L'arbre des rues

Publié le par Carole

l'arbre rue Mouffetard
      Vers d'Yves Bonnefoy - fresque de Pierre Alechinsky
 
 
Cela avait quelque chose d'émouvant, cette grande tache noire, cette longue brûlure de mousses et de suies urbaines, qui justement était venue souiller et déchirer les beaux vers célébrant, "même déchiré, souillé", l'arbre des rues qui suffit au bonheur.
Sur les mots à demi effacés se posait tout le ciel, et le vent y bougeant remuait doucement ses ailes d'oiseau bleu.
 
Dans ce monde où le noir l'a toujours emporté sur le jour,
les bras si frêles de nos arbres en prière,
et les paroles envolées des poètes
disent le même espoir :
- qu'il soit éternité,
qu'il se suffise,
l'élan fragile.

Publié dans Fables

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P
Je connais ce mur !
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C


rue Mouffetard...



L
L'oiseau se pose, le vent y bouge...Merci, chère Carole, d'évoquer l'arbre des rues de moins en moins présent dans nos cités envahies d'immeubles laids dans leur uniformité. Enfant, j'ai vécu face
à un boulevard qui faisait un long chemin autour de Bruxelles. On l'a rasé, maintenant ce sont des parkings. Mais mon coeur de petite fille se souvient toujours des jeux sous les branches, des
galopades à perdre haleine, des bancs où se reposaient les vieux...D'accord, on ne peut vivre de souvenirs. Mais parfois, c'est dommage!
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C


C'est Yves Bonnefoy qu'il faut remercier, Lorraine, car c'est lui qui rend hommage à l'arbre des rues.



M
Il me semble avoir déjà vu cet arbre sur un autre blog...
Le hasard vient d'un doigt polluant souligné les superbes vers.
Ton oeil de lynx repère bien des choses
;)
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C


La fresque se trouve à Paris rue Mouffetard, je pense donc qu'elle est très connue. Mais les passants font moins attention au poème qui l'accompagne.



L
Comme indiqué: l'élan suffit presque toujours.
Etonnant comme la pollution urbaine vient justement par hasard illustrer le propos de l'affiche!
Bonne pente douce de fin d'été, Carole!
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J
Il y a un rayon de lumière sur les mots espoir et mort. Comme je ne crois pas au hasard, il était là pour illuminer tes mots et ton ressenti. Amitiés. Joëlle
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C


Belle remarque, bien digne de toi qui sais tout de la lumière et de l'ombre !



N
Ronron. :)
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C


Ronronne, ronronne : cela me caresse dans le sens du poil. J'aime bien.



C
Merci à vous, Carole, la passante au regard levé, au regard lavé.
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C


Et merci pour ce beau commentaire !



N
Bonsoir Carole !
Je suis toujours très impressionnée par ta vision. Tu as un regard ouvert et une grande sensibilité, j'ai l'impression que tu ne rates jamais rien !
Cet arbre dans la ville donne de l'espoir.

Bises,bonne soirée !
Nais'
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J
Un arbre bleu un arbre magique a poussé ici pour nous inviter à nous poser à l'ombre de la poésie dans une rue très passante de la grande ville.
La tache noire sera peut-être lavée par la prochaine pluie.
l'arbre bleu semble intact seuls les mots sont noircis par la vie.
Alechinsky essaie de faire sourire la ville.
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C


La tache s'accorde au poème, c'est peut-être pourquoi elle a grandi là ?



A
Tout l'essentiel est inscrit sur ce mur, c'est si simple et tellement vital!
J'aime cette grosse tache que tu transformes en "brûlure de mousses et de suies urbaines".
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C


Une tache qui semble avoir été suscitée par le texte même du poème.



J
L'arbre de la rue qu'on ne voit plus méritait bien ces mots sur un mur de la même ville... Merci, jill
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M
l'espoir est fragile.. mais avec lui tout est possible !
Bonne soirée
Bizzouxx
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C


On le dit... Merci Jeanne.