A Pen-Hir

Publié le par Carole

pointe-de-pen-hir.jpg
 
C'était, à Pen Hir, un de ces paysages déchiquetés qui sont comme des lambeaux arrachés à l'éternité.
Il aurait fallu cesser de voir pour contempler.
Mais nous ne savons plus contempler.
Voyageurs à côté de la mer de nuages,
nous ne savons plus que voir.
Peut-être même seulement revoir.
C'est ce que j'ai pensé en regardant cet homme qui regardait sur l'écran de son APN ce qu'il pourrait revoir, plus tard, peut-être, de ce monde que déjà il ne voyait plus.
 
photographe-Pen-hir.jpg
 
— Et puis ?
— Un rocher découpait derrière lui son profil de penseur... et lui découpait sur la mer son profil de badaud... Caspar Friedrich revu par Carl Spitzweg, n'est-ce pas ?
— Mais encore ?
— Eh bien... eh bien... j'ai pris des photos, bien sûr... Et je les ai stockées sur ma carte mémoire. Pour les revoir, plus tard, peut-être... 

 

Publié dans Fables

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G
En attendant "Godot" certainement.

Une composition délicieuse , un duo qui me plaît (article et photo).

C'est plein.
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C


Merci !



G
le photographe a le profil de Jacques Tati
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H
Un regard sur le regard de qui regarde l'autre qui regarde le paysage. friedrich quel peintre admirable !
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N
Atmosphère magique !!
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M
Le numérique a changé notre regard sur le monde, sur la mémoire, sur l'image... trop d'image tue l'image !
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C
Sourire.
Ca m'a fait drôle, au début des vacances, au musée de l'Orangerie, le nombre de visiteurs qui ne semblent pas regarder la toile avec leurs yeux, qui s'approchent en regardant à travers leur
appareil, photographient et s'éloignent pour faire pareil devant une autre peinture... Une autre façon de visiter les musées qui m'est un peu étrangère!
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C


Le mal de l'APN, difficile à soigner !



A
Mais oui! Harpel!
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C
Il est vrai que devant des visions de paysages merveilleux, il est tentant d'en capturer un maximum d'images mais l'essentiel se trouve quand même dans la sensation qu'on emporte avec soi du
plaisir intense du moment. Le rocher-penseur l'aura peut-être soufflé dans l'oreille du badaud... ;-)
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P
Mr Rocher de Profil
grave dans la pierre
l'image du photographe
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J
Notre monde va si vite ! Il faut se diriger vers une autre façon de vivre pour accéder à la contemplation. Et quand on y parvient, c'est fabuleux !
Ton monsieur ne sait peut-être voir qu'a travers le prisme de son APN ! Amitiés. Joëlle
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M
PS J'ajoute que je ne tente pas d'immortaliser quand je photographie: je veux juste faire sentir la vie. Tant vivre est difficile.
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M
;) ;) Mais écrire c'est aussi fixer ses pensées, ses impressions. Fixer sa vie au lieu de la vivre. A la façon d'un photophage, non?
Il est vrai que ce ne sont que des formules. Or les formules sont réductrices.
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N
La photo est devenue facile, mais on a toujours la même envie de garder un souvenir. Avec des mots on peut le faire aussi.
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A
Il me fait penser à monsieur Hulot.
Peut-être se dit-il que les images prises ne ressemblent pas à la réalité et à ce qu'il ressent...
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C


Il m'aurait plutôt fait penser à M. Harpel dans "Mon oncle". Ou à Monsieur Perrichon.



F
il faut immortaliser les beaux et bons souvenirs
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Z
l'autodérision...( sourire)
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C
Tel est pris qui croyait prendre ! L'essentiel est de le savoir et de le dire avec votre pertinence, votre humour et votre lucidité.
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A
Vouloir ramener avec soi un morceau d'éternité et oublier de s'en imprégner...C'est le paradoxe du photographe qui interpose son écran d'APN entre lui et le monde.
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J
On a peur de perdre la mémoire des lieux alors l'APN est l'ami fidèle... pour revoir demain ! De mon temps nous ne faisions de photos à gogo et je garde moult souvenirs de mon passé non gravé sur
disque dur ;-)
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N
Superbe ton article! et les deux photos, un régal!
Le rocher visage derrière le photographe, un vrai coup de chance :)
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C


Oui, j'ai levé la tête et soudain cela m'a frappée. Et, comme j'avais moi-même en main l'APN...