Gargouilles

Publié le par Carole

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La vieille église s'était enracinée pendant des siècles dans le sol du village accroupi sur son ombre, avec ses morts et ses vivants, ses tempêtes oubliées et ses promesses en fleurs, et tous ses grands jardins pleins de cailloux osseux et de fruits mûrissants.
Et la gargouille devenue branche aux feuillages du ciel, le monstre au cri béant de bouquets et d'oiseaux, à la gueule noircie de pluies battantes et de nids, nous disait, tout là-haut, que douleur et violence se domptent peu à peu, et lentement s'érodent, et se couvrent de mousse, et s'apaisent de feuilles, et puis s'unissent enfin, sur l'écorce du temps, au grand arbre du monde, qui pousse sa mâture sur les terres d'Harmonie.

Publié dans Fables

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B
Un camouflage en quelque sorte ou une gargouille nostalgique de verdure ?
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C


Ou bien les deux en même temps ? 



P
elle habite ou cette gargouille ?!!! pourrais-je la voir en gros plan ?!!!
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C


A Uzeste, au sud de Bordeaux. Je n'ai pas pu la photographier en gros plan, elle était loin, et je n'ai pas de téléobjectif.



M
Finalement, même les choses les plus horribles, les plus laides peuvent un jour se transformer en absolue beauté ... la gargouille grimaçant sur la pierre devient végétation luxuriante !
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C


Oui, c'est fascinant. Et souvent aussi, il suffit de photographier les choses pour qu'elles prennent une forme de beauté - autre sujet de fascination sans fin.



Z
c'est le bel état d'esprit..
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C


Merci Zadddie... voir le monde par le côté ensoleillé de la lorgnette ? J'essaie, j'essaie...



M
Comme c'est beau cette décision de la nature d'attribuer aux lieux un rôle, d'en faire des symboles, car vouloir la dompter est tellement dérisoire... très émouvant
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C


Elle seule est sage... Merci, Mansfield.



G
On devrait faire des gargouilles modernes á nos maisons d'aujourd'hui
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C


Mais on en voit quelquefois : il existe des "dauphins" en forme d'animaux pour les gouttières...  



N
La parabole de la gargouille. Quel beau message d'espoir et de paix nous offre la nature, par ta plume.
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C


La nature - et l'oeuvre des hommes qu'est l'église : pour une fois en parfait accord.



H
La nature chante discrètement sa victoire prenant un arbre pour murmure.

Hélène*
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C


Quel beau commentaire, merci Hélène !



J
Quand la nature vient chanter à l'unisson avec les fidèles des gargouilles ! Amitié. Joëlle
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C


Sa voix est si pure ! Merci, Joëlle.



M
Que la végétation est puissante! la moindre inattention de l'entretien de l'église et la verdure apparaît là où le vent a déposé de la poussière de terre féconde. Eclairées par le soleil ces herbes
vivantes contrastent avec le bel ensemble stricte.
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C


Et il en résulte une nouvelle église, de pierre et de feuilles... 



B
J'aime ces gargouilles et ces vieilles pierres qui ont tant à nous raconter. Merci pour cette belle prose.
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C


Merci, Balladine : j'en trouve souvent chez toi aussi, de ces vieilles pierres qui parlent.



E
la rage de vivre de la moindre petite graine !
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C


oui, c'est toujours fascinant. 



Q
Magnifique !!!

Que j'aime ce partage entre mots et image !
Ta gargouille-arbre est splendide !

Passe une douce journée.
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C


Merci, Quichottine. Cette gargouille veillait sur une très vieille église, dans un tout petit village.



@
j'aime le com de Jill Bill, il traduit ce que j'aurais pu dire...
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C


Jill s'exprime si bien ! Merci, Annie. A bientôt.



J
Quand la gargouille du bas se met au vert pour ne plus être mouillée par celle du haut... Un pigeon, une graine dans sa fiente lui a fait un parapluie ! Merci pour ce nouveau regard, bonne nuit
Carole !
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C


Un cycle, en somme... Merci, Jill.