Beauté

Publié le par Carole

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Que la Beauté nous attende partout, à toute heure et sans rendez-vous, je n'avais pas besoin du panonceau pour le savoir.
Mais ça m'a tout de même fait plaisir de le lire sur la façade de cet immeuble en construction. Un peu comme si je l'avais, justement, rencontrée, là, cette Beauté, fruste déesse de chantier en imperméable de plastique rose, agitant sous la pluie grise son léger bouquet de ballons d'enfant, sur ce mur de rude brique tout troué de ténèbres.
La Beauté nous attend partout, mais n'est jamais où nous la cherchions. Souvent nous passons à côté d'elle sans la remarquer, ignorant ses appels. Et quand, soudain, nous l'apercevons, nous sommes presque toujours étonnés de la trouver si modeste, si frêle.
C'est une Peau d'âne, qui ne se montre qu'à ceux qui savent la voir. Qui ne se donne qu'à ceux qui sont capables, pour la tirer de son obscurité, de lui tendre la main à toute heure et sans rendez-vous. Et, surtout, sans préjugés.

Publié dans Fables

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N
Comme cela est bien dit. Bravo à vous pour ce blog plein de détours savoureux.
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C


Merci ! J'aime beaucoup vos dessins, qui m'ont été signalés par un blogueur "expert" car excellent dessinateur lui-même, Jean-Claude Vincent http://jc.vincent.over-blog.com/


A bientôt.



S
Comme je suis d'accord et partage ...

Peau d'âme, ta beauté, tu me l'as rendue, ce miroir de rien et de tout, cette petite fleur de trottoir, tu me l'as renvoyée ...
et en passant, je me suis retrouvée dans ton Beau ...
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C


Merci, Servanne, pour ce magnifique "peau d'âme" : tu as raison de faire jouer les mots entre eux, car de nouvelles "mélodies" apparaissent, et elles sont pleines de sens.



M
Evidemment à force de vouloir tout codifier et surtout la beauté, on finit par ne plus la reconnaître pour peu qu'elle s'écarte de la norme !
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C


J'observe cela très souvent. C'est ce qui fait que les artistes, après avoir un mal extrême à "s'imposer", "s'imposent" tant, une fois qu'ils sont reconnus, que nous ne voyons plus qu'à travers eux
(nous "voyons" des fleurs et des arbres impressionnistes, dans tous les jardins, aujourd'hui, par exemple, mais nous ne savons que rarement"voir" ce que nous proposent nos contemporains dans leurs
oeuvres).


Ce qui est difficile, c'est de voir et de juger par soi-même, et d'être ouvert à ce qui est nouveau.



D
On pourrait intituler ta prise de vue "beauté brute". Super . A bientôt.
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C


Merci de ce commentaire qui m'enchante. Je retiens la proposition de titre !



M
Un certain regard pour ne pas dire un regard certain, et une très belle mise en valeur.
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C


Merci, Mansfield. Ton commentaire me touche beaucoup.



Q
J'aime ce que tu en dis.
Je sais qu'il faut souvent mieux regarder pour la trouver, incroyablement présente, dans les endroits où nous n'aurions jamais pensé l'y rencontrer.

Merci.
Passe une bonne journée.
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C


Merci Quichottine. J'ajouterai à ton commentaire que c'est l'un des principaux intérêts des blogs que de pouvoir partager ces petites "révélations" quotidiennes.



C
"La beauté sera convulsive ou ne sera pas". Merci de nous inviter à voir sous la peau d'âne.
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C


C'était une invitation à la beauté "surréaliste", en effet. Mais, pour la beauté "convulsive" de Breton, j'avais pris quelque distance en reprenant malicieusement la formule dans l'article "Les
yeux d'André Breton".


Merci, Catheau, pour votre commentaire fin et éclairé, comme toujours.



J
Comme tu me fais plaisir Carole ! Car tes propos viennent s'ajouter aux miens. C'est le sens de ma recherche photographique: trouver le beau, l'art dans les petites choses de la vie quotidienne.
Merci à toi. Joëlle
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C


Je le sais, Joëlle : ton blog et le mien sont "frères" d'âme - et de recherche.


Merci pour ce commentaire qui m'a touchée.



R
C'est le "sans préjugés" qui clôt votre réflexion qui m'intéresse ici le plus.
En effet, la Beauté pour l'un peut n'être que banalité, voire laideur pour un autre ...

Et heureusement d'ailleurs que ce concept puisse ainsi se diversifier car tristement, il n'y aurait jamais eu qu'une Ève en ce monde qui eût pu trouver son Adam !
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C


Notre regard la recrée sans cesse et doit se tenir en éveil "sans préjugés". Mais abandonner les "préjugés" - qui sont d'abord les jugements venus d'autrui, que nous avons assimilés sans y
réfléchir - , c'est une difficile entreprise.



G
Pour cent brique on a plus rien ma pôve dame ...à dans 8 jours Carole
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C


Alors à bientôt. Je vais essayer d'avancer le texte sur les portables pendant ce temps. Il me résiste un peu.



E
J'aime beaucoup le dernier paragraphe. Sans préjugés , c'est ce qui permet d'avoir un regard ouvert à tout l'environnement et de l'apprécier sans le juger. Douce soirée Carole
PS Pour tout le ravalement est la touche finale de la beauté!!
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C


Mais quitter les préjugés, c'est très difficile souvent. Merci, Erato.



L
la beauté est si relative
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C


Relative à nous-mêmes, c'est pourquoi il nous faut sans cesse la chercher, et nous chercher nous-mêmes simultanément.



H
Adorable comparaison avec cette ¨Peau d'âne¨... et j'ai de l'affection pour ce mot tendant ses ballons à qui veut l'entendre.

Cela me ramène à un fait personnel au sujet de ma fille: parfois, lorsqu'elle se retrouve au milieu d'un embouteillage sur les autoroutes californiennes, elle fait des bulles de savon. Et
l'ambiance autour se relaxe et change. Cela fonctionne miraculeusement.
Ce panonceau a quelque chose de similaire dans son air!

Merci Carole pour ton regard sur les choses.

Hélène*
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C


Très beau, ces bulles de savon : bravo à ta fille !



J
Voilà qui anonnce la couleur sur ce chantier ! J'espère qu'il deviendra un bel immeuble ! Toi tu sais voir la beauté des insolites partout et puis nous les monter en mots, merci.... Bonne soirée
Carole ! JB
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C


Merci, Jill. Je suivrai la progression des travaux, l'immeuble est situé sur mon trajet quotidien.



S
Fable ou non, je te rejoins sur ton texte. La beauté s'endort et parfois s'en va lorsqu'à notre insu, notre regard ternit. Justement allumons-le chaque jour parce qu'elle est là en face de nous,
tout près de nous et...en nous. A bientôt. Suzâme
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C


C'est parce qu'elle est d'abord en nous qu'il faut apprendre à la voir. Merci, Suzâme.