Là-haut

Publié le par Carole

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Ils sont fous ceux qui vont sur les toits.
Ceux qui fuient les sous-sols et les rez-de-jardins, les sombres pas-de-porte qui n'eurent jamais d'issues, pour danser tout là-haut au côté des pigeons, des cigognes et des mouettes, comme des araignées sans fil et sans filet.
Les bras en balancier, fumistes funambules, ils marchent dans la nuit au-dessus de nos lits, juste au bord de la chute, un pied sur les étoiles, l'autre sur les ardoises qui roulent dans le noir leurs vagues grises et mornes.
Ils sont fous ceux qui croient que la vie ne vaut rien que son grand poids de vide, et qu'il faut l'affronter très haut, la liberté qui rôde, comme un félin féroce aux mâchoires d'impossible.
Ils sont fous ceux qui savent qu'on ne les suivra pas mais qui s'en vont quand même.
Ils sont fous ceux qui savent qu'il faudra bien descendre mais qui grimpent encore. 
 
Et nous, plus fous encore, de vouloir que la peur les ramène au troupeau.

Publié dans Fables

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N
Et délicieusement fou celui - ou celle - qui a mis là ce funambule. Il n'attend plus, dirait-on,pour se détacher de la cheminée et s'élancer sur le faîte du toit, qu'un signal, qui ne vient pas.
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M
Sont-ils fous ou poètes, sommes-nous trop réalistes? Chacun prend dans la vie un chemin qui lui est propre heureusement!
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L
Oui ils sont fous. La folie du désespoir? Tenter l'impossible pour échapper au quotidien qui se traîne dans les rues, ce quotidien toujours inquiétant, et qui n'attend as la nuit pour semer la déroute. Ils sont fous. Espèrent-ils s'envoler dans un dernier grand écart? Veulent-ils simplement vaincre la peur qui sévit partout? Veulent-ils mourir en héros? Ils sont les funambules d'une époque qui n'a plus de repaire, plus de religion, plus d'espoir. Sont-ils fous? J'en arrive à me le demander...
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G
La pixellisation du personnage me fait soupçonner un montage, ce qui n'enlèverait rien à la poésie de l'image ; est-ce le cas ?
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G
C'est dans l'ordre, tu m'en vois ravi... Ce soin de facture, s'il s'agit de céramique, est d'autant plus épatant.
C
Ah non, pas de montage du tout. Je n'ai pas pu me pencher assez pour en être sûre, mais je pense qu'il s'agit de céramique (un peu usée), d'où peut-être cette impression de pixellisation, je ne sais pas.
Je ne fais JAMAIS de montages pour ce blog. Ou, alors, mais c'est vraiment exceptionnel, très très évidents et pour des raisons claires qui ne peuvent pas tromper le lecteur.
Les montages ne seraient pas cohérents avec l'idée de la "chose vue". Il y aurait une forme de trahison.
Pour info : j'ai pris la photo à Lausanne, sur la terrasse de la cathédrale qui surplombe la ville.
R
À chacun un grain de folie ...
Quand ce n'en est qu'un seul !
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Q
Ils sont fous... mais heureusement que ces fous ne nous écoutent pas.
Sans eux et leurs rêves, que deviendrions-nous ?
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G
Il fallait aller la chercher celle ci
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C
Toujours votre regard qui s'envole ! Et le nôtre, grâce à vous.
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M
Heureux sont les fous qui ne connaissent pas la peur. J'ai un faible pour ceux qui prennent de la hauteur et ton texte me ravit !
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L
Une fuite, ou une quête, ou un pari ...
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A
Superbe, Carole !! Et quelle trouvaille, que ce dessin dans les hauteurs... vraiment impressionnant.
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A
Il faudra bien descendre bien sûr, mais une fois qu'on a eu un pied, voire la tête, dans les étoiles, je crois qu'on ne descend plus jamais complètement...
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J
Bonjour Carole, un endroit insolite pour le tag... pas froid aux yeux la tagueur en plus il est "beau" ce type genre rat d'hôtel ! Pour certains la vie n'a de goût que dans le danger...
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