Décor urbain

Publié le par Carole

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J'adore, au théâtre, les décors de rue peints. Il y en a de merveilleux aussi dans les vieux films. La Ronde de Max Ophüls, par exemple,  est à cet égard - comme à tant d'autres - une remarquable réussite.
 
Et quand je marche dans la ville, il me semble toujours, à l'inverse - mais est-ce vraiment l'inverse ? - que les rues - je veux dire les rues "réelles", si ce mot a un sens - couvertes de mots, de dessins, d'affiches, d'inscriptions, de reflets, de couleurs, sont des décors, qu'un metteur en scène ingénieux a fait peindre et disposer pour que nous puissions, passants incertains que nous sommes, jouer un moment notre rôle.
 
MISE EN SCENE  désordonnée, certes, où chacun, sans se préoccuper de ce qu'on joue près de lui, joue de son côté une pièce de sa façon, dans une cacophonie étrange et bousculée. Mais finalement mise en scène magnifique, toujours absolument juste - dans le laid, le beau ou le médiocre, toujours parfaite et pure.
TROUVAILLES continuelles, inlassables fantaisies du quotidien.
Scénographie mobile et fugitive de l'éphémère FMR.
 
En passant rue Mercoeur cet après-midi-là, j'ai eu la curieuse impression - drôle d'impression, vraiment -, que la vieille camionnette à bout d'âge s'était garée là exprès. - ou plutôt que quelqu'un, exprès, l'avait posée en équilibre sur ce trottoir. Entre les deux boutiques aux noms si bien accordés, elle s'était placée si exactement où il fallait, avec son chargement coloré d'autographes précaires griffonnés par des stars obscures du marker, de la bombe à peinture et des nuits blanches, comme la dernière touche du décor. Et c'était, sous l'évidente laideur, d'une absolue justesse de ton et de sens.
 
La rue est un théâtre. Habitant, passant, automobiliste, cycliste ou commerçant (peu importe la distribution, qui peut varier à tout instant), chacun y tient à son tour sa partie, sans trop savoir comment ni pourquoi, avant de disparaître dans la coulisse - ou nulle part.
 
Quant au photographe... au moment précis qui lui est destiné, il s'approche, et prend l'image : c'est son emploi dans ce vaste spectacle.

Publié dans Fables

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A
Tu as un vrai talent de metteur en scène, un œil original et singulier.
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C


C'est la hasard en l'occurrence qui a été le metteur en scène, je n'ai rien fait d'autre que de remarquer son oeuvre.



E
Mais oui Carole, tu as raison ! La rue est un théâtre, et j'ai eu cette révélation précisément et plus que n'importe où ailleurs, dans les rues de Naples !... J'adore ton billet, j'adore ton talent
!
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C


Merci Eva ! A Naples l'impression de théâtre doit être encore plus forte, je le crois volontiers.



Z
: )
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C


Merci Nathalie pour ce qui ressemble à un sourire - de côté !



E
tes reflexions me font parfois penser à une phrase relevée dans un livre (peut être de Denis Tillinac): "je regardais passer la vie derrière la vitre, me demandant pourquoi je faisais semblant d'y
participer "
et ce décor de rue là, te plait-il ?
http://pictozoom.over-blog.fr/article-y-a-plus-d-croissants-56451315.html
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C


Merci Emma, d'avoir fait ce rapprochement, et de m'avoir montré ta "boulangerie" si joliment désuète.



N
Yep, excellent, pile au bon endroit et c'est vrai que le nom de ces boutiques collent hachement bien :)
Et j'adore ton terme : "des stars obscures du marker" :))
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C


Merci Nova, à bientôt dans "Exploration urbaine "!



R
"La rue est un théâtre" ; elle peut aussi ouvrir une page d'une bande dessinée ...

C'est ainsi qu'à Bruxelles certains murs de côté de maisons, dans les rues commerçantes, ont été entièrement repeints dans ce sens.

Je pense notamment, parmi tant d'autres, à celui où l'on voit un escalier en métal que descendent en courant en courant Tintin, Milou et le capitaine Haddock ...

Il s'agit, si vous vous souvenez de "L'Affaire Tournesol", de l'escalier de secours de l'hôtel Zsnôrr à Szohôd, en Bordurie. (Dans l'édition de 1955, nous sommes p. 50, vignette 11).

Impressionnant !

Bruxelles semble être devenue une BD à ciel ouvert ; d'autres nombreuses réalisations ici : http://users.skynet.be/martinod/stripmuur-fr.html
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C


Merci pour le lien. Je ne savais pas qu'il y avait un tel culte d'Hergé à Bruxelles ! Mais cela prouve qu'il a vraiment su créer "un monde".



J
Au théatre de la vie, tu es la reine, celle qui d'un oeil aiguisé voit tout ! Tu n'es pas qu'une simple photographe, tu es l'art de vivre. Belle journée. Joëlle
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C


Joëlle tu me ferais rougir si je n'étais pas "obligée" de te retourner ce compliment ! Il te sied mieux qu'à moi.



M
Bien sûr la rue est un théâtre... pour les marionnettes que nous sommes !
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C


Théâtre de marionnettes aussi, oui, et dire que nous ne voyons pas "les fils qui nous remuent" !



L
vraiment excellent, tous les détails sont parfaits
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C


Merci Lutea, tu me combles avec ce commentaire.



E
Un billet très pertinent que j'aime beaucoup. La rue est un vrai théâtre où chacun a un rôle , il est bon de s'asseoir et de regarder! Belle soirée, bises Carole
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C


Merci Erato. Mais s'asseoir et regarder, sais-tu que c'est encore un "rôle" ?



G
Ce n'est pas par hasard que le théâtre de rue existe. Bonne fin de soirée Carole
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C


Oui, la rue est la meilleure des scènes !



H
Je comprends encore mieux pourquoi chaque fois que je quitte mon chez-moi, j'ai cette vision amusante d'un grand foulard dans le vent et je m'entends penser:¨Allons jouer!¨...

Hélène*
en souriant
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C


Commentaire qui me charme, Hélène ! Merci.



C
"Le monde est une scène/ Et les hommes et les femmes n'en sont que les acteurs..." Sous votre plume, ce thème se modernise, s'urbanise et nous en devenons- grâce à vous- les spectateurs
jubilatoires.
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C


Merci Catheau. J'avais pensé au "Grand théâtre du monde" de Calderon. C'est pourquoi j'ai représenté dans le texte l'"auteur" - photographe.



J
Bonjour Carole... J'applaudis ! Voilà une balade entre la "Mise en scène" et les "Trouvailles" bien vue et bien mise en boîte... Cette camionnette barbouillée en première figurante.... Oui la rue
est un théâtre, suffit d'ouvrir l'oeil... merci, jill
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C


Merci Jill, je crois que tu sais à la fois ouvrir l'oeil et cligner de l'oeil quand il le faut, toi !