Astéroïde

Publié le par Carole

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Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Tintin. L'étoile mystérieuse. Le petit FERS jaune et l'Aurore, luttant contre l'effroyable étoile...
Toute notre civilisation, il me semble, depuis l'an mil, depuis le mil avant l'an mil, depuis toujours sans doute, s'est construite contre la peur d'une fin du monde. Les royaumes, les palais, les églises. L'éternité, le progrès, le confort. Les cimetières et les académies. Les ponts et les avions, les autos, les usines et les banques. Les écrivains et la postérité. La Pléiade et Victor Hugo. Et même les BD.
Pour en finir avec la peur que tout, un jour le dernier jour, ne se finisse, pendant des siècles et sans relâche, on a exploré, travaillé, rimé, inventé, imaginé, théorisé, archivé, breveté, fabriqué, éradiqué, aseptisé, robotisé... Le monde entier, en algorithmes séquencés, on l'a enfin couché et ligoté dans les filets du web.
Enfin, disait-on, enfin, il était tout à fait maîtrisé, ce géant remuant. On en avait à jamais terminé avec les champignons du cauchemar et les explosions du hasard.
Petits Tintins qui ne savaient pas grandir, Poucets perdus dans leurs bottes de sept lieues, nous n'avions rien compris. Rien compris à nous-mêmes. A la fascination fatale qui animait nos efforts.
Car voici qu'aujourd'hui l'aiguille a fait son petit tour de mil sur le cadran des ans, et que nous la craignons plus que jamais, la fin du monde, et qu'elle pourrait bien, justement, beaucoup plus que l'immanquable résultat, être le sens caché de cette fabuleuse civilisation qui croyait qu'elle voulait en finir avec la fin du monde. On est toujours rattrapé par ses peurs, quand ce sont elles qui vous ont jeté sur la route.
Et voici qu'aujourd'hui, passifs, coupables et résignés, nous attendons, les yeux fermés, que tout cela finisse, en guettant, sans rien faire, comme ils nous l'avaient demandé, jadis, les vieux imprécateurs, la fin de notre monde, notre fin de leur monde.
Pourquoi ?
Pourquoi se demander pourquoi ?
 
C'est simplement, au fond, que nous en avions toujours eu la conviction.
Qu'elle nous attendrait au tournant. Qu'elle nous arrêterait au milieu de la course,
la fin.
 
Et que peut-être
ce serait 
comme dans Tintin
que ce ne serait pas
pas vraiment
pas du tout
la fin.
 

 

Publié dans Fables

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Aude terrienne 15/12/2014 19:47

Heureusement que certaines choses ont une fin ! Tu te rends compte comme la planète serait surpeuplée si personne ne mourrait jamais !
Les poules n'auraient jamais vu le jour si les dinosaures ne s'étaient pas éteints.
Perso, je ne suis pas orgueilleuse, je pense que les hommes ne peuvent détruire que leur minuscule planète et le reste de l'univers pourra donc continuer tranquille comme Baptiste à tourner selon
son humeur quand la Terre aura fini de nous (sup)porter, nous et nos illogismes.
Bye et merci pour le sujet de réflexion.

almanito 15/12/2014 19:30

Bizarre, ça. OB a mangé mon commentaire!

Carole 15/12/2014 19:31



Non, je l'ai côté "administration". Merci, Marie-Jo.



flipperine 15/12/2014 18:49

nul ne peut prédire l'avenir tout change certes est-ce une alarme pour la fin du monde on ne peut le dire et de toute façon on est bien obligé de subir

Mamilouve 15/12/2014 14:49

Tout a une fin. La fin du monde viendra donc un jour. Nous nous en rapprochons à chaque seconde. Faut-il pour autant la craindre aujourd'hui plus qu'hier ? Que nous y concourrons ne fait désormais
plus de doute. Mais la crainte de la fin, c'est-à-dire de la mort, n'a l'a jamais empêchée d'arriver. Alors profitons de la vie tant qu'elle est là et oeuvrons au mieux à retarder l'échéance. La
nôtre, celle du monde.

almanito 15/12/2014 11:07

Et plus les petits hommes prétentieux cherchent à prouver leur puissance, plus ils sont faibles et courent à leur perte en détruisant tout...
Ce n'est pas de la fin du monde dont nous devons avoir peur, mais de nous.

Nounedeb 15/12/2014 08:31

Selon la cosmogonie hindoue, rien n'est perdu: quand ce Kali Yuga, dernier des âges, s'achèvera (au bout de plus de 400 000 ans), Visnu fera repartir la machine, et tout recommencera...
** )

Carole 15/12/2014 17:31



Alors, si on n'a plus que 400 000 ans à "tirer", le paradis, c'est (après)-demain.



mansfield 14/12/2014 21:40

Tintin n'est pas si léger que ça et avec lui nous plongeons dans les peurs générées par l'époque actuelle, quel tristesse!

Carmen P. 14/12/2014 21:10

Eh oui, qu'en savons-nous. La peur est la seule façon de contenir les peuples, de contrôler les individus... quelques uns, dans une certaine mesure, parviennent à s'en affranchir et... font
peur.
Maintenant que je vais être bientôt mamie, j'espère que la Vie garde de belles promesses pour cet enfant et ceux de sa génération... et des suivantes.

Aloysia_Martine 14/12/2014 19:58

La menace de la fin n'est là que pour nous faire peur, mais il n'y a pas de fin ; seulement une menace. Tintin l'a très bien montré !

Gérard 14/12/2014 19:27

Tout n'est pas rose dans Tintin, la polémique monte avec Tintin au Congo.

old nut 14/12/2014 19:00

A chaque fois qu'un être meurt c'est la fin du monde !

JC 14/12/2014 09:35

Nos peurs nous mèneraient-elles vers l'issue fatales ? Tu dis bien la fin d'un monde alors.... Bon dimanche à toi Carole. Amitiés. Joëlle

michèle 14/12/2014 08:53

Quelle belle photo et quel texte!

Je ne me demande jamais pourquoi. Je refuse l'intolérable, le mort par ex et ça m'est tout à fait égal que ce soit la vie et inévitable. ;)

Jules Verne m'a emballé, j'ai adoré.

michèle 14/12/2014 08:48

J'oublie de dire: quelle belle photo!

michèle 14/12/2014 08:47

Quel texte! J'ai lu Tintin mais j'ai l'impression d'avoir tout oublié

En passant je ne me demande jamais pourquoi. Je refuse tout ce qui est affreux et insuportable même si "c'est la vie, le monde etc ...". Je refuse donc la mort.

Martine 14/12/2014 06:44

Tintin, les romans de Jules Verne , des livres qui ont compté. Qui m'ont fait rêver, un rien craintive parfois, sous ma couette ou blottie au creux d'un fauteuil.
La fin... début d'un nouveau cycle?

Merci Carole
;)

jill bill 14/12/2014 05:24

La fin de monde que les uns et les autres prédisent... me fait sourire, Tintin, dieu que j'ai aimé ses livres... merci Carole...