Sous les feuilles

Publié le par Carole

Sous les feuilles
Si souvent, c'est ainsi qu'on grandit, incertain et timide, sous le couvert tranquille des ombres protectrices serrées comme des mains sur tous les coeurs qui n'osent.
 
Il faut tant de courage, ensuite, pour tourner vers le ciel son visage enhardi, et tant de cruauté, pour froisser de ses poings le nid tendre des feuilles et la soie des ombrages,
 
se dresser solitaire
 
 
être soi-même enfin 
mortel et invincible
lumineux et fragile
 
ouvrir les yeux sans crainte
à l'instant éternel
où se fane et fleurit
 
la vie
 
la vie
 
la vie
 
suspendue dans le temps 
comme une fleur sans tige
 
suspendue dans le vide
et roulant vers le rien
 
comme un grain de rosée 
sur la peau du matin.
 
 
 

Publié dans Fables

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A
Merci pour ce moment…
Par hasard, je viens de feuilleter quelques pages de vos écrits consacrés à l’enfance. C’était beau, doux, tendre, nostalgique… Heureux.
Dans votre dernier article « Sous les feuilles », je retrouvais des accords avec ce passé, cette enfance « le nid tendre des feuilles et la soie des ombrages ». Puis vous retrouviez la vie, sans crainte.
La poésie de votre écriture dans l’évocation de ces quelques souvenirs anciens m’a fait du bien en ce dimanche matin tristounet. D’autres souvenirs sont remontés : les miens…
Je voulais tout simplement vous remercier, Carole.
Belle fin d’été à vous.
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N
Un beau poème qui s'épanouit, fragile, soutenu par sa mise en espace.
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M
Comme c'est beau, les hésitations d'un être qui se cherche et qui se trouvera peut-être donnant un sens à sa vie!
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A
Souffle de la vie
tendresse des fleurs
solide et fragile
l'instant passe
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Q
Magnifique page, Carole !
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A
Je pensais aussi à L'écume des jours... quel symbole dans la poésie, ce nénuphar!
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J
Chacun , libre de pousser par ce long et difficile chemin, trouvera, en pleine lumière, l'épanouissement .

Merci Carole pour cette très belle poésie.
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L
Merci pour ce beau texte ! Il est, pour moi, figue ou raison, avec des flashes pessimistes ou optimistes. En tous cas pleins de douceur et de sensibilité.
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L
Je voulais écrire "raisin", bien sûr. Pardon.
C
Le nénuphar pour Boris Vian, c'était la mort de Chloé. Pour vous, c'est la vie timide qui s'enhardit. Quel beau texte pour ce dimanche ! Merci !
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S
Découvrir tes mots ce matin, les premiers comme une offrande du jour. Je m'en nourris et m'en désaltère, réceptive à ta poésie, le seul langage que je quête et exprime encore intensément.
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