Trace

Publié le par Carole

Trace
La pluie battait sur les toits bruns sa mesure engourdie
comme un coeur fatigué tout embrumé de nuit.
Et les fenêtres illuminées se repliaient sur leurs trésors
et chaque réverbère chuchotait dans son or
des secrets pleins de larmes qu'on se hâtait de fuir
sur les trottoirs glissants sous les parapluies gris.
 
Rouge-feuille, rouge-vie,
rouge-feu, rouge-pluie,
rouge-fer, rouge-coeur, 
rouge-rouille, rouge-amour,
rouge-gorge, rouge-oronge,
rouge-sang, rouge-ronge,
 
elle était devant moi comme une trace de pas
du temps.

Publié dans Fables

Commenter cet article

Martine 28/11/2016 10:33

Oui, magnifique!
Quelle merveille ce que cete trace flamboyante comme un amour qui saigne

Dalva 27/11/2016 09:56

Mais une magnifique trace.

mansfield 26/11/2016 23:44

Quand les sanglots de l'automne bercent le coeur d'une langueur monotone!

zadddie-lllelie 19/11/2016 11:06

joli!

Catheau 19/11/2016 07:41

Chez Apollinaire, les "mains feuilles de l'automne" ; chez vous, une feuille morte en "trace de pas". Quelle belle harmonie entre le texte et la photo !

Nounedeb 18/11/2016 14:03

Merci poète. J'aime moi aussi cette image:
elle était devant moi comme une trace de pas du temps.
Le temps, que l'on a tant de mal à conceptualiser, le voici comme une évidence.

Aloysia 17/11/2016 17:44

Me revoilà... Car je me demandais si tu connais Alain, ce délicieux poète auteur du blog "le Rêve Bleu", et pour te conduire à cette page où parmi les feuilles mortes il ramasse un sourire oublié... Si on y ajoute que ce poème a été adapté musicalement et est chanté dans la colonne de droite, cela vaut je crois que tu le découvres...
http://alain.apln-blog.fr/2012/10/17/parmilesfeuillesmortes/

Carole 17/11/2016 18:40

Non, je ne crois pas le connaître. Merci de ce lien, Aloysia.

Alain 17/11/2016 14:13

Je ne sais pourquoi, j’ai pensé bizarrement à une flaque de sang répandu sur la pierre ?
Ouf, ce n’était qu’une de ces superbes feuilles d’automne qui envahissent mon jardin. Les miennes sont plutôt dans des tons dorés, un peu dans comme certains champs de blés de Van Gogh.
Joli poème.

Richard LEJEUNE 17/11/2016 10:55

"trace du pas du temps" : quelles belles sonorités ...

Quichottine 17/11/2016 10:16

Le temps laisse de belles traces chez toi, Carole.
J'aime ce poème, comme les couleurs de l'automne.
Merci.

FAN 17/11/2016 09:54

Joli poème d'automne inspiré par cette superbe photo d'une feuille qui s'apprête à rendre l'âme!!Bisous Fan

Aloysia 17/11/2016 08:32

En plus, si l'on compare ta photo avec le dernier vers on a la chair de poule en imaginant ce dieu à pattes fourchues en train de marcher dans la ville...

Aloysia 17/11/2016 08:31

Quel beau poème...! Dans le contraste entre le rythme pressé de la première strophe et le déploiement obstiné de la seconde, tu as su nous faire éprouver ta surprise, ton arrêt, et la saisissante apparition d'une couleur au milieu de la grisaille.

almanito 17/11/2016 08:10

En lisant ce très beau poème, on a l'impression d'entendre le rythme de la pluie, j'aime beaucoup ces dernières trace de pas d'automne qui s'en va...

Livia 17/11/2016 07:46

Une vie de feuille morte, fugace vie, abandonnée sur le trottoir... mais si jolie quand même!

MD 17/11/2016 05:52

C'est toujours très émouvant, une feuille morte à terre, isolée...et tellement jolie ! Ta sensibilité ne s'y trompe pas et ce beau poème est comme une consolation. Merci Carole.

jill bill 17/11/2016 03:22

Joli... morte, une fois détachée de la branche, la feuille des villes finit sur le trottoir, qui s'en soucie, personne.... ;-) un peu comme le SDF !