il faut bien la refermer aussi. Car l'évasion n'est pas à la portée des bourses ou bien n'est pas compatible avec l'âge des habitants. Reste en
effet le rêve... Et cela c'est vaste et beau, que la porte soit ouverte ou fermée.



D
Carole, j'ai toujours envie de nommer les photos de route "on the road again", mais c'est pas un grand espace américain.
Bises
Répondre
C


Ton commentaire me plaît beaucoup : au point que je me demande si je ne vais pas inclure une petite citation de Kerouac en épigraphe. La Beauce, ce n'est pas "un grand espace américain", mais
tout de même...


Merci !



C
Bonsoir Carole,
Dans ce texte envoûtant, l'invitation vers l'ailleurs se pare du scintillement de la pluie.
La route nous appelle, à la lisière des rêves inconnus jusqu'au retour de la réalité... C'est magnifique, une part de magie dans le quotidien...
Je suis charmée et je te remercie.
Je te souhaite une belle nuit.
Cendrine
Répondre
C


Merci, Cendrine. Ton analyse est très belle, tu m'offres toujours des commentaires merveilleux qui prolongent superbement les textes. Merci, merci infiniment.



Z
mais non, pas "voilà"!
Répondre
C


Ah, tout est dans le "voilà", je suis une "résignée", moi, au fond...



J
Ah rêve beau rêve brisé... Nos sens en panne sur le bord la route la faute à l'or noir.... grrrr ! Merci Carole, ce bout de chemin aurait pu... nous mener loin ! Jill
Répondre
C


C'est symbolique : au-delà de la route de bitume, il y a tant de routes qu'on ne peut vraiment prendre, qu'on ne fait qu'entrevoir et parcourir en rêve.
C'est "la vie", "et puis voilà".