Grilles

Publié le par Carole

mannequin grille bleue 3
 
    En te voyant j'ai pensé : "De quelles grilles es-tu vraiment prisonnier ? De ce rideau de fer qui s'est fermé sur toi, ou de ces barreaux d'ombres tatoués sur ton corps et qui revêtent, grise cotte d'illusions, ta nudité fragile ? Tu te tiens droit pourtant, toi qu'on habilla de grillage."
   Habitudes, certitudes, névroses et soumissions... Nos chaînes les plus lourdes, nous les portons à même la peau de nos vies. Et les barreaux cerclant de fer nos âmes errantes nous sont aussi nécessaires que les baleines trop serrées de leurs corsets l'étaient à nos aïeules, dont le corps s'écroulait quand on les délaçait.
   Nous rêvons d'écarter nos chaînes, de fuir vers l'horizon. Mais saurions-nous aller libres sans tituber, au grand soleil de vérité, au grand vent d'infini ?

Publié dans Fables

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Bonsoir Carole !
Oui, libérons-nous de toute ces barres qui nous entravent, et prenons le soleil sans qu'il soit ombragé !
Vivons, libres
Bises, bonne soirée
Répondre
F
J'aime beaucoup ta démarche : réunir photo et texte. Je suis une grande fan de Sophie Calle qui s'essaye à ce type d'écriture.
Concernant cette photo, j'apprécie le contraste entre une sensation d'emprisonnement et un éclairage ensoleillé.
Répondre
C


Merci Fadaly. Je ne connais pas beaucoup Sophie Calle, mais le peu que j'ai vu de son oeuvre m'intéresse, j'essaierai d'approfondir.



R
"onfrayien" ...
J'aime assez ce néologisme, Carole. Parce qu'il me sied bien ...

Si aimer ses réhabilitations, notamment de penseurs grecs passés à la trappe chez nombre d'universitaires sclérosés, alors oui, je suis onfrayien !

Si aimer ses dégommages de statues indéboulonnables, fussent-elles freudiennes, alors oui, je suis onfrayien !

Si aimer la vérité historique - je pense évidemment à la parole nietschéenne rétablie en son juste sens après qu'elle eut été volontairement trafiquée par une soeur proche de Hitler - ; ou, plus
près de nous, à une éclatante mise au point à propos de Camus, bien malmené jadis par un Sartre un peu trop puissant, alors oui, je suis onfrayien !
Répondre
H
Chacun est un prisonnier qui crie au geôlier de lui redonner sa liberté. Pourtant, il n'y a pas de geôlier, car il n'y a aucune prison.
Chacun est la clé ouvrant, toujours plus grand, l'espace de sa propre liberté.

Hélène*
Répondre
C


Splendide, Hélène ! merci pour ce ccommentaire si juste et si beau aussi.



R
"Prisons freudiennes" ???

Qui peut encore croire à Freud de nos jours, mis à part quelques lacaniens cacochymes ... et, bien sûr, Elisabeth Roudinesco ?
Répondre
C


à Freud, peut-être pas, mais à ces prisons intérieures dont il a su nous montrer la présence cachée, certainement !


P.S. : je vois ici que vous êtes tout à fait "Onfrayien", si je puis risquer le mot... mais c'est la preuve que le sujet que j'ai choisi est de ceux sur lesquels chacun doit "prendre position".
Je m'en félicite donc.



P
Image presque douloureuse pour moi. J'ai cru (comme d'autres peut être) m'y reconnaître. Et le texte pose des questions justes et torturantes ...
Répondre
C


Des questions insolubles pour moi.



A
Quels fardeaux doit supporter notre courte existence : enfance, croyance, tradition, société. J'en oublie, c'est trop lourd. Qui peut nous libérer : nous-mêmes ?... événement inattendu ?... mort
?... Trop compliqué la vie !
Répondre
J
J'ai vu oui j'ai vu
tant de mannequins exposés
dans leur vie (trine)
au regard vide
prisonniers de leur roue-tine...
Répondre
C


excellent ! 



E
oh celui là a le regard fier, la nuit, tel l'abominable Hulk, il gonfle sa poitrine, écarte les barreaux et plane sur la ville
Répondre
R
Nous sommes libres ...
d'être ou non les prisonniers de principes judéo-chrétiens imposés depuis plus de 2000 ans pour nous brider et nous brimer.

A nous de vouloir dire oui à la Vie en menant une existence prônant notre pleine autonomie de pensée et d'action, suivant les préceptes de certains philosophes grecs ou de Nietzsche.

Voilà, revisitant l'Histoire de la Philosophie, tout le combat que nous propose de mener Michel Onfray ...
Répondre
C


Elan nietzschéen, prisons freudiennes...



V
Magnifique... !
Répondre
J
Nous avons tous nos barreaux invisibles... et s'en défaire parfois bien difficile... Merci Carole !
Répondre
J
Je rêve qu'il ouvre la grille, les mains pleines des cendres de son passé ou de ses entraves pour aller en liberté les jeter au vent. Belle journée Carole. Amitiés. Joëlle
Répondre
A
Pour la plupart d'entre nous, les grilles sont à l'intérieur de nous-même. Elles nous emprisonnent et nous protègent et nous n'osons pas les briser..
Répondre
A
Les grilles sont bleues, couleur du ciel et de liberté,tandis que les ombres ne sont que leur reflet... il me semble qu'il doit être possible,au moins d'essayer de les briser. Celles des certitudes
étant sans doute les plus tenaces.
Répondre
C


Essayer... cet effort à lui seul peut s'appeler liberté.



C
Un Lazare zébré de lumière dont tomberaient les bandelettes. Il ne lui reste plus qu'à pousser la grille bleu de ciel. Très beau !
Répondre
C


Très très beau commentaire, merci Catheau.



P
Très joli réflexe de saisir ce cliché, original...bonne journée...
Répondre
G
J'allais dire prison dorée mais non !!!!!
Répondre
C


La lumière y passe à travers les grilles d'ombre.