Le Shtandart

Publié le par Carole

" Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ? — J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages !"

" Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ? — J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages !"

C'était hier. Nous voulions le voir avant son départ, le visiter peut-être...
Car c'était le Shtandart, venu à Nantes pour peu de jours - le Shtandart, la réplique du bateau de Pierre Le Grand - le tsar qui s'était fait charpentier.
Mais il était presque sept heures. Nous avons vu les derniers visiteurs remonter sur le quai.
Une mère près de nous, pour consoler ses enfants déçus qui s'obstinaient à ne regarder que lui, leur expliquait que les nuages, là-bas, au-dessus de l'estuaire, du côté de la mer, étaient splendides, qu'il fallait regarder les nuages, qu'ils étaient aussi beaux que le bateau.
Soudain nous avons entendu le moteur. Les matelots se sont affairés à détacher les amarres, à remonter les défenses. Et déjà le pilote, sur son petit canot, l'a poussé et tiré.
 
Il est parti vers les nuages, là-bas... le couchant l'a repeint de soleil un instant, puis l'horizon l'a retrempé de brume, et il a disparu.
Comme un bateau d'autrefois quittant le port, il est parti au loin, laissant à terre l'amer désir du large - et des nuages, là-bas.
Et nous, comme des enfants, qui courions sur le quai pour le suivre, dans les ombres du soir.
Le Shtandart

Publié dans Nantes

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D
Bonjour,
J'aime beaucoup l'attitude de la Maman qui veut attirer l'attention de ses enfants sur la beauté des nuages. Elle a tellement raison. Ils sont finalement plus "durables" que les bateaux que l'on a besoin de "recréer".
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L
Le départ s"un bateau serre souvent le coeur. Quel qu'il soit, ou qu'il aille, il quitte un rivage peut-être pour toujours et nous laisse rêveurs. Celui-ci emporte des souvenirs de mers multiples et évoque Pierre le Grand, même s'il n'est qu'une reproduction. Nous savons nous contenter d'une copie, quand il le faut vraiment!
Merci pour cette évocation de Nantes et son parfum d'océans qui grondent, qui grondent...
Lorraine
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C
Et merci à toi, Lorraine, d'avoir voyagé jusqu'à moi.
F
superbe vieux gréement comme j'adore visiter pour rêver de partances vers des lointaines contrées!! Dommage que le mal de mer m'empêche de réaliser mes rêves!!Bisous Fan
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M
Beau rêve au long cours, beau voyage de l'esprit!
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L
Le splendide isolement de celui qui part, le rêve inassouvi de celui qui reste...
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Q
Magnifiques texte et images...
La dernière comme un tableau.
j'aime ce moment.
Passe une douce journée, Carole.
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H
C'est beau ce que je viens de lire. Un texte somptueux . Ah si j'avais la chance d'être un écrivain de ce niveau. Un écrivain qui sache mettre en oeuvre la matière propre à un ouvrage, tel que je viens de lire. Bravo Carole et Merci
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C
Merci, Hamza. Vous êtes toujours si généreux !
J
Un texte magnifique...on le suit presque du regard s'en aller vers les nuages. Un beau moment. Merci Carole. Amitiés. Joëlle
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A
Quel beau texte ! Il me rappelle les désirs de grand large des poètes de la fin du 19e (Mallarmé, Baudelaire, Rimbaud et Jean de la Ville de Mirmont chanté par Fauré) mais ici le désespoir de l'enfant et la sagesse attentive de sa mère ajoutent une humanité plus proche... Merci Carole.
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L
Adolescent, je passais parfois un temps fou, seul, à rêver d'être marin ... Merci pour ce texte très poétique.
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R
Un voilier qui s'en va vers les merveilleux nuages : que de rêves, - ou de vies -, il emporte avec lui ...
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E
Comme l'inaccessible étoile...
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A
Poursuivre un rêve de bateau dans les nuages, c'est encore mieux que de le visiter, le souvenir gardera la richesse du rêve.
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C
Un rêve de bateau... C'est aussi très beau.
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J
Ah je ne le connais pas du tout... d'hier ou d'aujourd'hui, un bateau épate le terrien à quai... merci Carole
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