Clown triste

Publié le par Carole

clown pâli - grille - version finale
 
Ce clown... je l'avais déjà photographié il y a trois ans sur la vitrine d'une boutique, dans un petit centre commercial de banlieue.
Il avait alors le nez rouge, et des couleurs ardentes de bon clown joyeux.
Je suis repassée par hasard, tout à l'heure. La boutique était à vendre à louer à brader ou à perdre, dans le centre commercial désormais déserté hanté par la poussière. Depuis trois ans sans doute attendant le chaland.
Le clown était toujours là cependant, et il riait encore, d'un rire pâle et bleui qui commençait à disparaître.
 
C'est ce qu'on appelle la "Crise", je pense. Quand tout est comme avant. Qu'il ne se passe rien. Mais que la vie se grille, que les portes rouillées ont cessé de s'ouvrir, et que les rires s'effacent, et que la poussière gagne. Et qu'on nous dit d'attendre. Et que ça dure trois ans. Et que ça dure trente ans.
 

Publié dans Fables

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C
Pour moi, le clown a toujours été triste et sa gaieté n'est que de façade.
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G
le soleil lui a fait perdre la rougeur de son nez..d'habitude c'est l'inverse.
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C
Ce clown me fait penser à celui d'agathe !... et celui-ci a de bonnes raisons d'être triste derrière ses barreaux, mais son sourire résiste envers et contre tout. Le jour où le magasin sera repris,
il te manquera sûrement...
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S
C'est triste en effet.
Oui je partage votre point de vue quant à la crise. Quelle solution ? là aussi la réponse n'est pas plus enchantant. En tout cas Merci pour cet article.
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C


Merci de votre visite, Sénégal.



S
Les crises qui durent ne sont pas des crises mais des situations savamment orchestrées...
La pauvreté est aux seuils de nos portes et le mot d'ordre est consommer, mais consommer avec quel argent quand le travail fuit et que des poches continuent à gonfler effrontément.
Merci de ce regard d'empathie, Carole. Parce qu'un clown triste est-il encire un clown ?
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C


Sur ce mot "crise" on pourrait longtemps parler. Son emploi actuel, systématiquement à contresens ("une crise qui s'éternise"), participe forcément de la "novlangue". Mais nous sommes tous
contamniés par ces emplois nouveaux de mots pas du tout innocents.



M
correction: "... et TU le fais très bien"
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M
Nous construisons nos images. C'est cela créer. Et le fais très bien.

Quant à la crise elle me fait penser à un basculement vers un autre ordre mondial déjà bien à l'aise.

Les choses changeront peut être lentement lorsque les peuples pauvres dont le capital exploite le travail à bas prix commenceront à réclamer des conditions de vie et de travail plus décentes, non?
Désolée pour ce petit laïus. ;)
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Z
depression..
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Z
c'est vrai que ce n'est plus une crise..depuis au moins 30 ans ...
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F
et le clown n'a plus envie de faire rire
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A
Une belle trouvaille encore, oui ; et une belle méditation sur cet effritement des choses... Le clown pâli, qui veut sourire malgré l'abattement ambiant ; et les trente ans, en effet, de "crise"...
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N
Un jour, le rire sera en prison - il l'est déjà, pas si loin...
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G
La crise , la crise........oui certainement.
L'Ukraine , Ebola , les djihadistes , les tempêtes , les tremblements de terre..............oui certainement.

Encore un petit effort avant d'atteindre tous les morts des deux guerres du siècle précédent.

Je vais de ce pas cueillir quelques fleurs.

Amitiés.
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C


J'ai bien écrit : "il ne se passe rien". Tout s'éteint peu à peu, c'est tout. Il y a beaucoup de personnes touchées, et je ne vois pas pourquoi leurs souffrances seraient méprisables sous
prétexte qu'on a vu et verra bien pire sur cette terre. La "crise", d'ailleurs, c'est un mot des dirigeants, pas le mien, je le laisse entre guillemets, car il y aurait beaucoup à en dire, mais
je ne tiens pas un blog politique.


En outre, je n'ai pas la prétention de parler du monde entier ni de tous les siècles de l'histoire humaine... Ce blog, "Chemin des jours", se consacre au quotidien, et non à l'extraordinaire. Ici
et maintenant, c'est peut-être modeste, en joie comme en souffrance, mais cela me semble déjà valoir la peine d'être exploré.


Pour la guerre et les malheurs de nos aïeux, c'est ici (chez moi aussi, mais avec des objectifs différents) : http://cheminderonde.wordpress.com/2014/08/28/une-visite-a-pepe/


 



M
Comme c'est vrai, c'est criant en ce moment, la crise balaie tout sur son passage et les sourires aussi!
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R
Et il y a des "clowns" qui sont loin d'être tristes : ceux qui nous gouvernent et qui cachent leur impéritie, non pas derrière un nez rouge ou bleui, mais derrière le mot "crise" ...
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J
Pour noyer une tristesse, les clowns eux aussi boivent. Le nez devient rouge, puis violet, puis bleu. Ensuite, il s'encrasse de bubons. Le dernière étape? On l'enferme derrière des barreaux
tressés. Le commerce alors n'est plus possible. Dans quel cirque nous oblige-t-n à vivre?
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J
En ville, les commerces, ferment, changent de main ou pas, les centres commerçiaux... eux font leur beurre, le tout sous la main et le parking auto, gratuit... c'est aussi cela qui tue le p'tit...
merci Carole
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