Clown triste

Publié le par Carole

clown pâli - grille - version finale
 
Ce clown... je l'avais déjà photographié il y a trois ans sur la vitrine d'une boutique, dans un petit centre commercial de banlieue.
Il avait alors le nez rouge, et des couleurs ardentes de bon clown joyeux.
Je suis repassée par hasard, tout à l'heure. La boutique était à vendre à louer à brader ou à perdre, dans le centre commercial désormais déserté hanté par la poussière. Depuis trois ans sans doute attendant le chaland.
Le clown était toujours là cependant, et il riait encore, d'un rire pâle et bleui qui commençait à disparaître.
 
C'est ce qu'on appelle la "Crise", je pense. Quand tout est comme avant. Qu'il ne se passe rien. Mais que la vie se grille, que les portes rouillées ont cessé de s'ouvrir, et que les rires s'effacent, et que la poussière gagne. Et qu'on nous dit d'attendre. Et que ça dure trois ans. Et que ça dure trente ans.
 

Publié dans Fables

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Catheau 30/09/2014 19:31

Pour moi, le clown a toujours été triste et sa gaieté n'est que de façade.

Gérard 25/09/2014 19:29

le soleil lui a fait perdre la rougeur de son nez..d'habitude c'est l'inverse.

cathycat 24/09/2014 19:03

Ce clown me fait penser à celui d'agathe !... et celui-ci a de bonnes raisons d'être triste derrière ses barreaux, mais son sourire résiste envers et contre tout. Le jour où le magasin sera repris,
il te manquera sûrement...

senegal 24/09/2014 14:05

C'est triste en effet.
Oui je partage votre point de vue quant à la crise. Quelle solution ? là aussi la réponse n'est pas plus enchantant. En tout cas Merci pour cet article.

Carole 26/09/2014 00:52



Merci de votre visite, Sénégal.



saravati 24/09/2014 12:06

Les crises qui durent ne sont pas des crises mais des situations savamment orchestrées...
La pauvreté est aux seuils de nos portes et le mot d'ordre est consommer, mais consommer avec quel argent quand le travail fuit et que des poches continuent à gonfler effrontément.
Merci de ce regard d'empathie, Carole. Parce qu'un clown triste est-il encire un clown ?

Carole 26/09/2014 00:54



Sur ce mot "crise" on pourrait longtemps parler. Son emploi actuel, systématiquement à contresens ("une crise qui s'éternise"), participe forcément de la "novlangue". Mais nous sommes tous
contamniés par ces emplois nouveaux de mots pas du tout innocents.



michèle 24/09/2014 08:28

correction: "... et TU le fais très bien"

michèle 24/09/2014 08:27

Nous construisons nos images. C'est cela créer. Et le fais très bien.

Quant à la crise elle me fait penser à un basculement vers un autre ordre mondial déjà bien à l'aise.

Les choses changeront peut être lentement lorsque les peuples pauvres dont le capital exploite le travail à bas prix commenceront à réclamer des conditions de vie et de travail plus décentes, non?
Désolée pour ce petit laïus. ;)

zadddie 24/09/2014 00:07

depression..

zadddie 24/09/2014 00:05

c'est vrai que ce n'est plus une crise..depuis au moins 30 ans ...

flipperine 23/09/2014 23:26

et le clown n'a plus envie de faire rire

Aloysia 23/09/2014 21:37

Une belle trouvaille encore, oui ; et une belle méditation sur cet effritement des choses... Le clown pâli, qui veut sourire malgré l'abattement ambiant ; et les trente ans, en effet, de "crise"...

Nounedeb 23/09/2014 16:40

Un jour, le rire sera en prison - il l'est déjà, pas si loin...

Georges 23/09/2014 15:39

La crise , la crise........oui certainement.
L'Ukraine , Ebola , les djihadistes , les tempêtes , les tremblements de terre..............oui certainement.

Encore un petit effort avant d'atteindre tous les morts des deux guerres du siècle précédent.

Je vais de ce pas cueillir quelques fleurs.

Amitiés.

Carole 23/09/2014 17:57



J'ai bien écrit : "il ne se passe rien". Tout s'éteint peu à peu, c'est tout. Il y a beaucoup de personnes touchées, et je ne vois pas pourquoi leurs souffrances seraient méprisables sous
prétexte qu'on a vu et verra bien pire sur cette terre. La "crise", d'ailleurs, c'est un mot des dirigeants, pas le mien, je le laisse entre guillemets, car il y aurait beaucoup à en dire, mais
je ne tiens pas un blog politique.


En outre, je n'ai pas la prétention de parler du monde entier ni de tous les siècles de l'histoire humaine... Ce blog, "Chemin des jours", se consacre au quotidien, et non à l'extraordinaire. Ici
et maintenant, c'est peut-être modeste, en joie comme en souffrance, mais cela me semble déjà valoir la peine d'être exploré.


Pour la guerre et les malheurs de nos aïeux, c'est ici (chez moi aussi, mais avec des objectifs différents) : http://cheminderonde.wordpress.com/2014/08/28/une-visite-a-pepe/


 



mansfield 23/09/2014 11:21

Comme c'est vrai, c'est criant en ce moment, la crise balaie tout sur son passage et les sourires aussi!

Richard LEJEUNE 23/09/2014 07:54

Et il y a des "clowns" qui sont loin d'être tristes : ceux qui nous gouvernent et qui cachent leur impéritie, non pas derrière un nez rouge ou bleui, mais derrière le mot "crise" ...

jc legros 23/09/2014 06:37

Pour noyer une tristesse, les clowns eux aussi boivent. Le nez devient rouge, puis violet, puis bleu. Ensuite, il s'encrasse de bubons. Le dernière étape? On l'enferme derrière des barreaux
tressés. Le commerce alors n'est plus possible. Dans quel cirque nous oblige-t-n à vivre?

jill bill 23/09/2014 03:56

En ville, les commerces, ferment, changent de main ou pas, les centres commerçiaux... eux font leur beurre, le tout sous la main et le parking auto, gratuit... c'est aussi cela qui tue le p'tit...
merci Carole