Taches d'automne

Publié le par Carole

Taches d'automne
L'automne... ce n'est rien tout d'abord. A peine une petite tache, minuscule, bien circonscrite, presque invisible, dans l'intacte verdeur. Une tache brunâtre, cernée comme un oeil fatigué... mais vraiment si petite. Une simple tache... ou deux, peut-être. Deux, oui, on pourrait bien l'admettre, ou même trois, tout au plus. Mais vraiment pas grand chose.
L'automne, ce n'est tout d'abord presque rien. Juste un grain de rousseur sur la peau qui se hale. C'est la pluie qui fait loupe, c'est notre oeil qui larmoie, il n'y a pas de quoi, pas de quoi s'inquiéter.
Et puis... puis insensiblement. Mais est-ce qu'on sait comment ? Cela grandit et cela gagne, cela rouille, cela saigne, sous le vert qui se fripe, comme un cancer qu'on cache pour qu'il ne nous voie pas.
Jusqu'à ce qu'à la fin, tout étonnée, pelotonnée dans le vent brun d'hiver, tombe la feuille
morte.
 

Publié dans Fables

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Mamilouve 21/10/2016 14:45

Ce beau texte désespéré me parle plus que tu ne l'imagines, Carole. Mais il faut croire au printemps. Toujours.

Carole 21/10/2016 23:50

Merci d'être passée ici malgré tout. Je pense bien à toi. Oui, il faut croire au printemps !

zadddie-lllelie 21/10/2016 00:50

un peu moins de temps, mais toujours un plaisir de te lire. Bizarrement, je pense à une chanson de Barbara, quand elle parle de l'arrivée du mal de vivre...

Catheau 17/10/2016 16:01

C'était la "saison mentale" d'Apollinaire ; est-ce la vôtre, Carole ? La feuille morte, une métaphore de nous-mêmes.

JC 07/10/2016 12:26

L'automne surprend tout un chacun, mais il a aussi ses charmes. Faut savoir en profiter avant que ne tombe la feuille. Ton texte est empli d'une certaine mélancolie. Bon WE à toi. Bises. Joêlle

mansfield 06/10/2016 19:54

l'automne, un cancer? L'automne un passage obligé, une étape avant la renaissance du phénix été!

Carole 07/10/2016 13:27

Mais notre mort aussi est une étape : pour que vivent nos successeurs, il faut que nous disparaissions.

almanito 06/10/2016 14:06

L'automne ne fait que passer, pour nourrir et protéger une multitudes de petites vies qui viendront au printemps. Je peine à l'assimiler à la mort mais ton texte est très beau.

Livia 06/10/2016 11:47

Merci pour cette balade automnale, qui commence si petit et qui finit par faire flamboyer toute la nature... Belle journée Carole

Richard LEJEUNE 06/10/2016 10:32

Le hasard.
Simplement.
Jorge Bolet au piano.
En vous lisant, le quatrième prélude de Chopin ...
Impression : il l'a composé pour envelopper vos mots ...

Aloysia 06/10/2016 09:28

Miracle de l'illusion du temps. Comment la feuille a-t-elle pu tomber ? Qu'est-ce qui l'y a menée ? Un jour tout est là, donné. Mais on ne sait pas comment...

Alain 06/10/2016 09:24

L’automne nous asseye de sa mélancolie. Verlaine aurait aimé, lui qui savait si bien faire chanter cette saison dans ce poème universellement connu :

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Quichottine 06/10/2016 06:50

C'est vrai que l'automne est tout cela, comme une maladie qui gagne... et pourtant, j'aime l'automne et ses couleurs, en oubliant que les feuilles meurent lentement.
Ta page est très belle, Carole.
Merci pour le partage.
Bises et douce journée.

Nounedeb 06/10/2016 06:44

Une saison vivante aussi, toute de transformations. Pendant que les feuilles se fripent, les oiseaux revenus se gavent de petits fruits, s'activent, reforment des couples, avant l'atonie de l'hiver.

jill bill 06/10/2016 06:00

Ah l'automne est un chancre tout compte fait, on le trouve beau, mais... il porte la mort en lui, très beau Carole !