Fragile

Publié le par Carole

fragile
 
Fragile la mendiante assise dans la rue
Fragile la vieillesse quand misère la veille
Fragile le soleil quand un pauvre y a froid
Fragile la rue claire où se pose l'angoisse
 Fragile le bonheur qui ferme sa fenêtre
 Fragile le passant qui ne s'arrête pas
Fragile la boutique quand la faim la regarde
Fragile un monde riche où le malheur prospère
Fragile l'avenir quand détresse fait loi
Fragile notre amour quand charité se tait
Fragile toute vie quand une vie se meurt
 - Et fragiles les mots quand on ne sait que faire.

Publié dans Fables

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jamadrou 06/12/2012 12:08

Carole merci, oui le mot voyeurisme m'a frôlée mais ayant avant lu et regardé ton travail j'ai compris.
En effet les mots "fragile ne pas retourner" sont là comme choisis par cette femme qui penche la tête vers nous.
Recadrer cette photo? Oui pour nous recadrer...
Ta façon de voir est attentive.

jamadrou 06/12/2012 10:47

Une pièce un sourire j'aurais pu le faire...
prendre la photo de "Fragile" même vue de dos je n'aurais pas osé pourtant témoigner, réveiller les consciences est nécessaire...que faire?
Tout est si fragile.
"Fragile,ne pas retourner", rester derrière, se mettre en face, ne pas se retourner,s'asseoir sur la fragilité pour adoucir son assise, a-t-elle pu avant de s'asseoir sur ce carton manger la pizza
qui était à l'intérieur?
Cette photo sans votre poème Carole serait misère solitaire
mais vous avez partagé votre regard et je sens combien sont "fragiles les mots quand on ne sait que faire" face à tant de misère!

Carole 06/12/2012 12:01



J'ai hésité un moment en effet. Habituellement, je ne photographie pas les gens, ou vraiment de loin, en silhouettes, parce que je n'aime pas le voyeurisme. C'est donc exceptionnel parmi mes
travaux, cette femme vue de dos, certes, mais de près. Ce qui m'a incitée à le faire, c'est ce mot "fragile", qui était tellement fort symboliquement : en fait, c'est lui, c'est ce mot, que j'ai
photographié. Et ce qui m'a "décidée" à saisir l'appareil (je l'ai toujours en bandoulière, il faut dire), c'est ce passant portant un sac avec le mot "Vie"... Lui aussi est sur la photo Je
pourrais du reste recadrer très serré en ne gardant presque que cela : le choc des deux mots. Un témoignage, oui, car peut-on aujourd'hui traverser une ville sans rencontrer partout la misère et
les misérables ? Je pense que nous sommes revenus au temps des "Misérables", cela m'affole. 



MARIE 22/11/2012 13:03

Fragile... c'est tout à fait ça !
Tout ces gens trop fragiles pour comprendre le fonctionnement de notre monde et que la société rejette simplement sur un bord de trottoir ...
=> http://t-photographe.over-blog.com/article-encore-un-matin-un-matin-pour-rien-87087935.html

Carole 22/11/2012 14:12



Et ils sont de plus en plus nombreux à être fragiles... c'est pourquoi j'ai écrit que c'était ce monde lui-même, en définitive, qui était "fragile". 



Suzâme 21/11/2012 04:47

Je prends cette réalité de la misère avec impuissance. Qui éradiquera la faim dans le monde et dire que nous achetons des graines pour les oiseaux! Paradoxe de la fragilité. Merci pour ce texte qui
me réveille à 5h sur cette réflexion. A bientôt. Suzâme

Carole 27/11/2012 12:58



Oui, nous sommes "dépassés", et c'est désespérant. Je te dis "à bientôt" moi aussi, bien que mes retards s'accumulent, car je manque de plus en plus de temps pour tenir mon blog.



Erato :0059: 20/11/2012 19:02

Ta photo est émouvante et symbolique , ton regard l'a bien perçue.Quelle fragilité la condition humaine , un coup de vent et voilà l'être humain réduit à néant. Que sera demain , ce demain si
fragile.
Belle soirée Carole

Carole 27/11/2012 12:43



Rien de plus fragile qu'un humain, car il n'est rien sans la société qui le fait exister. Mais rien de plus fragile non plus qu'une société, quand elle défait les liens qui doivent unir les
hommes qui participent à son existence...



Balladine 20/11/2012 15:15

Merci de nous rappeler par ce beau poème la fragilité d'êtres humains jetés hors du système et tant d'argent, tant d'argent si mal réparti ! Je rage quand je croise ces pauvres gens, je donne
souvent une pièce, un sourire, mais c'est une goutte d'eau dans la mer...

Carole 25/11/2012 15:36



Oui, une goutte d'eau, mais qui souvent met une goutte de joie dans les yeux de celui qui reçoit.



valdy 20/11/2012 14:20

Mais tant de force dans ce poème.
Bravo

Carole 25/11/2012 15:23



Merci, Valdy. Je voulais juste écrire quelques mots pour "casser" la croûte d'indifférence qui gèle nos coeurs trop habitués à ces spectacles.



Catheau 20/11/2012 08:44

"Fragile, Ne pas retourner." Si, il faut se retourner vers eux et les regarder ainsi que vous le faites.

Carole 25/11/2012 15:21



Merci, Catheau, d'avoir lu entièrement l'inscription du carton. 



Quichottine 20/11/2012 01:37

Si fragiles... et nous, impuissants.

Carole 20/11/2012 14:17



Et tous fragiles, au fond.



Valentine :0056: 19/11/2012 22:10

Comme c'est beau... Oui, elle est attendrissante cette photo d'une vieille femme assise sur un cageot et sur un carton portant la mention "Fragile"... Et tes paroles sont si vraies ! Bonne soirée,
Carole.

Carole 24/11/2012 00:18



Beau - ou triste ?



marisol 19/11/2012 21:33

La vie est d'une terrible insolence avec cette femme et vous en parlez avec beaucoup de tact. Une pièce et un sourire ce n'est pas grand chose mais chacun peut le faire.

Carole 19/11/2012 22:16



Ce "fragile" m'a semblé résonner un peu comme un avertissement - un de ces mots que la vie place devant nous "par hasard" (mais le hasard est un grand artiste) pour nous "secouer". Il est
important de donner, mais une pièce de monnaie dans un océan de pauvreté, ce n'est presque rien. On peut aussi donner de son temps, comme bénévole. Mais il me semble qu'il y a dans cet incroyable
déferlement de la pauvreté, en pleine modernité, auquel nous assistons depuis au moins deux décennies, quelque chose qui dépasse les individus, et doit amener à s'interroger sur les choix de nos
sociétés pourtant encore très prospères.


Merci, encore une fois, Marisol, pour vos lectures attentives.



Gérard Méry 19/11/2012 18:40

Je ne sais pas si tu as l'oeil fragile mais aiguisé c'est sur !

Carole 19/11/2012 22:16



Merci, Gérard, mais mon oeil est bien moins exercé que le tien.



Hélène Carle 19/11/2012 17:36

¨Fragile
ne pas retourner¨

On dirait un avertissement pour parler doucement d'une âme...

Hélène*

Carole 19/11/2012 22:22



Un avertissement, c'est exactement ce qu'il m'a semblé. La femme était vraiment très vieille. Finir sa vie ainsi, oui, cela existe...



Nounedeb 19/11/2012 16:23

On pourrait croire que la photo suffisait, puisque tout y est, sauf la poésie qui vient de tes mots, et qui prend à la gorge.

Carole 19/11/2012 23:04



Merci, Nounedeb. C'est la misère qui souvent nous prend à la gorge.



louv' 19/11/2012 14:12

Toi au moins, tu as vu et tu témoignes. Quand la majorité passe son chemin...

Carole 19/11/2012 23:08



Témoigner, c'est l'un des objectifs que j'ai assignés à ce modeste blog du quotidien.



mansfield 19/11/2012 12:05

D'une justesse effrayante, quand on arrive au stade où l'homme ne peut rien pour l'homme.

Carole 20/11/2012 01:08



Oui, cela fait peur.



Nais' 19/11/2012 09:49

Bonjour Carole !
Quel texte fort, poignant... Combien de personnes mourront de froid dehors cet hiver ? Bien trop comme toujours, mais comme tu l'écris si bien, on ne sait que faire.
C'est très beau !
Bises, bonne semaine à toi

Carole 19/11/2012 23:35



Juste un témoignage, après avoir vu cette très vieille femme. Merci, Naïs, à bientôt.



M'amzelle Jeanne 19/11/2012 09:39

J'ai oublié de te dire que le choix de tes mots est superbe, comme toujours (!) et que j'aime beaucoup te lire.
Bizzouxx de Jeanne

Carole 20/11/2012 00:55



Ce "rajout" me fait bien plaisir, Jeanne. Merci infiniment.



M'amzelle Jeanne 19/11/2012 09:37

Je suis très émue de ce que ta plume me fait parvenir ! Voir de telles souffrances dans les rues de Nantes.. oui fragile est la vie, il faut peut pour se retrouver à la rue ! Mais que font nos
responsables en fermant les usines, l'homme a besoin de travail pour faire vivre sa famille.. Trop d'ors sous les linteaux de l'état....

Carole 20/11/2012 00:57



Je crois qu'on voit cela un peu partout. Malheureusement cela ne préoccupe que les plus "fragiles", dirait-on... les coeurs s'endurcissent si vite.



emma 19/11/2012 09:25

oui vraiment tu as l' oeil aiguisé, paparazza du quotidien

Carole 20/11/2012 00:02



Pourtant je vois assez mal en fait. Peut-être que je fais d'autant plus attention que j'ai du mal à bien voir ?



jill-bill.over-blog.com 19/11/2012 09:12

Bonjour Carole... Ton oeil a encore frappé ! Fragile la vie ne tient qu'à un travail et son salaire... Voilà le gros souci du monde actuel... l'emploi pour tous ! Merci......

Carole 20/11/2012 01:04



Un monde qui ne semble plus tourner qu'autour du principe d'exclusion... 



joelle.colomar.over-blog.com 19/11/2012 09:09

Que faire ? Voilà une question qui me taraude depuis longtemps. Se sentir impuissant, est-ce une marque d'orgueil ? Amitié. Joëlle

Carole 20/11/2012 01:01



Non, pas d'orgueil, je ne crois pas. Nous avons une empathie presque naturelle avec la souffrance d'autrui. L'habitude et le conformisme nous en éloignent.



timilo 19/11/2012 07:12

C'est notre société qui est fragile , elle en pense qu'à l'argent , ces liasses de papiers et oublie les plus fragiles d'entre nous
Dans mon association , ils arrivent par centaines
Bon et doux Lundi CAROLLE

Bisous

timilo

Carole 24/11/2012 00:15



Oui, un monde qui rend tant d'homme malheureux est bien fragile.


Merci d'aider les déshérités, Timilo.