Grilles

Publié le par Carole

mannequin grille bleue 3
 
    En te voyant j'ai pensé : "De quelles grilles es-tu vraiment prisonnier ? De ce rideau de fer qui s'est fermé sur toi, ou de ces barreaux d'ombres tatoués sur ton corps et qui revêtent, grise cotte d'illusions, ta nudité fragile ? Tu te tiens droit pourtant, toi qu'on habilla de grillage."
   Habitudes, certitudes, névroses et soumissions... Nos chaînes les plus lourdes, nous les portons à même la peau de nos vies. Et les barreaux cerclant de fer nos âmes errantes nous sont aussi nécessaires que les baleines trop serrées de leurs corsets l'étaient à nos aïeules, dont le corps s'écroulait quand on les délaçait.
   Nous rêvons d'écarter nos chaînes, de fuir vers l'horizon. Mais saurions-nous aller libres sans tituber, au grand soleil de vérité, au grand vent d'infini ?

Publié dans Fables

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Nais' 24/03/2013 18:37

Bonsoir Carole !
Oui, libérons-nous de toute ces barres qui nous entravent, et prenons le soleil sans qu'il soit ombragé !
Vivons, libres
Bises, bonne soirée

Fadaly 24/03/2013 15:12

J'aime beaucoup ta démarche : réunir photo et texte. Je suis une grande fan de Sophie Calle qui s'essaye à ce type d'écriture.
Concernant cette photo, j'apprécie le contraste entre une sensation d'emprisonnement et un éclairage ensoleillé.

Carole 24/03/2013 23:48



Merci Fadaly. Je ne connais pas beaucoup Sophie Calle, mais le peu que j'ai vu de son oeuvre m'intéresse, j'essaierai d'approfondir.



Richard LEJEUNE 20/03/2013 09:38

"onfrayien" ...
J'aime assez ce néologisme, Carole. Parce qu'il me sied bien ...

Si aimer ses réhabilitations, notamment de penseurs grecs passés à la trappe chez nombre d'universitaires sclérosés, alors oui, je suis onfrayien !

Si aimer ses dégommages de statues indéboulonnables, fussent-elles freudiennes, alors oui, je suis onfrayien !

Si aimer la vérité historique - je pense évidemment à la parole nietschéenne rétablie en son juste sens après qu'elle eut été volontairement trafiquée par une soeur proche de Hitler - ; ou, plus
près de nous, à une éclatante mise au point à propos de Camus, bien malmené jadis par un Sartre un peu trop puissant, alors oui, je suis onfrayien !

Hélène Carle 19/03/2013 21:23

Chacun est un prisonnier qui crie au geôlier de lui redonner sa liberté. Pourtant, il n'y a pas de geôlier, car il n'y a aucune prison.
Chacun est la clé ouvrant, toujours plus grand, l'espace de sa propre liberté.

Hélène*

Carole 19/03/2013 21:31



Splendide, Hélène ! merci pour ce ccommentaire si juste et si beau aussi.



Richard LEJEUNE 19/03/2013 13:21

"Prisons freudiennes" ???

Qui peut encore croire à Freud de nos jours, mis à part quelques lacaniens cacochymes ... et, bien sûr, Elisabeth Roudinesco ?

Carole 19/03/2013 20:02



à Freud, peut-être pas, mais à ces prisons intérieures dont il a su nous montrer la présence cachée, certainement !


P.S. : je vois ici que vous êtes tout à fait "Onfrayien", si je puis risquer le mot... mais c'est la preuve que le sujet que j'ai choisi est de ceux sur lesquels chacun doit "prendre position".
Je m'en félicite donc.



photogus 19/03/2013 12:50

Image presque douloureuse pour moi. J'ai cru (comme d'autres peut être) m'y reconnaître. Et le texte pose des questions justes et torturantes ...

Carole 21/03/2013 00:57



Des questions insolubles pour moi.



Alain 19/03/2013 12:43

Quels fardeaux doit supporter notre courte existence : enfance, croyance, tradition, société. J'en oublie, c'est trop lourd. Qui peut nous libérer : nous-mêmes ?... événement inattendu ?... mort
?... Trop compliqué la vie !

jamadrou 19/03/2013 11:07

J'ai vu oui j'ai vu
tant de mannequins exposés
dans leur vie (trine)
au regard vide
prisonniers de leur roue-tine...

Carole 19/03/2013 11:38



excellent ! 



emma 19/03/2013 10:25

oh celui là a le regard fier, la nuit, tel l'abominable Hulk, il gonfle sa poitrine, écarte les barreaux et plane sur la ville

Richard LEJEUNE 19/03/2013 10:15

Nous sommes libres ...
d'être ou non les prisonniers de principes judéo-chrétiens imposés depuis plus de 2000 ans pour nous brider et nous brimer.

A nous de vouloir dire oui à la Vie en menant une existence prônant notre pleine autonomie de pensée et d'action, suivant les préceptes de certains philosophes grecs ou de Nietzsche.

Voilà, revisitant l'Histoire de la Philosophie, tout le combat que nous propose de mener Michel Onfray ...

Carole 19/03/2013 13:07



Elan nietzschéen, prisons freudiennes...



Valentine :0056: 19/03/2013 09:49

Magnifique... !

jill bill 19/03/2013 09:30

Nous avons tous nos barreaux invisibles... et s'en défaire parfois bien difficile... Merci Carole !

Joëlle Colomar 19/03/2013 08:25

Je rêve qu'il ouvre la grille, les mains pleines des cendres de son passé ou de ses entraves pour aller en liberté les jeter au vent. Belle journée Carole. Amitiés. Joëlle

Anne-Marie 19/03/2013 07:18

Pour la plupart d'entre nous, les grilles sont à l'intérieur de nous-même. Elles nous emprisonnent et nous protègent et nous n'osons pas les briser..

almanitoo 19/03/2013 07:06

Les grilles sont bleues, couleur du ciel et de liberté,tandis que les ombres ne sont que leur reflet... il me semble qu'il doit être possible,au moins d'essayer de les briser. Celles des certitudes
étant sans doute les plus tenaces.

Carole 20/03/2013 00:41



Essayer... cet effort à lui seul peut s'appeler liberté.



Catheau 19/03/2013 06:12

Un Lazare zébré de lumière dont tomberaient les bandelettes. Il ne lui reste plus qu'à pousser la grille bleu de ciel. Très beau !

Carole 20/03/2013 00:41



Très très beau commentaire, merci Catheau.



Pierrot 19/03/2013 05:20

Très joli réflexe de saisir ce cliché, original...bonne journée...

Gerard 19/03/2013 00:59

J'allais dire prison dorée mais non !!!!!

Carole 20/03/2013 00:40



La lumière y passe à travers les grilles d'ombre.