Cinq notes

Publié le par Carole

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- Rue de Feltre - 8 mars 2012 -
 
Le 8 mars, j'avais écrit ce petit texte, que j'avais intitulé "Quatre notes" (http://carole.chollet.over-blog.com/article-quatre-notes-101196393.html) :
 
 
"En remontant cet après-midi la rue de Feltre, j'avais le coeur léger. J'ai vu ces quatre notes ailées.
Vertes comme le mois de mars que célébraient les vitrines, ondulant sous le vent comme des voiles au loin, quatre doubles croches avaient posé soudain, dans le vacarme de la ville, la légère harmonie de leur rythme rapide, quatre petits drapeaux avaient planté, dans le fracas d'une rue commerçante, leur fragile désir de beauté.
Quatre coups de timbales au sacre du printemps.
Quatre coups de baguettes sur le tambour d'un dieu.
Quatre brins de fougères dans la forêt du jour.
Quatre graines germées dans le champ de l'espoir.
Quatre petites caravelles avançant de conserve en quête d'un nouveau monde.
Quatre notes échappées des grilles de la portée,  qui avaient décidé d'aller dans l'autre sens.
On nettoiera bientôt ces graffitis, ou bien la pluie les lavera, le soleil les éteindra : c'est dans l'ordre et beaucoup s'en réjouiront.
Pourtant, il est bon de sentir qu'il suffit de si peu...
Qu'un enfant malicieux, qu'un étudiant rieur, chef d'orchestre de nos rêves enfouis, s'amuse à dessiner, avec un pochoir de carton, sur un mur terne, quelques notes colorées,
et aussitôt quelque chose en nous se met à chanter."
 
 
Puis j'avais cessé d'y penser... Et voilà qu'aujourd'hui j'ai vu que mes quatre notes étaient cinq maintenant à danser comme des feuilles sous la pluie d'octobre :
 
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- Rue de Feltre, 19 octobre 2012 -
 
Cinq faînes envolées qui voguaient à tribord, cinq brindilles au vent qui s'égouttaient aux branches de la ville d'automne.
Et cette note neuve, toute jeune, encore frêle, cette petite cinquième qui était venue rebondir un peu trop bas, goutte de pluie trop bleue sur le pan de mur gris, cette note nouvelle, maladroite, rompant l'ordre de la portée, si décevante d'abord au milieu des autres, il m'a semblé qu'elle était finalement bien à sa place dans la mélodie. Il m'a même semblé qu'elle était, là, parmi ses soeurs ailées, comme le jeune élan volubile de la fantaisie - cette fleur née de rien qui s'enracine en tout, cette flammèche d'espérance, ce petit caillou rond jeté sans y penser sur le trottoir boueux, et qui sème, sans s'en soucier, un regard, une perle, un bijou de printemps, ou un bout de chanson, dans la foule qui va, dans l'hiver qui s'en vient.

Publié dans Nantes

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Jean-Claude 31/10/2012 16:09

... disparaître pour prendre le temps de tout sauver ...
... disparaître pour mieux renaître ...
... disparaître pour bien préparer une renaissance (vous en serez informée) sous d'autres cieux qui me conviendront à nouveau ...

Carole 31/10/2012 23:18



Alors à bientôt sous ces cieux nouveaux !



Jc Vincent 23/10/2012 23:56

Très belle création ...
Très belles notes qui sont parvenues, Richard ne s'y est pas trompé, jusqu'en Belgique, jusque chez moi ... aussi !
Merci Carole.

Carole 31/10/2012 15:46



C'est toujours agréable de vous retrouver ! J'ai beaucoup, beaucoup de retard dans mes lectures de blog, mais j'ai vu chez vous le bandeau "blog en voie de disparition" : pourquoi donc ? C'est
dommage... La nouvelle version d'OB a l'air de bien tarder, on peut encore profiter un peu de l'ancienne.



Alain 23/10/2012 15:14

Un régal ce texte !
Comment ne pas penser aux "Trois petites notes de musique" chantées par l'inoubliable Cora Vaucaire, et les plus grands comme Juliette Gréco et Yves Montand. J'y retrouve la même posie légère,
savoureuse, qui incite à chantonner en marchant :
" Trois petits notes de musique
Ont plié boutique
Au creux du souv'nir..."

Carole 31/10/2012 00:03



Merci, Alain. Ces références musicales me plaisent beaucoup ! 



Cendrine 22/10/2012 20:33

Mélodie dans le paysage urbain, sans prétention, faisant fi de la perfection et c'est ce qui nous réjouit le plus!
Un tatouage spontané sur la peau du mur et ton regard de poétesse qui nous fait partager ces moments.
Un profond merci!
Excellente soirée, amitiés
Cendrine

Carole 30/10/2012 19:46



J'aime beaucoup ton idée de "tatouage sur la peau du mur" : merci infiniment Cendrine.



Catheau 21/10/2012 14:45

Des petites notes de musique qui n'ont pas plié boutique et qui se multiplient.

Carole 28/10/2012 22:14



Qui sait si d'autres ne se poseront pas ? Je guette, maintenant.



Richard LEJEUNE 21/10/2012 09:33

Très beau, très pur comme certaines compositions musicales qui nous emportent.
Je les emmène vers la Belgique, ces cinq notes : vous les y retrouverez sous peu ...

Carole 28/10/2012 22:00



Je les ai retrouvées en effet, et vous dis merci, Richard. 



Hélène Carle 20/10/2012 17:32

Souhaitons que cela se termine en chanson!

Très beau ce texte, plein d'un regard bien tendre.

Hélène*

Carole 27/10/2012 00:31



C'est déjà une chanson, je crois. A chacun d'en inventer la mélodie !



Nounedeb 20/10/2012 14:13

Un demi ton au dessous, on dirait, cette petite note bleue...

Carole 26/10/2012 14:21



Tu remarques tout ! Elle est un peu timide, je trouve, consciente d'être un peu moins bien dessinée, de résonner un peu moins fort... mais elle est là !



mansfield 20/10/2012 13:40

Ces notes apportent beaucoup de fantaisie à ce mur et tu l'exprimes magnifiquement, 'j'adore "tes caravelles avançant vers le nouveau monde."

Carole 26/10/2012 14:20



A Nantes, l'image des bateaux s'impose ! Merci, Mansfield.



louv' 20/10/2012 11:52

J'aime toutes ces poésies urbaines. Comme quoi, le béton peut avoir beaucoup de charme parfois...

Carole 26/10/2012 14:20



Oui, souvent même ! Merci Louv'. Tu n'as toujours pas de nouvelle adresse de blog ?



Gerard 20/10/2012 10:15

Je '' note '' que l'une d'elle veut se faire remarquer

Carole 27/10/2012 00:08



sans nul doute... c'est pourquoi je l'ai remarquée...



joelle.colomar.over-blog.com 20/10/2012 09:37

Cette petite cinquième doit être l'oeuvre d'un passant qui, contrairement à toi n'avait pas les mots pour exprimer sa joie devant le dessins des quadruplettes ! Belle journée Carole, garde ta bonne
humeur. Amitié. Joëlle

Carole 26/10/2012 14:16



Oui, une note maladroitement tracée... mais c'est la cinquième, la suite, qui prouve qu'il y avait bien sur le mur le début d'une chanson. Merci, Joëlle.



jill bill 20/10/2012 07:31

Musique que tes mots pour quatre, cinq notes au mur gris de la ville... merci !

Carole 26/10/2012 14:13



Merci, Jill.



MARIE 20/10/2012 00:52

J'adore l'initiative, de celui qui a décidé d'ajouter cette cinquième note de musique... et si on pouvait ainsi composer toute une symphonie ?! ;)

Carole 24/10/2012 00:04



Je vais suivre l'affaire, et si je vois apparaître d'autres notes, je ferai un autre article... cela mérite bien une page, cette chanson des rues...



armide+Pistol 20/10/2012 00:16

Douée pour la plume comme pour la musique.

Carole 23/10/2012 23:59



Merci, Armide, ce commentaire me touche beaucoup.