Sur le bord

Publié le par Carole

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S'extraire du noir et s'arracher au gris,
quitter la chambre étroite,
Sur la corde de fer
du balcon qui s'étire,
poser sa patte rousse
comme soleil et joie,
puis traverser en funambule
toute l'eau claire du ciel.
S'en aller...
 
S'avancer sur les toits,
courir sur les vagues du vent,
s'alléger s'envoler
se faire oiseau ou feuille,
rouler sur les nuages,
accrocher un rayon
aux branches bleues des astres.
S'évader...
 
Mais le mur est bien haut,
et le vent est bien froid.
Mais le sol est si sombre,
et là-bas tout en bas : cette flaque de sang... 
c'est qu'on pourrait mourir...
Partir pourtant, partir,
tout élan le demande,
on sait qu'il le faudrait.
Mais le poids, le vertige
de la vie derrière nous
comment les oublier ?
 
Alors on reste un instant
sur le bord,
à fermer les yeux, à attendre
à rêver que l'on marche
bien au-delà de soi,
aux plages sans rivage
où les chemins s'effacent
et où les rêves battent,
comme des coeurs qui aiment,
la valse du bonheur.
 
Entre vouloir et être,
entre ciel et fenêtre,
entre force et tiédeur,
entre espoir et raison,
il est comme nous tous,
sur le bord,
immobile,    
ce chat qui rêve d'un envol.
 
Dire qu'on l'a peint sur une fenêtre murée !

Publié dans Fables

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A
C'est vrai qu'il y a la fascination du vol, nous pouvons en avoir la sensation physique (ce que je peux enseigner dans mes cours de théâtre) et c'est vraiment une sensation merveilleuse. Quant à la
gouttière, mis à part le chat "de..." je trouve qu'elle place le sujet dans son contexte en mariant illusion et réalité. Et puis, elle se situe là où le livre s'ouvre... imagine le texte à droite,
c'est parfait. Amitié Carole.
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C


Merci, Adamante, ta remarque sur le cours de théâtre m'intéresse particulièrement.
Quant à la gouttière, je suis sûre de mon choix, mais que de réflexions elle a suscitées, j'en ai été très heureuse. C'est vraiment agréable de voir les lecteurs réagir, s'impliquer ! rien ne
peut me faire davantage plaisir...



A
J'aime beaucoup ce poème, Carole, cet envol possible à condition de savoir prendre des risques... Amicalement.
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C


Tu sais, je l'ai écrit après avoir lu ce que Bachelard écrit du "rêve de vol" : une aspiration profonde, je pense, chez tous, mais qu'on ne réalise facilement qu'en rêve...



E
J'aime ce poème qui coule comme une source tranquille . La dernière strophe est notre chemin de vie ... avancer , sauter ou reculer ...
J'ai vraiment été leurrée par cette magnifique peinture en trompe l'oeil.
Tu as un don merveilleux de donner vie aux images.
Douce soirée, bises Carole
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E
rêver au rêve du chat de rêve... joli trompe l'oeil
quant à la gouttière, bien sûr qu'elle est indispensable au chat de gouttière
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C


belle formule, Emma, merci !



D
J'aime bien les réactions à propos de la gouttière, ça prouve que la photo est affaire de gout personnels et ça ne se discute pas. Ce qui est important et tu l'as montré c'est que c'était un choix
réfléchi dans ce cas-ci et c'est ce qui importe.
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C


Oui, je ne m'attendais pas à ce que cette gouttière entraîne autant de commentaires... Je trouve ce que tu écris très juste, mais quand tu dis que "ça ne se discute pas", je crois que si, et que
c'est ce qui est intéressant. Pour moi, "ça se discute"  - déjà dans l'esprit de celui qui cadre, puis redécoupe sa photo - et je trouve que c'est ensuite très utile d'écouter les jugements
des uns et des autres, c'est chaque fois une esthétique qui se révèle. Ce que j'ai bien aimé, c'est le croisement des regards de photographes avertis comme toi ou comme Gérard (toujours blagueur,
mais très sérieux en fait), et de poètes comme Nounedeb.


 



N
Mon grain de sel à propos de la gouttière: je trouve qu'elle ajoute à l'illusion.
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C


Ah, cette gouttière !


Mais je vais d'autant plus la laisser que j'ai écrit aujourd'hui sur la pluie : il faut que je sois cohérente...



G
oui mais là ..je parlais d'un chat de gouttière
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C


Ah bien sûr ! j'aurais dû m'en douter !



G
...pour ce chat tu as bien fait de laisser la gouttière à droite
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C


Merci de me donner toi aussi ton avis. Je sais que "cela se discute" - comme bien des choses en photo (et ailleurs). Pour moi, ce qui a finalement imposé le choix, c'est le texte, tout
simplement.


Toutes ces remarques que me font les photographes compétents me sont extrêmement utiles : j'ai tant à apprendre encore... Un cadrage, par exemple, c'est extrêmement délicat, un détail en plus ou
en moins, et c'est réussi ou raté.



P
Une façade en trompe l'oeil, et une riche réflexion sur ce que représente une vie en trompe l'oeil ... que d'obstacles à surmonter pour se construire dans la fidélité à ses désirs profonds ...
Bonne soirée, Plume .
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C


Merci, Plume. je crois que tu traduis au plus près le sens que l'auteur de la fresque a voulu donner à son "trompe-l'oeil". Du moins j'ai la même perception que toi.



M
Le désir d'une autre vie que la sienne, que cela est bien évoqué, et ce chat en trompe l'oeil nargue celui qui le regarde et se dit :à quoi bon? Tout n'est qu'illusion...
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C


Je crois que c'est bien le sens que l'auteur de ce trompe-l'oeil a voulu donner à sa fresque.


Merci, Mansfield.



H
Il y a l'illusion de ce monde qui trompe bien plus que l'oeil. Il y a le souci d'embellir la vie. Il y a ce juste milieu, cet espace parfait où nous voudrions être. Et l'image rend les trois. Tes
mots vont encore au-delà!

Hélène*
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C


Merci, Hélène, pour cette belle réflexion sur l'illusion - et ses emboîtements qui ont la fragilité et la beauté aussi des vues kaléidoscopiques.



E
Bon jeudi!
Répondre
C


Merci, Emilie.



D
belle prise que ce chat. j'aime bien le cadrage. par contre suis un peu "attiré" par le tuyau sur la droite.. aurait-il fallu donner un coup de "tampon" pour le supprimer, je me demande
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C


Je me suis évidemment posé la question : rien de plus simple que de supprimer cette gouttière "moche" (de travers, cabossée).
Mais je l'ai laissée finalement, en pensant que cela soulignait le sens du texte en opposant fortement la laideur du mur "réel" au rêve du chat en trompe-l'oeil. 


Merci de tes remarques, elles me sont très utiles, je recherche les conseils des bons photographes.


 



M
La peur, les préjugés, la paresse... que de fils à la patte.
J'aime beaucoup ton poème, la richesse de ses images sur ce joli tableau.

Merci Carole
Bonne journée ;)
Martine
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C


Et moi j'aime beaucoup ta réflexion sur les "fils à la patte" que nous traînons - et dans lesquels nous nous étouffons peut-être nous-mêmes... 


Merci, Martine.



J
Vouloir dissimuler l'horreur, ne l'empêche pas d'exister. Il faut beaucoup de rêves pour s'en échapper ! Douce journée à toi. Joëlle
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C


L'horreur, ou tant d'autres choses... mais on peut beaucoup rêver, justement.



K
Un chat fildefériste
Trop bien ce trompe l'oeil
Merci pour la communauté ♥
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C


Fildeferiste, c'est le mot qui convient ! 


Merci, Kri



D
Je suis tombé dans le panneau!!!! Je n'avais pas vu le trompe-l'oeil. Mais la gouttière me dérangeait. Bravo.
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C


Je suis très flattée que tu sois "tombé dans le panneau" ! Mais à vrai dire le mérite en revient à l'auteur très doué de ce trompe-l'oeil (j'ignore son nom, sinon je l'aurais indiqué)



M
Tout le monde, quelque part, rêve de liberté n'est pas ce qu'évoquent tous ces trompes l'oeil que l'on voit sur nos murs, sur chacun de ces espaces opaques et fermés, quelqu'un rêve de transparence
et d'évasion...
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C


Je trouve très judicieuse ton analyse de ces trompe-l'oeil devenus si fréquents sur les murs.


Merci, Marie, pour cette réflexion d'une grande finesse.



N
Ce trompe l'oeil est vraiment bien fais,
je n'avais rien vu, c'est en lisant que j'ai compris..
Bon jeudi, bizz
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C


Eh oui, c'est un vrai "trompe-l'oeil" !



N
On regarde d'abord la photo. Comme elle est bien prise! Plate comme un tableau, avec ce chat statique, patte et queue en l'air - on s'interroge.
Et la légèreté dansante du poème, au début, qui s'assombrit ensuite dans une profonde réflexion à laquelle ne se livre pas le chat puisqu'il n'est, comme on l'avait pressenti, qu'une image.
Magnifique.
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C


Merci, Nounedeb, d'avoir ainsi ronronné pour ce chat !



L
Bonjour Carole, c'est un trompe l'oeil ? très bien fait en attendant...bise et bon week end.
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C


Un trompe-l'oeil, oui, peint sur un mur dont les fenêtres ont été bouchées, et dans une rue laide et sombre. Il fallait bien qu'il soit beau !



J
Eh eh Carole, un joli trompe l'oeil ! Comme nous... oh oui ! Merci pour ce partage poétique....
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C


Comme nous, et ce n'est pas de l'anthopomorphisme, pour une fois, puisque le chat est une image.